La vaccination obligatoire des bovins suscite de vives tensions en Ariège. Face aux menaces et contenus haineux, le préfet dépose plusieurs plaintes et réaffirme la légalité stricte des opérations sanitaires.
Face à la multiplication de contenus haineux et de menaces visant agents publics et vétérinaires, le préfet de l’Ariège, Hervé Brabant, annonce le dépôt de plusieurs plaintes et condamne fermement ces agissements.
Dans un communiqué, le représentant de l’État indique être lui-même visé par “la publication de contenus (vidéos, commentaires, montages photos) haineux et de menaces personnelles sur divers réseaux sociaux”. Il affirme apporter “son plein soutien aux agents publics, représentants de l’État et vétérinaires libéraux mobilisés lors des récentes opérations de vaccination obligatoire des bovins contre la Dermatose Nodulaire Contagieuse”.
Le préfet souligne qu’il “a la charge du respect des lois”. Il insiste sur le cadre légal strict de ces opérations, précisant agir “dans le respect des textes et des recours ouverts aux éleveurs opposés à la vaccination”.
Des dérives jugées graves
Dans ce contexte, Hervé Brabant déplore des comportements qu’il estime dangereux pour les institutions. Il constate que “de tels agissements sont portés par des individus qui, parfois sous couvert d’anonymat, remettent en cause les fondements même de notre République”.
Le ton se veut particulièrement ferme face à ces dérives. “Ces appels à la haine, menaces et intimidations sont totalement inadmissibles et doivent être dénoncés avec la plus grande fermeté.” Plusieurs plaintes ont ainsi été déposées, accompagnées de signalements auprès du parquet de Foix.
Une vaccination jugée indispensable
Au cœur des tensions, la campagne de vaccination obligatoire contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), une maladie animale décrite comme “grave, particulièrement contagieuse” et pouvant entraîner “jusqu’à 10 % de mortalité et 45 % de comorbidité dans un troupeau”.
Selon la préfecture, ces mesures visent à protéger “nos 1000 éleveurs et 73 000 bovins”. Le communiqué souligne la spécificité du territoire ariégeois, évoquant “notre modèle d’élevages de petites tailles, adaptés à notre topographie spécifique, avec les montées en estive”, un modèle “unique et fragile”.
Dans ce contexte, l’État estime que “seule la vaccination de l’ensemble des troupeaux permet de limiter au maximum le risque de diffusion de la dermatose nodulaire contagieuse”.
La préfecture annonce enfin que “les vaccinations d’office des derniers élevages s’y opposant seront réalisées dans les prochains jours”. Un message clair est adressé aux auteurs de menaces : “Aucune attaque ou menace ne sera tolérée, ces messages ne doivent en aucun cas être relayés sous peine de poursuites.”

