Le défi sportif solidaire de François Blériot unit endurance et espoir contre la mucoviscidose. En 55 jours, il reliera Gourdon à Abbeville, courant chaque jour 42 kilomètres, l’équivalent d’un marathon, pour soutenir la recherche médicale.
“Je souffle pour vous”. Le nom du défi sportif que s’est lancé François Blériot, ce Lotois adepte de course à pied depuis son enfance, n’a rien d’un hasard. “Je souffle pour vous, c’est parce que quand je cours, je souffle. Les personnes atteintes de la mucoviscidose, elles, ont du mal à souffler”, poursuit celui qui a mûri ce projet pendant près d’un an et demi. Son objectif est clair : relier Gourdon à Abbeville en courant, en 55 jours. “Je ne voulais pas dépasser 42 km, l’équivalent d’un marathon, par jour. Et, incroyable coïncidence, quand j’ai fait mon tracé sur un plan, le total de 2 310 km divisé par 55 tombe pile sur 42 km de moyenne”, s’amuse le quinquagénaire.

Derrière cette performance sportive se dessine avant tout une aventure profondément personnelle, dont l’origine remonte à 2019, alors qu’il vivait encore dans la Somme. “Après une blessure lors de l’Éco-Trail de Paris, j’ai décidé d’arrêter le trail et de monter mon premier projet : 840 km en 16 jours, d’Abbeville jusqu’à Toulouse pour mon neveu, atteint par la mucoviscidose. J’ai récolté 19 873 euros que j’ai intégralement reversés à l’association Vaincre la mucoviscidose”, pose humblement le sportif de 57 ans. Sur sa route, il passe par Gourdon et c’est le coup de foudre. “On m’a tellement bien accueilli que j’ai démissionné de mon travail et j’ai refait ma vie à Gourdon”, sourit François Blériot. Samedi 25 avril, il s’élancera depuis sa ville d’adoption pour une nouvelle boucle, en sens inverse, mais avec le même objectif : celui de récolter des fonds pour la recherche contre la maladie dont son neveu est atteint.
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“Mon neveu vit avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête”
“C’est lui l’origine de cette cause. Et au-delà de lui, c’est pour tous les enfants atteints”, livre avec émotion François Blériot, évoquant deux enfants qu’il a rencontrés, Élodie et Maxence, atteints de cette maladie génétique rare. “Ils sont pleins de vie malgré leurs difficultés à respirer. À travers ce projet, j’ai envie de leur donner un second souffle, grâce aux dons et à la recherche.”
Son neveu, aujourd’hui âgé de 34 ans, est parrain de ce défi depuis les premiers instants. Après avoir subi une greffe des deux poumons, il regarde les exploits de son oncle d’un œil discret. “Il est très stoïque. Quand je lui ai annoncé ce projet, il m’a simplement dit : Oui, tu peux”, indique celui qui est licencié au club d’athlétisme de Gourdon.
Cette fois-ci, la distance entre la région parisienne et Gourdon ne lui permet pas d’être présent au départ. Mais lors du premier défi, il était sur la ligne aux côtés de son oncle, à Abbeville. “Il a couru les trois premiers kilomètres avec moi. J’espère qu’il pourra être là à l’arrivée”, glisse le père de famille. Ni pour lui ni pour son neveu, il n’est question de fierté personnelle : leur engagement vise avant tout à faire avancer la recherche.
“Avec cette maladie, mon neveu vit avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, car elle continue malgré tout”, rappelle-t-il. Et d’ajouter : “Ce qui compte, c’est que les dons permettent à la recherche d’avancer. Je suis le premier donateur de mon projet, mais ce sont tous ceux qui donnent qui font la différence. J’aimerais que les “bravos” se transforment en dons. C’est ça, ma vraie satisfaction.”
“Je n’ai pas le droit de ne pas arriver à chaque étape”
François Blériot en est certain : cette cause le fera tenir coûte que coûte. “J’ai déjà abandonné des courses à cause de blessures, mais là, je n’ai pas le droit de ne pas arriver à chaque étape. Si je dois marcher, je marcherai, mais j’arriverai chaque soir”, confie celui qui ne laisse rien au hasard. Le parcours est d’ailleurs déjà tout tracé : de Gourdon, il descendra vers les Pyrénées ariégeoises avant de remonter sur la côte Atlantique jusqu’à Abbeville.
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“J’ai des amis qui m’hébergeront sur le trajet”, sourit l’athlète qui va courir l’équivalent d’un marathon tous les jours, avec deux dimanches de “repos”. “Je ne sais pas si c’est judicieux, car il faudra repartir après une journée de repos, mais je courrai peut-être 5 km ces jours-là pour ne pas casser le rythme”, appuie celui qui a pourtant abandonné la course pendant de longues années. Mais après le karaté ou encore le tennis, il est finalement revenu vers l’athlétisme. À son âge, il affirme que ce défi sportif n’est en rien un obstacle : “On s’en fiche, c’est comme une vieille voiture : la carrosserie est abîmée, mais le moteur tourne toujours aussi bien !”

