Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi attendant de rencontrer le président russe Vladimir Poutine pour une réunion au Kremlin, le 23 juin 2025. ALEXANDER KAZAKOV/AP/SIPA
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Une rencontre entre alliés. Vladimir Poutine va rencontrer ce lundi 27 avril le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, en plein ballet diplomatique pour recueillir des soutiens dans la guerre contre Washington, après un rendez-vous manqué avec les Etats-Unis samedi à Islamabad. Au terme de 40 jours de combats entre l’Iran et Israël allié aux Etats-Unis, et près de trois semaines après le cessez-le-feu obtenu, Moscou reste l’un des principaux soutiens de la République islamique.
• Opposés aux « forces hégémoniques mondiales »
Le chef de la diplomatie iranienne est arrivé ce lundi 27 avril au matin à Saint-Pétersbourg, dans le nord-ouest de la Russie, a indiqué le ministère des Affaires étrangères iranien. Il doit être reçu par le président russe, d’après l’agence Tass, citant le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.
L’Iran et la Russie présentent « un front uni » face aux « forces hégémoniques mondiales » qui s’opposent aux pays aspirant « à un monde exempt d’unilatéralisme et de domination occidentale », a écrit l’ambassadeur d’Iran en Russie, Kazem Jalali, sur X. Il affirme qu’Abbas Araghchi effectue ce déplacement « dans le cadre du combat diplomatique visant à promouvoir les intérêts du pays [l’Iran, NDLR] et sur fond de menaces extérieures ».
• Washington responsable de l’échec des négociations pour l’Iran
Le ministre iranien des Affaires étrangères a accusé ce lundi les Etats-Unis d’être responsables de l’échec des pourparlers de paix au Pakistan, après son arrivée en Russie avant de rencontrer Vladimir Poutine.
« Les approches américaines ont fait que le précédent cycle de négociations, malgré des tentatives, n’a pas atteint ses objectifs en raison d’exigences excessives », a-t-il déclaré, cité par les médias d’Etat iraniens. Il a également affirmé que « la sécurité du passage dans le détroit d’Ormuz est une question mondiale importante », alors que les Etats-Unis et l’Iran poursuivent leurs blocus sur ce détroit stratégique.
• Téhéran en tournée diplomatique
A défaut de rencontre avec des émissaires américains, le chef de la diplomatie iranienne multiplie les contacts, centrés autour de la diplomatie pakistanaise, qui joue le rôle de médiateur avec Washington.
Arrivé vendredi à Islamabad, Abbas Araghchi a discuté avec le puissant chef de l’armée pakistanaise, Asim Munir, et le Premier ministre, Shehbaz Sharif, avant de rallier Oman, où il s’est entretenu avec le sultan Haitham ben Tariq.
« En tant que seuls Etats riverains d’Ormuz, nous nous sommes focalisés sur les moyens d’assurer un transit sûr, dans l’intérêt de tous nos chers voisins et du monde entier », a écrit le ministre des Affaires étrangères iranien sur X après sa rencontre avec le sultan d’Oman, à propos du détroit sous double blocus iranien et américain.
Le ministre a aussi échangé par téléphone avec son homologue russe Hakan Fidan, avant de retourner au Pakistan puis de s’envoler pour la Russie.
• Présentation d’un « rapport » sur les « négociations » de paix
Plus tôt, citant Kazem Jalali, l’agence de presse iranienne Isna a indiqué que le chef de la diplomatie iranienne voulait discuter avec « les responsables russes de la situation la plus récente des négociations » avec les Etats-Unis, ajoutant qu’il doit présenter aux responsables russes « un rapport sur [les] négociations » de paix.
Selon l’agence iranienne Fars cette fois, Téhéran a envoyé via le Pakistan des « messages écrits » à Washington sur ses « lignes rouges » concernant son programme nucléaire et le détroit d’Ormuz. D’après le média américain Axios, l’Iran a transmis aux Etats-Unis une nouvelle proposition visant à rouvrir le détroit d’Ormuz et mettre fin à la guerre, et, à une date ultérieure seulement, de négocier sur le dossier nucléaire. Un article qu’a relayé l’agence officielle iranienne Irna sur Telegram.
Les tentatives de relance des discussions ébauchées début avril dans la capitale pakistanaise ont pour l’instant échoué face à la fermeté affichée par Washington comme par Téhéran. Donald Trump a annulé samedi le déplacement prévu au Pakistan de son gendre Jared Kushner et de son envoyé spécial Steve Witkoff.
« S’ils veulent parler, ils peuvent venir vers nous, ou ils peuvent nous appeler », a déclaré le président américain, affirmant que les Etats-Unis « n’[allaient] plus faire » de négociations directes avec l’Iran.

