Le parcours de Chloé Papa mêle rugby féminin et univers du luxe. Entre les terrains du 18e arrondissement et les boutiques huppées des beaux quartiers de Paris, la jeune Bigourdane de 25 ans trace une voie singulière, libre et assumée.
Des montagnes de Luz-Saint-Sauveur à la capitale, il n’y a visiblement qu’un pas que Chloé Papa a franchi allègrement, sans jamais se couper de ses racines.
Âgée de 25 ans, la jeune femme a grandi à Sazos et achevé sa scolarité au lycée climatique d’Argelès-Gazost, où elle a découvert le rugby : « J’y ai joué pendant trois ans, et j’ai vraiment aimé cet esprit d’équipe, le sport en lui-même. Et j’avoue, je n’en avais jamais fait et je n’en avais jamais regardé. En plus, je n’ai pas le gabarit pour : je suis toute petite, toute menue, mais forte, et j’aime bien être là où on ne m’attend pas. »
Côté études, elle avait des idées bien arrêtées, et c’est à Paris qu’elle est partie à la recherche d’un master, mais pas n’importe lequel : « Je voulais un MBA, quelque chose dans la tech avec une partie luxe, mais la première année, je n’ai pas trouvé d’alternance. »
En vraie rugbywoman, Chloé n’a pas lâché le morceau et s’est accrochée à son rêve. Le temps d’y arriver, elle n’est pas restée les bras croisés et a eu la chance d’entrer de plain-pied dans l’univers luxueux de Chanel : « Je voulais rester à Paris, donc j’ai cherché un emploi et j’ai eu la chance de trouver, par le biais d’une agence qui s’occupe de recruter pour les événements mis en place par les maisons de luxe. C’est comme ça que j’ai déniché un job chez Chanel. »
Un “dress code” chic et strict
Durant plusieurs mois, elle a donc travaillé sur différents points de vente et notamment sur la mythique avenue Montaigne bien sûr, un spot idéal pour Chloé, qui a dû s’adapter pour coller aux standards stricts de la marque : « On doit toujours être en pantalon, toute vêtue de noir. On ne porte pas forcément de talons, pas trop de maquillage, du mascara et le rouge à lèvres rouge, la signature de Chanel. Il ne faut pas non plus porter de bijoux qui ne soient pas de la maison. »
Une découverte pour la jeune étudiante : « C’était fou de découvrir comment tout cela se passe, toutes les petites mains qui travaillent dans une seule boutique. C’est très différent de tout ce que l’on connaît, de tout ce que je connaissais en tout cas, et surtout, c’est hyper intéressant. Il n’y a pas de jours fériés. La clientèle, c’est vraiment l’ultra-luxe. Il y a beaucoup de touristes, notamment sur les Champs, mais on voit aussi une belle clientèle française, des personnalités publiques et des célébrités. »
Pas de quoi faire prendre la grosse tête à Chloé, qui a renoué avec ses Pyrénées par le biais du ballon ovale, dans une équipe féminine, un peu par hasard : « Je n’avais pas rejoué depuis l’âge de 19 ans et, lors d’une sortie avec des copines, en soirée, on a rencontré une fille qui avait un sac à dos. On a discuté et elle m’a dit qu’elle faisait du rugby, ici, à Paris. »
Sur le terrain avec “Les Brutasses”
Il n’en fallait pas plus pour que la jeune sportive replonge sur le terrain d’un stade dans le 18e arrondissement, où elle a rejoint les « Brutasses », comme un grand écart entre deux univers qu’elle affectionne : « J’ai commencé en juin dernier, juste pour refaire un peu de sport, et cette année, j’ai pris ma licence. Ce sont des filles qui viennent d’un peu partout et qui ont entre 20 et 35 ans. C’est du rugby à 10, on dispute le Lady’s Challenge, ce ne sont que des équipes de Paris. Les entraînements, c’est deux fois par semaine. »
Côté études, l’alternance tant attendue est enfin arrivée, un MBA Digital Marketing & Business chez un autre acteur du luxe, chez Rimowa, une marque allemande qui fait partie du groupe LVMH : « J’assiste le chef de projet et j’adore ce que je fais. En septembre 2026, j’espère bien signer un CDD ou un CDI. »
Un pied sur les terrains de rugby, l’autre dans les salons feutrés des boutiques de luxe parisiennes, Chloé Papa a trouvé son équilibre : « La transition est facile à faire parce que je reste moi-même dans tous les cas. D’un côté, les Brutasses, de l’autre une partie plus guindée, mais j’assume. »

