April 14, 2026

Cédric Jubillar : pourquoi Frank Berton, l’avocat des affaires d’Outreau et Kim Kardashian, intègre sa défense aux côtés des ténors du barreau Pierre et Guy Debuisson

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EXCLUSIF. Le nouvel avocat de Cédric Jubillar, Pierre Debuisson, fait appel à deux ténors des prétoires pour constituer la défense du peintre-plaquiste rejugé en appel pour le meurtre de son épouse, Delphine. Il s’agit de son père, Guy Debuisson, et du pénaliste du barreau de Lille, Frank Berton.

À cinq mois du second procès de Cédric Jubillar (21 septembre 2026, en appel à Toulouse), son nouvel avocat, Me Pierre Debuisson, constitue son équipe de défense. À son initiative, il vient de faire appel à deux ténors du barreau toulousain et lillois.

En premier lieu, son père, Me Guy Debuisson, 72 ans et plus de 40 ans d’expérience, entre officiellement dans le dossier. Le pénaliste toulousain représentait notamment la partie civile dans le retentissant procès Viguier, au début des années 2000.

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Avec son père, Pierre Debuisson vient renforcer le duo familial avec une autre pointure des prétoires, l’avocat du barreau de Lille, Frank Berton. Ce pénaliste de 64 ans s’était notamment fait connaître dans le scandale d’Outreau ou dans le dossier sensible Florence Cassez, du nom de cette ressortissante française incarcérée au Mexique, en 2008.

Deux affaires qui ont eu un large écho national et international. “C’est un mélange de grande expérience et d’humilité, souligne le nouvel avocat de Cédric Jubillar. J’ai l’habitude de suivre depuis un certain temps Frank Berton. Je connaissais déjà ses grandes qualités d’avocat et j’ai découvert, au fil des mois et des années, malgré tous les dossiers qu’il a pu plaider, qu’il n’a jamais manifesté la moindre prétention. En plus de son talent, c’est quelqu’un d’humainement très humble”.

Ce nouveau trio constitué a donc cinq mois pour disséquer un dossier de 16 000 pages et renverser les montagnes. “Dans cette affaire”, ajoute Pierre Debuisson, “il faut rappeler la réalité des règles juridiques qui semblent disparaître dans notre société”.

“Arguments sécuritaires fallacieux”

Le procès, en appel, de Cédric Jubillar est attendu à partir du 21 septembre 2026, devant la cour d’assises de la Haute-Garonne, à Toulouse. Le peintre-plaquiste de 38 ans est rejugé pour le meurtre de son épouse, Delphine Jubillar, dont le corps n’a jamais été retrouvé. Un dossier complexe sans preuves irréfutables, sans aveux et sans scène de crime.

Depuis le début de cette affaire, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, à Cagnac-les-Mines, Cédric Jubillar nie toute implication dans la disparition et le meurtre de sa femme, infirmière et mère de deux enfants en bas âge. Le 17 octobre dernier, la cour d’assises du Tarn l’a condamné à 30 ans de réclusion criminelle. Un procès qui avait souligné le caractère violent et impulsif de l’accusé, cerné par un épais faisceau d’indices.

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Depuis le 18 juin 2021, Cédric Jubillar est placé en détention provisoire, à l’isolement, à la maison d’arrêt de Seysses (31). Un régime carcéral qui n’a toujours pas évolué. Le 17 février dernier, l’administration pénitentiaire a rédigé une proposition de prolongation à l’isolement de Cédric Jubillar.

“Depuis cette date, je n’ai reçu aucune réponse à cette proposition, ni de la part de la présidente de la cour d’assises, ni du ministère de la Justice, s’étonne Pierre Debuisson. Cette proposition est restée sans suite. Cela va faire cinq ans que Cédric Jubillar est placé à l’isolement et l’administration justifie ce maintien avec des arguments purement fallacieux, au sujet de la sécurité de mon client. Je ne peux pas préparer une défense dans ces conditions”, rappelle Pierre Debuisson.

Lors du procès devant les assises du Tarn, en septembre 2025, l’un des avocats généraux, Nicolas Ruff, avait fait savoir qu’il ne s’opposerait pas à une demande de sortie d’isolement de Cédric Jubillar. Mais l’affaire ne semble pas si simple.

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Début 2026, Cédric Jubillar avait été entendu dans le cadre d’une première procédure de prolongation qui devait durer jusqu’au 18 mars 2026. “Je suis à bout, je n’en peux plus, je n’arrive pas à dormir… Je vous en supplie, sortez-moi du quartier isolement”. Depuis cette date, c’est le statu quo.

L’administration pénitentiaire estime qu’une détention classique “reviendrait à accentuer les effets néfastes” de la détention de Cédric Jubillar. Elle considère également que les agents du quartier isolement “ont pour consigne de faciliter la prise en charge et l’accès aux soins”. Un volet médical sur lequel son avocat se montre très critique. “Lors de son procès, à Albi, on lui a administré des calmants au prétexte d’alléger son anxiété, mais en réalité, cela l’a considérablement affaibli”.

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