Alors que les “rouge et noir” seront contraints de jouer leur quart de finale de Champions Cup face à l’UBB à Bordeaux, ce dimanche 12 avril (16 heures), après une phase de poules mitigée, le demi de mêlée et capitaine stadiste reste néanmoins persuadé que les Stadistes ont “l’équipe pour aller loin dans cette compétition”.
Comment vous préparez-vous à ce rendez-vous ?
Je pense qu’on est habitués à jouer ce genre de match de phases finales contre des équipes qu’on connaît, des joueurs qu’on connaît. On a cette expérience-là maintenant. On sait qu’on va dans un contexte difficile, les matchs à l’extérieur de phases finales, c’est toujours plus compliqué, donc on l’a préparé le plus sérieusement possible, à la hauteur de l’enjeu.
La demi-finale perdue l’année dernière avait pas mal marqué le groupe. Vous n’étiez pas présent mais à quel point ces défaites-là marquent ?
Au-delà de perdre un match à Bordeaux, c’était aussi perdre une demi-finale et laisser notre titre de champions d’Europe. Donc c’est ça aussi qui a été dur à digérer. Quand on a gagné une compétition et qu’on sort en demie l’année d’après, c’est toujours compliqué. Et surtout, il y avait des regrets sur la sensation de ne pas avoir joué à notre niveau, de ne pas avoir montré notre vrai visage, si ce n’est sur les 20 dernières minutes peut-être. Donc il y avait beaucoup de regrets, mais une fois que les matchs sont passés, il faut passer à autre chose, ce que le groupe a su faire sur la fin du championnat. Là, on a une opportunité d’aller un cran plus loin dans cette compétition et il faudra qu’on la saisisse mieux que l’année dernière.
Quand on s’avance vers un tel rendez-vous, est-ce plus facile, ou moins difficile, de l’aborder sans les aléas qu’il y avait eu justement avant cette demi-finale avec les blessures à l’entraînement de Peato Mauvaka et Thomas Ramos ?
Oui, oui. Ça pouvait être des excuses qui avaient été trouvées par la presse ou l’entourage : “Il manquait lui ou lui”, ou “lui n’était pas à son niveau”. Mais de toute façon, ça ne fait pas avancer les choses d’avoir ces débats-là. Aujourd’hui, on s’est concentrés avec les forces en présence qu’on avait. On a encore eu des blessés cette année comme toutes les équipes en ont et il faut faire avec. Je pense qu’on a l’équipe pour aller loin dans cette compétition. Maintenant, il faudra individuellement et collectivement qu’on soit à notre meilleur niveau si on veut pouvoir gagner ce week-end.
À lire aussi :
UBB-Stade Toulousain : “On n’a pas fait le job…” Pourquoi le quart de finale de Champions Cup se joue à Bordeaux ?
À quoi vous attendez-vous à Chaban-Delmas, un stade spécial ?
À une grosse ambiance comme on le voit tous les week-ends. Ils ont un stade qui est plein, avec un qui est présent. C’est toujours plaisant de voir des équipes et des villes qui arrivent à fédérer un public, qui est fidèle et qui pousse derrière son équipe. Donc j’espère qu’on aura quand même des supporters à nous qui feront le déplacement et qui pousseront pour nous. Mais comme je le disais, c’est toujours un contexte plus “hostile” quand on se déplace et on ne pourra pas être surpris par ça.
À lire aussi :
UBB-Stade Toulousain : “Je savais que j’allais venir ici un jour…” Pourquoi Toulouse était faite pour Teddy Thomas
Le fait d’avoir raté les phases finales l’an passé a-t-il fait naître quelque chose chez vous ?
Bien sûr que quand on passe des phases finales dans les tribunes, ce sont toujours des moments compliqués. On s’entraîne toute la saison pour pouvoir vivre ces moments-là et on se sent toujours impuissants. Maintenant, je pense que tout le monde aura de l’enthousiasme et l’énergie nécessaire au vu du scénario de l’année dernière. On sait l’importance qu’a cette compétition pour le club, et comme je l’ai dit, en sortir en demi-finale avec des regrets, ce ne sont pas des choses qui nous ressemblent. Donc je pense que tout le monde aura à cœur de montrer un autre visage ce week-end.
Y a-t-il encore de la place pour la surprise quand on affronte aussi souvent un adversaire ?
Cela se jouera sur des détails comme tout match de phases finales. Chaque année, les équipes évoluent, les défenses essaient de s’adapter, les attaques aussi. Je ne suis pas inquiet, je pense qu’ils nous auront bien préparé une ou deux surprises qu’on n’attendra pas. Mais bien sûr qu’on les connaît à 80 ou 90 %. Et inversement, ils nous connaissent par cœur. Comme tout match couperet, ça se joue toujours sur des toutes petites choses qui font à ce niveau-là des grandes différences.
