La vaccination contre la dermatose nodulaire contagieuse ravive les tensions dans le monde agricole. En Ariège, des vétérinaires ont été menacés en ligne, poussant la FNSEA à condamner fermement ces agissements, et apporter son soutien aux vétérinaires.
Alors que les campagnes de vaccination contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) cristallisent de fortes tensions, de nombreux débordements ont été observés. En Ariège, la semaine dernière, une importante opération de gendarmerie a notamment été menée pour vacciner de force le troupeau de l’éleveuse Christelle Record. Un événement qui s’est traduit par un déferlement d’animosité en ligne visant notamment des praticiens mobilisés dans les opérations prophylactiques, ainsi que le préfet, Hervé Brabant.
Face à cette situation, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles a pris position avec détermination sur ses réseaux sociaux. Dans un communiqué, l’organisation “condamne avec la plus grande fermeté les menaces, pressions et intimidations dont sont victimes certains vétérinaires”. L’instance rappelle que “les vétérinaires mandatés agissent dans le strict cadre de la loi, au service de la santé animale, de la protection des élevages et de l’intérêt général”.
La FNSEA insiste : “s’en prendre à ces professionnels est inadmissible”, dénonçant “une attaque contre des femmes et des hommes qui exercent une mission essentielle, mais aussi contre les éleveurs et l’État de droit”. Elle apporte “son soutien total et sans réserve aux vétérinaires concernés” et martèle qu'”aucun désaccord ne justifie la violence ni l’intimidation”. Le syndicat alerte également sur les conséquences de ces entraves : “Toute entrave à l’action sanitaire met en danger nos élevages, l’économie agricole et la crédibilité sanitaire de la France”, rappelant que “la vaccination reste aujourd’hui le seul moyen d’éviter la résurgence de la maladie”.
Une réaction sans équivoque
Face à cette hostilité, les autorités ont réagi : la préfecture de l’Ariège a dénoncé des “appels à la haine inadmissibles” visant notamment les intervenants engagés dans la campagne et a annoncé le dépôt de plaintes. Le procureur de la République a, de son côté, rappelé que “les réseaux sociaux ne sont pas des zones de non-droit”.
Le parquet de l’Ariège a notamment confirmé l’ouverture d’enquêtes suite aux insultes et menaces de mort visant les praticiens et les représentants de l’État. Un homme a déjà été condamné cette semaine.
À travers ces procédures, l’objectif est d’identifier les auteurs de ces faits et de réaffirmer le cadre légal des actions de santé publique, alors que la gestion de la crise met en crispation une partie du monde agricole et les autorités.

