Une vue aérienne de Bamako, capitale du Mali, le 25 avril 2026. AP/SIPA
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Les combats continuent ce dimanche 26 avril au Mali entre rebelles touareg, appuyés par les djihadistes du Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (GSIM, JNIM en arabe, affilié à Al-Qaida), et l’armée, soutenue par des mercenaires russes, à Kidal (nord) et à Kati, près de la capitale Bamako, fief de la junte qui dirige ce pays sahélien, au lendemain d’attaques contre ses positions dans plusieurs localités.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a dénoncé ces attaques et a appelé à une réponse « internationale coordonnée ». Pour sa part, l’Union africaine (UA) a souligné que les attaques « risquent d’exposer les populations civiles à des dangers importants ». Le Mali est en proie depuis plus d’une décennie aux conflits et aux violences, mais depuis la prise du pouvoir en 2020 par la junte, ces attaques de la part des djihadistes et de la rébellion touareg du Front de Libération de l’Azawad (FLA) sont sans précédent.
• Le ministre de la Défense tué
Dans un communiqué diffusé samedi soir, le GSIM, qui lutte depuis des années contre les militaires au pouvoir à Bamako, proclame une « victoire », estimant qu’elle est le fruit « d’un travail acharné, d’une coordination avec ses partenaires » et « grâce à la participation active de nos frères du Front de Libération de l’Azawad ». Il déclare assumer « la responsabilité » pour les assauts ayant visé samedi « le siège du président malien Assimi Goïta, le siège du ministre malien de la Défense Sadio Camara, l’aéroport international » de Bamako et « les sites militaires dans la ville de Kati » voisine.
A Bamako, des militaires étaient postés ce dimanche matin autour d’une clinique où, selon une source médicale et des témoins, a été admis la veille le ministre de la Défense Sadio Camara, a constaté un journaliste de l’AFP. Selon des habitants, la résidence du ministre à Kati, a été en grande partie détruite samedi par une forte explosion. « Dans l’attaque de Kati, le ministre (Sadio) Camara a été tué ainsi que sa seconde femme […] », a dit à l’AFP un membre de sa famille. « Nous avons perdu un être très cher, le ministre de la Défense. Il est tombé sur le champ d’honneur », a dit à l’AFP une source gouvernementale, confirmée par d’autres sources militaires.
Le Mali est confronté depuis 2012 à une profonde crise sécuritaire nourrie notamment par les violences de groupes djihadistes affiliés à Al-Qaida et à l’organisation Etat islamique (EI), ainsi que de groupes criminels communautaires et des indépendantistes. En septembre 2024, le GSIM avait revendiqué une double attaque d’une rare ampleur contre l’aéroport militaire de Bamako, la capitale, et contre l’école de gendarmerie, qui avait fait plus de 70 morts et 200 blessés, selon des sources sécuritaires.
• Kidal reprise par les rebelles
Le FLA, groupe séparatiste réclamant le territoire de l’Azawad dans le nord du Mali, a assuré samedi contrôler Kidal après des combats dans cette ville. « Seuls une poche de résistance résiduelle composée de mercenaires russes de l’Africa Corps et quelques militaires maliens retranchés » dans un ancien camp « subsistent encore », affirmait le FLA dans un communiqué samedi soir.
Dès l’aube, des combats ont opposé l’armée et les assaillants et se sont poursuivis intensément dans l’après-midi en périphérie de Bamako et dans plusieurs villes du pays, dont Kidal, Gao et Sévaré. Ils ont fait 16 blessés civils et militaires et des « dégâts matériels limités », a indiqué, dans un communiqué samedi soir, le gouvernement selon lequel « la situation est totalement sous contrôle dans l’ensemble des localités » attaquées.
« Les combats ont repris à Kidal ce (dimanche) matin. Nous voulons déloger les derniers combattants russes qui se sont réfugiés » dans un camp, a dit à l’AFP un porte-parole des rebelles touareg, Mohamed Ramdane. L’information a été confirmée par un élu local. « Aujourd’hui dimanche, les combats ont repris à Kidal entre l’armée malienne, les Russes et les rebelles (touaregs). Des habitants ont entendu des coups de feu. Ça tire », a dit à l’AFP cet élu, anonyme pour des raisons de sécurité.
Kidal, bastion de la rébellion touareg, avait été reprise en novembre 2023 par l’armée malienne appuyée par des combattants du groupe paramilitaire russe Wagner, mettant fin à plus d’une décennie de contrôle par des groupes rebelles. Le FLA revendique en outre avoir pris le contrôle de plusieurs positions dans la région de Gao, au nord du pays.
• Accord avec les Russes pour évacuer ses soldats
Ce dimanche, les rebelles touaregs ont annoncé être parvenus à un « accord » permettant aux soldats russes de l’Africa Corps de se retirer de Kidal, qu’ils disent « désormais » contrôler « totalement ». « Un accord a été conclu pour permettre à l’armée et à ses alliés d’Africa Corps de quitter le Camp 2, où ils étaient retranchés depuis hier » samedi, a déclaré à l’AFP un responsable des rebelles touaregs, ajoutant que Kidal est « désormais totalement » sous leur contrôle.
Dans son communiqué de samedi soir, le GSIM, fait inédit, s’adressait à la Russie pour lui proposer de ne pas attaquer les Russes au Mali en échange de la neutralité de Moscou, dont la junte malienne s’est rapprochée politiquement et militairement ces dernières années. Le ministère russe des Affaires étrangères avait condamné dans la nuit des « actions des terroristes (qui) représentent une menace directe contre la stabilité de l’Etat malien, ami de la Russie, et pourraient avoir des conséquences très négatives pour toute la région ».
• Reprise des tirs à Kati, fief de la junte
A Kati, fief de la junte au pouvoir depuis 2020, des tirs « sporadiques et nourris par moments » ont été entendus dimanche, ont affirmé à l’AFP des habitants. Ville-garnison, Kati fait partie de celles attaquées samedi par les djihadistes du GSIM et le FLA. « Les combats (y) ont repris (dans la matinée) un peu partout. Les djihadistes sont vers la colline » au-dessus de la ville, a déclaré à l’AFP un résident. « L’aviation est aussi entrée dans la danse », a affirmé un autre.

