April 30, 2026

Disparition d’Alain Costes, figure emblématique de la recherche et du monde économique qui a marqué Toulouse

l’essentiel
Le monde universitaire et entrepreneurial toulousain est en deuil après le décès d’Alain Costes le 28 avril. Cet ancien directeur du LAAS et du ministère de la Recherche laisse un héritage immense.

Le monde scientifique et économique toulousain perd l’une de ses figures les plus marquantes avec la disparition d’Alain Costes, survenue le 28 avril dans l’après-midi à l’âge de 87 ans. Personnalité d’exception, il a marqué l’histoire de la recherche française en occupant des postes de premier plan. Formé à l’ENSEEIHT, chercheur au CNRS et directeur du LAAS durant douze ans, il a également exercé les fonctions de directeur de la technologie au ministère de la Recherche et a assuré la présidence de l’INP Toulouse.

“C’était quelqu’un d’humain, d’attachant, généreux et volontaire, avec son franc-parler. Il a été un ardent défenseur de son laboratoire, le LAAS, qu’il a dirigé d’une main de maître et dont les membres lui sont très attachés”, explique Jean Arlat, chercheur toulousain et qui a travaillé à ses côtés durant des années.

Visionnaire pour certains, enthousiaste tout le temps, l’engagement d’Alain Costes ne se limitait pas aux laboratoires, puisqu’il était un acteur majeur de la vie économique régionale. Élu à la chambre de commerce et d’industrie, il siégeait comme administrateur d’Actia et occupait la fonction de consul honoraire du Brésil à Toulouse ou encore de président du conseil scientifique de la fondation InNaBioSanté. Il avait également cofondé la société Mapping Consulting avec Davy Atlan, démontrant une vision constante entre savoir scientifique et applications industrielles.

En avance sur son temps

Grand promoteur du Salon international de l’innovation et de la prospective (Sitef), il a activement soutenu la création du salon ICS en soutenant une approche transversale de la recherche. Ce fervent défenseur des avancées sur les nanotechnologies croyait fermement aux synergies entre les disciplines. Pour l’ensemble de sa carrière, il avait été élevé au rang de commandeur de la Légion d’honneur, une distinction remise par Claudie Haigneré, et était commandeur des Palmes Académiques.

Alain Costes était reconnu pour ses qualités humaines, son amabilité constante et son humour, souligné par des yeux rieurs. Lecteur attentif et grand ami de La Dépêche, dont il fut membre du comité d’excellence de la fondation du groupe, il restera dans les mémoires comme un bâtisseur infatigable.

Son parcours illustre l’excellence toulousaine à travers un dévouement total au progrès technologique et au rayonnement de sa ville, notamment à travers le monde avec sa participation à la création du Groupe de travail “Dependable Computing and Fault Tolerance” au sein de l’International Federation for Information Processing (IFIP), une organisation qui réunit les membres de plus de cinquante sociétés et académies des sciences de l’informatique et des réseaux. C’est aussi grâce à lui que le Commissariat à l’énergie atomique – CEA Tech – s’est installé à Labège.

À ses proches, La Dépêche du Midi exprime sa plus profonde sympathie.

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