April 25, 2026

"Ce n’est pas une mesure symbolique mais bien économique" : en baissant ses indemnités, ce maire fait économiser 94 000 euros à sa commune

l’essentiel
Gestion communale et économies vont de pair à Boissières. En gelant les indemnités des élus, la mairie économisera 94 000 euros sur six ans. Une rigueur budgétaire assumée, qui permet au petit village de continuer à grandir.

94 000 euros. Voilà la somme que la petite commune de Boissières, qui compte moins de 400 habitants, va économiser dans les six prochaines années. Comment ? La municipalité a fait le choix de maintenir les indemnités des maires et des adjoints au niveau d’avant 2020, malgré une revalorisation des maximums légaux de 10 %. “Nous l’avions déjà fait en 2020, et cela avait permis de dégager 80 000 euros d’économies sur toute la durée du mandat”, explique Willy Parnaudeau, qui vient d’être élu pour la deuxième fois. Il l’assure : “Ce n’est pas une mesure symbolique mais bien économique”. Son troisième adjoint, lui, a préféré la refuser entièrement.

Willy Parnaudeau vient de bringuer un second mandat de maire à Boissières.
Willy Parnaudeau vient de bringuer un second mandat de maire à Boissières.
DDM Aouregan Texier

Ce qui justifie ce refus d’augmenter les indemnités : la santé financière de sa commune. “Il faut gérer un budget en bon père de famille : on ne dépense pas l’argent qu’on n’a pas”, assure le maire, qui travaille à côté. Il ajoute : “Notre budget nous a permis jusqu’à présent de dégager chaque année 30 000 euros pour faire des investissements et réaliser des actions nouvelles en faveur de nos habitants. Si nous étions restés au maximum des indemnités prévues par la loi, ce montant aurait été imputé de près de 16 000 euros soit quasiment la moitié !”

“On ne veut pas leur laisser une mairie complètement endettée”

“L’argent qu’on ne met pas dans les indemnités, on l’injecte autre part”, martèle Willy Parnaudeau. Depuis deux ou trois ans, la commune essaie d’épargner. “On veut déplacer l’épicerie, qui a fêté ses cent ans, dans l’ancienne école. On aimerait en faire un bar café. Le but serait de faire un lieu convivial pour les habitants”, sourit l’édile, qui prend le bien-être de ses administrés à cœur. Un projet important qui nécessite une certaine somme d’argent.

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Réduire les indemnités, c’est garder un pouvoir d’action mais aussi jouer la sécurité. “On pense aussi aux générations futures. On ne veut pas leur laisser une mairie complètement endettée”, pose-t-il, avant d’ajouter : “Mais je ne suis pas certain qu’en limitant autant le montant des indemnités, on prépare des vocations pour le mandat suivant…”. Surtout, ce dernier regrette que les indemnités ne soient pas prises en charge par l’État. “Il y a une dotation de 3 000 euros environ par an, mais c’est très peu. Ça serait bien plus facile s’ils venaient nous aider. Ce serait mieux, ça permettrait de valoriser la fonction et d’avoir de nouveaux engagements”.

“Quand on voit le temps et l’énergie qu’on y met…”

Dans les petites communes, on fait la chasse aux économies. “On n’a pas augmenté les impôts depuis sept ans”, affirme l’édile. Il faut donc aller chercher ailleurs. Par exemple, la commune évite de faire appel à des entreprises. “Pour soulager les finances communales, nous faisons beaucoup de travaux en régie. Je pense à la pose et à la dépose des illuminations chaque année qui est faite par des conseillers municipaux. Ou encore, aux travaux de démolition et de déblaiement qui les ont mobilisés sur deux week-ends pour la construction de la MAM (maison d’assistantes maternelles). Cela a permis de se doter d’un chauffage au sol non prévu initialement et ainsi d’offrir un meilleur confort aux enfants accueillis”. Un investissement important de la part de ce conseil municipal. Tous comme les habitants, qui n’hésitent pas à mettre la main à la pâte.

Willy Parnaudeau le reconnaît d’ailleurs : “On serait tentés d’augmenter ces indemnités tellement la charge de travail, la disponibilité au quotidien et l’implication 24 h/24 h et 7 J/7 J sont importantes et insuffisamment valorisées.” Il poursuit : “Quand on voit le temps et l’énergie qu’on y met… Je me lève Boissières, et je me couche Boissières. Heureusement, je n’en rêve pas ! Après, on le sait quand on s’engage.”

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