April 15, 2026

"Je préférerais payer et avoir des trains" : retards, annulations… la colère des usagers commingeois de la ligne Toulouse-Tarbes-Pau

l’essentiel
Pour les usagers réguliers du Comminges, la dégradation du réseau ferroviaire dépasse la simple question des retards. Derrière les statistiques, c’est l’équilibre professionnel, familial et la survie même du territoire qui sont en jeu selon les usagers.

Virginie utilise la ligne Toulouse-Saint-Gaudens depuis 2010. Pour cette habitante du Comminges, le train est vital, d’autant qu’elle “n’a pas le choix d’aller à Toulouse”. Mais depuis plusieurs années, les problèmes chroniques de régularité impactent son quotidien. Si elle juge le récent plan d’urgence ferroviaire “bienvenu”, l’expérience l’incite à la prudence. Face aux promesses répétées, “on devient méfiant”.

“J’ai vu une dame pleurer dans le train”

La “prime de fidélité” imposée à la SNCF par la Région ne satisfait pas tous les voyageurs réguliers. “Je préférerais payer et avoir des trains”, tranche Virginie. Les retards et annulations pèsent lourdement sur la vie personnelle et professionnelle. “On peut perdre notre travail”, s’inquiète la voyageuse, décrivant une atmosphère électrique sur les quais : “Les gens sont tendus […] j’ai vu une dame pleurer dans le train”.

À lire aussi :
Train Montréjeau-Luchon : “Les résultats dépassent nos espérances”

Cet épuisement psychologique est partagé par Thierry, usager de la ligne Carbonne-Toulouse depuis dix ans. Pour lui, l’impact sur la vie familiale est direct : “Quand je rentre à 21 h ou 22 h en partant à 17 h 15 du travail, oui c’est compliqué”. L’incertitude est devenue la norme. “On ne sait jamais ce qu’il va se passer, j’aurais préféré autre chose qu’un dédommagement”, déplore-t-il.

Nathalie, autre usagère, confie son impuissance : “On ne peut que subir, on n’en peut plus”. Elle rentre souvent “épuisée, contrariée”. Un fort sentiment d’injustice domine : “On paie un service que l’on n’a pas”, s’indigne-t-elle, résumant l’attente fondamentale des usagers : “Je veux un train qui nous amène au travail”.

“On va se battre pour que cela s’améliore”

Face à cette situation, la solidarité s’organise. Virginie a rejoint un groupe de discussion en ligne avec d’autres usagers, un véritable refuge où “l’on peut s’exprimer” et se sentir “considéré”. Pour elle, cette fracture ferroviaire résonne comme “le début de la fin” pour le Comminges. “Le train est le dernier maillon qui nous relie à la société”, alerte-t-elle.

À lire aussi :
Train ou voiture : quel est le moins cher pour des trajets quotidiens entre Saint-Gaudens et Toulouse ?

Ce sentiment d’abandon pousse certains proches à lui conseiller de déménager. “Je résiste”, affirme l’habitante, “on ne va pas lâcher” et poursuit son combat pour défendre “une ligne structurante”. “Le train est un enjeu capital” relevant d’une “réalité économique, territoriale et humaine”.

La SNCF se dit “pleinement mobilisée”

Contactées, les directions régionales de la SNCF ont répondu conjointement. SNCF Voyageurs, l’exploitant, indique regretter “les désagréments subis par les voyageurs” et assure que l’ensemble des équipes sont “mobilisées pour améliorer la régularité des trains”.

De son côté, SNCF Réseau, le gestionnaire des infrastructures, rappelle que les causes d’irrégularité sur cet axe sont “multiples”, allant des pannes matérielles aux événements climatiques. Si ce dernier concède une situation qui évolue “sans être satisfaisante”, il affirme toutefois que la régularité “progresse” depuis le début de l’année, qualifiant même les résultats des dernières semaines de “particulièrement encourageants”.

source

TAGS: