Douze prévenus âgés de 19 à 29 ans doivent être jugés le 16 avril prochain par le tribunal correctionnel d’Albi. Parmi eux, des militants du groupuscule d’extrême droite Patria Albiges. Tous sont accusés d’avoir participé à une “vendetta” visant un militant antifasciste il y a tout juste un an, sur la terrasse d’un bar de la cité épiscopale.
Après un renvoi ordonné par la justice en décembre dernier, les douze prévenus de l’affaire de l’agression au bar Le Cosy doivent être jugés le 16 avril prochain par le tribunal correctionnel d’Albi. Âgés de 19 à 29 ans, ils sont poursuivis pour violences aggravées et/ou participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences ou de dégradations.
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Parmi eux, des membres du groupuscule local d’extrême droite Patria Albiges, menacé de dissolution par le ministère de l’Intérieur. Certaines figures sont connues, comme leur porte-parole Lorenzo Bodino, déjà condamné en 2023 à huit mois de prison avec sursis pour l’agression de deux militants antifascistes. Ou encore Sébastien Ughetto, un jeune Carmausin qui vient d’être définitivement condamné pour provocation publique à la haine après une action “anti-migrants” menée en 2023 par Patria Albiges dans deux parcs municipaux d’Albi. Thomas Rouquette, ancien colistier de l’élu d’opposition (RN) Frédéric Cabrolier aux élections municipales de 2020 à Albi, sera lui aussi sur le banc des prévenus.
À leurs côtés, des prévenus domiciliés en Haute-Garonne, dont certains seraient membres du groupuscule toulousain Furie Française, qui participe régulièrement à des événements ou des activités avec les militants de Patria Albiges.
La plupart des mis en cause sont défendus par deux avocats habitués aux procès médiatiques impliquant l’extrême droite. Me Pierre Vincent Lambert, du barreau de Dax, a déjà assisté les identitaires albigeois dans l’affaire de l’action anti-migrants. Il a aussi défendu l’ancien élu du FN à Marseille, Stéphane Ravier, ou encore l’eurodéputée Marion Maréchal. Me Mathieu Sassi, du barreau de Paris, commence lui aussi à se faire un nom dans la sphère nationaliste. Il a par exemple assisté les militants identitaires accusés d’injures racistes envers la chanteuse Aya Nakamura.
Matraques et gaz lacrymogène
Les faits reprochés aux douze prévenus remontent au 25 avril 2025, en fin de soirée, sur la terrasse du Cosy, un bar du centre-ville d’Albi. Une vingtaine d’individus masqués, armés de matraques télescopiques et de gaz lacrymogène, y avaient fait irruption, à la recherche d’un militant antifasciste bien connu dans la cité épiscopale. Ce dernier s’était réfugié dans l’établissement.
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Les individus avaient alors pris à partie les clients du bar installés en terrasse ainsi que le patron. Une femme, étrangère à ce différend, a reçu un coup de poing au visage en tentant d’arracher le masque d’un des agresseurs et tout s’est vite emballé, avec de nombreux échanges de coups. Les individus masqués ont balancé des chaises et ont “gazé” des clients avant de s’enfuir. Cinq victimes ont été recensées.
Si les prévenus ont été peu diserts lors de leurs auditions, invoquant leur droit au silence, cette agression s’apparente à une “vendetta” : quelques heures plus tôt, c’est un des leaders de Patria Albiges, Clément Cabrolier, 27 ans, fils de l’élu d’opposition RN Frédéric Cabrolier, qui avait été agressé devant un autre bar albigeois par des militants antifascistes. Trois hommes ont été jugés pour ces faits en octobre dernier et ont obtenu une relaxe, dont le parquet d’Albi a fait appel.

