April 25, 2026

"C’est un peu la cantine des habitués" : cafés de spécialité, expositions… un couple relance ce café incontournable dans ce centre historique

l’essentiel
Dans le centre historique de Foix, le Passe Temps n’a pas tiré sa révérence. Fermé depuis plusieurs mois, le café-restaurant vient de rouvrir, porté par un couple pour qui l’endroit n’est pas tout à fait anodin… Ils y ont construit le début de leur histoire, ils y reviennent aujourd’hui pour le faire revivre.

Cela faisait plus de trois mois que les portes étaient fermées. Rue des Marchands, à Foix, la devanture du Passe Temps était restée figée ou presque. Celui-ci s’est doté d’une nouvelle façade.

Puis, début avril, les lumières se sont rallumées. Laetitia, 37 ans, et Vincent, 36 ans, ont rouvert. Ils se sont rencontrés sous la grande halle fuxéenne, il y a six ans. Depuis, ils se sont mariés, ont eu un enfant. Mais ici, au Passe Temps, ils avaient leurs habitudes. “C’est là que Vincent m’emmenait boire des coups quand on s’est rencontrés”, dit-elle en souriant.

Alors reprendre ce lieu-là plutôt qu’un autre, c’était presque une évidence. Un clin d’œil à leur histoire. Un jour, ils se l’étaient promis : ils dégoteront leur propre restaurant. Sans savoir où, ni quand. Ils avaient d’abord imaginé prendre la suite d’un établissement dans leur petit village de Pailhès. Mais l’occasion ne s’est jamais présentée.

“Je ne pouvais même pas me faire un œuf au plat !”

Elle est finalement arrivée ici, à Foix, sur cette place animée du centre historique. Laetitia connaissait déjà les lieux. Elle y était cheffe de cuisine. Avant ça, elle était cheffe au bar de La Fourche. Et encore avant, à Marseille, à Belleville-sur-Mer.

Rue des Marchands, à Foix, le Passe Temps a enfin rouvert ses portes après plus de trois mois de fermeture. Vincent et Laetitia sont les nouveaux gérants.
Rue des Marchands, à Foix, le Passe Temps a enfin rouvert ses portes après plus de trois mois de fermeture. Vincent et Laetitia sont les nouveaux gérants.
DDM – CR

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Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la cuisine, pourtant, n’était pas une évidence. “Quand j’étais petite, j’ai été brûlée par une casserole d’eau chaude sur toute la cuisse. Ma mère m’a interdit de toucher à la cuisinière jusqu’à mes 17 ans. Je ne pouvais même pas me faire un œuf au plat !” Elle en rit encore. “Mais les pâtes au beurre avec les copains, je n’en pouvais plus. Alors j’ai ouvert le frigo… et je m’y suis mise.”

"Il faut que ça reste simple tout en apportant des associations, des couleurs."
“Il faut que ça reste simple tout en apportant des associations, des couleurs.”
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Elle a gardé un plan B. Une licence de sociologie, un concours de management à l’IAE de Lille. Et puis des petits boulots, pizzeria, cafétéria. Jusqu’à Marseille. On lui donne enfin sa chance dans un restaurant. Elle reste, un temps. “Là, ça a été la révélation.”

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Vincent, lui, pensait devenir éducateur spécialisé. Animateur en centre de vacances, le parcours semblait tracé. “Et puis je suis parti deux ans en Amérique du Sud. ” À son retour, il s’installe en Ariège pour suivre quelques potes. Il rencontre Nicolas Varona, à l’origine du Passe Temps. Le reste se fait progressivement. Nicolas lui dégote un poste de responsable de bar à La Fourche.

 

“Je m’inspire beaucoup de la cuisine avec laquelle j’ai grandi”

Aujourd’hui, ils démarrent donc une nouvelle aventure ici. En couple. Derrière le comptoir, les gestes reprennent. Le café coule. Le Passe Temps retrouve son rythme. Coffee shop et restaurant à la fois. Ils ont choisi de remettre en avant les cafés de spécialité. Chaque mois, un “guest”. Pour l’ouverture, c’est le café de Minifundi, torréfié à Toulouse, qui est mis en lumière. Encore un clin d’œil à Nicolas Varona, qui en avait été l’un des premiers acheteurs et pionniers du café de spécialité en Ariège. “Avec ce lieu qui nous tient à cœur, on avait vraiment envie de remettre le coffee shop en avant.”

Le matin, dès 9 heures, le lieu s’anime doucement. Petit-déjeuner sucré-salé.
Le matin, dès 9 heures, le lieu s’anime doucement. Petit-déjeuner sucré-salé.
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Avec Vincent et Laetitia, "les cafés suspendus" sont de retour au Passe Temps.
Avec Vincent et Laetitia, “les cafés suspendus” sont de retour au Passe Temps.
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Le matin, dès 9 heures, le café s’anime doucement. Petit-déjeuner sucré-salé. Le midi, une ardoise qui change chaque jour avec des produits du terroir : deux entrées, deux plats, deux desserts. Une pièce du boucher. Un bagel. “Je m’inspire beaucoup de la cuisine avec laquelle j’ai grandi, souligne Laetitia. J’aime la cuisine du monde.” Elle cherche les mélanges, les textures, les saveurs. “Le Passe Temps, c’est un peu la cantine des habitués. Il faut que ça reste simple tout en apportant des associations, des couleurs.”

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Le couple a choisi de remettre en avant les cafés de spécialité.
Le couple a choisi de remettre en avant les cafés de spécialité.
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Sur la vitre, quelques dessins apparaissent déjà. Les cafés suspendus sont de retour. Le principe est simple : un client paie un café d’avance, symbolisé par un dessin. Il pourra être offert à quelqu’un qui n’en a pas les moyens. Sur les murs, les expositions reprennent elles aussi. Un vernissage est prévu chaque troisième vendredi du mois. Et déjà, l’été se profile. “On aimerait aussi proposer des concerts sur la place.”

Des projets plein la tête, leur ambition est claire : continuer à faire vivre cet endroit. À la fois lieu de rencontres et de gourmandises. En terrasse, les tables se remplissent. Les premiers clients reviennent. Les habitudes reprennent. Comme avant.

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