La façade d’un bâtiment résidentiel endommagé par une frappe de drone russe à Sumy (Ukraine), le 11 avril 2026. FRANCISCO RICHART BARBEIRA / NURPHOTO VIA AFP
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L’Ukraine et la Russie se sont accusées mutuellement ce dimanche 12 avril d’avoir violé à des centaines de reprises le cessez-le-feu instauré la veille sur le front en Ukraine, à l’occasion de la Pâque orthodoxe. L’an dernier, une trêve similaire avait été annoncée en Ukraine pour la Pâque orthodoxe, mais les deux camps s’étaient également accusés mutuellement de l’avoir violée à de nombreuses reprises.
• Une trêve de 32 heures décidée par le Kremlin
Le Kremlin avait annoncé jeudi que cette trêve commencerait samedi à 16 heures (15 heures de paris) et durerait jusqu’à la fin de la journée de dimanche, soit une période de 32 heures. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait accepté ce cessez-le-feu proposé par son homologue Vladimir Poutine, affirmant que Kiev répondrait « coup sur coup » à toute violation russe. Comme lors d’une trêve similaire, l’année dernière, le calme sur le front, long de 1 200 km, a été relatif.
• Kiev et Moscou s’accusent de violer le cessez-le-feu
Dans un communiqué, l’état-major ukrainien a affirmé ce dimanche matin que les forces du Kremlin avaient violé à 2 299 reprises le cessez-le-feu. Quelques minutes plus tard, dans un communiqué sur l’application MAX, le ministère russe de la Défense a accusé à son tour les forces ukrainiennes d’avoir violé à 1 971 reprises cette cessation des hostilités. Les deux armées se sont accusées réciproquement de centaines de frappes d’artillerie, de drones et de plusieurs attaques de troupes.
Signe d’une baisse relative des activités militaires, l’état-major ukrainien a néanmoins souligné n’avoir enregistré aucune attaque russe de drones longue distance de type Shahed, de bombes aériennes guidées ou de missiles. Habituellement, des centaines d’attaques de drones longue distance russes sont menées quasiment chaque nuit sur l’Ukraine, Kiev ripostant en frappant avec des dizaines de drones le territoire russe.
Dans la région russe de Koursk, frontalière de l’Ukraine, le gouverneur, Alexandre Khinchteïn, a toutefois accusé Kiev d’avoir violé samedi la trêve en attaquant avec un drone une station-service dans la localité de Lgov, faisant trois blessés parmi lesquels un bébé. Pour sa part, le chef de l’administration de la région ukrainienne de Soumy (nord-est), Oleg Grygorov, a accusé l’armée russe d’avoir attaqué, dans la nuit de samedi à dimanche, une ambulance à l’aide d’un drone, blessant trois soignants.
• La région de Kharkiv « plutôt calme »
Dans la région de Kharkiv, dans le nord-est de l’Ukraine, le lieutenant-colonel Vassyl Kobziak, 32 ans, a affirmé ce dimanche matin à l’AFP que, dans son secteur, c’était « plutôt calme ». Selon cet officier de la 33e brigade mécanisée, le cessez-le-feu n’est pas « entièrement » appliqué mais la diminution de l’intensité des combats a permis à ses soldats, dimanche matin, peu après l’aube, par un temps glacial, d’assister à une messe de Pâques dans une forêt de la région.
« Nos camarades ont la chance, comme vous pouvez le voir, de faire bénir leurs paniers de Pâques et de ressentir la chaleur et la joie de cette fête », dit-il à l’AFP, en référence à la tradition religieuse qui veut que des prêtres bénissent des mets et des œufs lors des célébrations.
• Le Kremlin refuse de prolonger la trêve
Le Kremlin a refusé de prolonger la trêve de Pâques en vigueur sur le front tant que Kiev n’acceptera pas les conditions permettant d’assurer les « intêrêts » et les « objectifs » de Moscou. « Tant que (Volodymyr) Zelensky n’a pas le courage d’assumer cette responsabilité, l’opération militaire spéciale se poursuivra après l’expiration du cessez-le-feu », a déclaré Dmitri Peskov, le porte-parole de la présidence, dans une interview à la télévision publique diffusée ce dimanche. La veille, dans son allocution quotidienne, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait estimé qu’il serait « correct » que ce cessez-le-feu soit prolongé, précisant avoir fait cette « proposition » à Moscou.
• Echec de plusieurs cycles de négociations
Ces derniers mois, plusieurs cycles de négociations sous l’égide des Etats-Unis n’ont pas réussi à rapprocher les belligérants d’un accord pour arrêter les combats déclenchés par l’invasion russe à grande échelle de l’Ukraine, en février 2022, le processus s’enlisant davantage à mesure que l’attention de Washington se déplaçait vers l’Iran. Kiev exige de longue date un cessez-le-feu prolongé pour favoriser des négociations sur un hypothétique accord en vue d’arrêter la guerre. Mais Moscou rejette cette idée, arguant qu’une pause plus longue permettrait à l’armée ukrainienne de se renforcer.

