April 6, 2026

ENTRETIEN. "C’est la multiplicité des déballages qui nous nuit, les gens ne font plus la différence" : les brocanteurs maussades face à la concurrence d’internet et des vide-greniers

l’essentiel
Avec le développement des vide-greniers et la concurrence d’Internet, les professionnels s’interrogent sur la meilleure façon d’attirer les chineurs. Grâce aux collectionneurs, le secteur s’en sort encore, selon Jacques Ehrmann, président du syndicat des brocanteurs et des antiquaires de la Haute-Garonne et du Sud-Ouest.

Est-ce que les gens fréquentent encore les brocantes ?

Il y a toujours de la fréquentation, mais on sait que les brocantes, ça a baissé un peu partout. Ce n’est pas spécialement Toulouse, c’est tout le pays, ça baisse partout. C’est dû à Internet, à tous les supports. Puis, pour certains, il y a un manque d’intérêt envers les produits. Tout ce qui est des pièces de qualité, ça, ça fonctionne toujours. Mais le problème, c’est tout ce que les vide-greniers ont fait comme côté négatif. C’est la multiplicité des déballages qui nous est nuisible. Les gens ne font plus la différence. 

Le métier est-il voué à disparaître ?

C’est un métier qui est voué à disparaître pour plein de raisons. Parce qu’il y a les supports Internet, parce que vous pouvez tout trouver dans les salles des ventes. Aujourd’hui, les commissaires-priseurs peuvent faire notre métier, ce qui n’était pas le cas avant. On a une telle fausse concurrence que c’est compliqué. Les gens ne font pas vraiment la différence entre le vide-grenier où ils vendent des trucs pour les bébés et nous qui vendons des choses qui sont sélectionnées, qui sont triées. Parce qu’on est brocanteurs et antiquaires, on ne fait pas les puces.

Qu’est-ce qui fait que les gens viennent encore aux brocantes ?

Ils viennent chercher de beaux objets. Ceux qui viennent, c’est ou des collectionneurs, ou des gens qui viennent acheter de belles pièces, des choses qu’ils peuvent voir, toucher, parce qu’avec Internet, vous ne touchez pas. Vous ne voyez pas la qualité. S’il y a un défaut, vous ne le savez pas.

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