Vous avez pour habitude d’être l’équipe à abattre mais cette fois, vous vous présenterez face au champion en titre…
Oui, je pense qu’on est deux équipes à abattre. Mais c’est vrai que dans cette compétition, ce sont eux les tenants du titre. Et ce sont eux qui leadent depuis le début avec des matchs assez impressionnants, que ce soit en poule ou encore le week-end dernier, où ils n’ont pas été accrochés une fois. On voit qu’ils ont beaucoup de réussite et de qualité dans cette compétition. On se déplace chez le champion d’Europe et ça, on en est bien conscients. Je pense que ça ne peut que nous permettre de nous préparer encore mieux avec plus de concentration, plus d’attention, et notamment sur tous ces petits détails qui se préparent dès le début de semaine.
Quel regard portez-vous sur la rivalité entre les deux équipes ?
Quand il y a deux équipes qui performent, on a toujours envie de les comparer. Ça a été La Rochelle un temps, ça a été Clermont avant. Il y a toujours eu une équipe en face de nous qui était très performante et il fallait qu’on sorte nos plus grands matchs si on voulait gagner contre eux. Aujourd’hui, c’est Bordeaux qui a beaucoup de réussite, beaucoup de qualités, comme on le voit depuis plusieurs saisons, qui ne cesse de progresser. C’est une équipe qui devient de plus en plus complète dans son jeu et qui poussera notre équipe à jouer son meilleur rugby pour rivaliser.
À lire aussi :
UBB-Stade Toulousain : “Moi, ça me saoulerait”, la mise au point de Thomas Ramos sur l’opposition Ntamack-Jalibert
Cela commence aussi à se ressentir au niveau du public…
Hors rugby, la rivalité Toulouse – Bordeaux n’est pas d’aujourd’hui, cela n’a fait qu’accentuer ça mais c’est plus pour le café au comptoir qu’autre chose.
À quoi faut-il s’attendre sur le terrain ? À un feu d’artifice même si la défense aura un rôle capital ?
Quand tu joues Bordeaux et que tu dis que tu veux prendre zéro essai avant le match, c’est osé. Il y a des chances qu’on prenne des points, qu’on prenne des essais, comme ça nous est arrivé d’autres fois. Mais il faudra qu’on reste mobilisés, concentrés, et en prendre évidemment le moins possible. Mais c’est vrai qu’avec les armes offensives qu’ils ont, c’est dur de rivaliser sur 80 minutes et de ne jamais être en difficulté. On sait que les matchs de haut niveau, c’est une bataille de nerfs. Des fois, c’est une équipe qui domine, des fois c’est l’autre. Il faut accepter d’avoir des temps plus faibles où tu peux prendre des points. Mais il faut arriver à rester concentré, revenir dans son match. Donc si ça finit à 40 à 30 pour nous, je serais content quand même. Mais c’est vrai que quand tu en prends 30, c’est dur d’en mettre 40 quand même.
À lire aussi :
UBB-Stade Toulousain : Peato Mauvaka explique ce qu’il a changé dans son jeu depuis son retour de grave blessure
On compare beaucoup les deux charnières. De façon caricaturale, on dit souvent que Lucu, c’est la glace, et Jalibert le feu. Et c’est l’inverse à Toulouse, vous seriez plutôt le feu et Ntamack la glace. Êtes-vous d’accord ?
(Sourire) Si ça peut vous permettre de faire des articles, tant mieux pour vous. On joue avec nos styles de jeu, personnels, mais surtout collectifs aussi. Je pense qu’on est capables, aussi bien nous qu’eux, d’être parfois le feu, parfois la glace, parce que c’est le jeu qui le demande. Mais vu les matchs que fait Matthieu Jalibert cette année, force est de reconnaître que c’est un danger permanent sur le terrain et il le prouve week-end après week-end. Après, pour les définitions des styles de jeu, je vous laisse faire…
À lire aussi :
UBB-Stade Toulousain : pourquoi Romain Ntamack ne passera pas devant la commission de discipline après son plaquage dangereux ?
Que vous apporte le fait d’avoir passé un Tournoi avec lui dans la manière d’appréhender le match ?
Je connaissais déjà le joueur avant d’avoir gagné le Tournoi avec lui cette année. Il est toujours fidèle à lui-même. Il a plus de réussite parce qu’il est en confiance et plus d’engagement dans sa “physicalité”, dans son engagement défensif aussi, comme ça a été souligné plusieurs fois. Il a un jeu qui est plus complet maintenant, mais il a toujours eu cette étincelle qui faisait qu’il restait dangereux à n’importe quel endroit du terrain. Il a réussi à garder ça, le cultiver, et surtout à avoir de moins à moins de déchets.

