April 6, 2026

Coupes de Pâques 2026 à Nogaro. "Si on reste bloqué sur ça, on ne fait plus rien" : la passion du moteur résiste à la crise du carburant

l’essentiel
La crise pétrolière bouleverse le quotidien, mais pas les Coupes de Pâques. À Nogaro, malgré un gazole à plus de 2,25 € le litre, plus de 200 voitures et des tribunes pleines confirment la passion des amateurs de sports mécaniques. Reportage.

Ce samedi 4 avril, Nogaro fait le plein. Le soleil inonde les tribunes du Circuit Paul Armagnac. Dans les allées du paddock, les moteurs vrombissent et le public s’extasie devant la mécanique bien huilée.

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Dehors, sur les routes en direction du circuit, la réalité est tout autre : des stations-service qui affichent portes closes, d’autres qui rationnent. La crise pétrolière, née du blocage du détroit d’Ormuz, a propulsé le gazole au-delà de 2,25 euros le litre en moyenne nationale. Pourtant, ici, dans les paddocks, les écuries assurent que “tout va bien.”

Les passionnés sont venus en nombre pour assister au spectacle.
Les passionnés sont venus en nombre pour assister au spectacle.
DDM – Sébastien Lapeyrère.

Pour cette édition 2026, les Coupes de Pâques n’ont pas faibli. Plus de 200 voitures engagées, six catégories au programme, du championnat de France FFSA GT4 à la Clio Cup Series, en passant par la Formule 4, la Mitjet International et la Porsche Sprint Challenge et des spectateurs nombreux. L’institution tient bon. Mieux : elle résiste.

“Si on reste bloqué sur ça, on ne fait plus rien”

Dans les médias, les foyers et surtout, dans le public du circuit, le sujet revient mais il ne gâche pas l’enthousiasme des amateurs de grosses cylindrées. Un couple venu de Bordeaux pour le week-end résume bien l’état d’esprit : “Le prix du gasoil est cher, mais le week-end est vite rentabilisé avec le spectacle et en plus, on a la chance d’avoir un super temps.”

Session essai libre ce samedi matin pour la catégorie Clio Cup Series.
Session essai libre ce samedi matin pour la catégorie Clio Cup Series.
DDM – Sébastien Lapeyrère.

Un pragmatisme qui en dit long sur la manière de concilier les plaisirs du quotidien en temps de crise.

Laurent, habitué des Coupes de Pâques, n’y va pas par quatre chemins : “Si on reste bloqué sur ça, on ne fait plus rien, on ne va pas rester chez soi à ruminer.”

Autour de lui, on est venu en covoiturage, on partage les frais, certains passionnés ont planifié leur plein la veille au soir pour éviter les files d’attente. D’autres ont fait mieux : ils ont planté la tente ou sont venus en camping-car, une manière “d’économiser sur le logement.” En bref, la crise n’a pas annulé le voyage.

Dans les paddocks, une réalité plus nuancée

Du côté des équipes, le tableau est plus contrasté. Gauthier Ebel est team manager du Gauthier Ebel Motorsport, une écurie alsacienne qui fête cette année ses six ans d’existence. Il est venu de loin, près de 1 200 kilomètres aller-retour, avec deux Porsche 718 GT4 RS et toute son équipe de mécaniciens. Un lourd déplacement en pleine flambée des prix.

Mais quand on lui pose la question de l’impact de la crise sur la course et du prix du carburant, la réponse surprend. “Franchement, je ne dirais pas que ça nous impacte plus que ça, parce que ce n’est pas le gros du budget.”

Sur un week-end de compétition, son équipe consommera environ 400 litres de carburant. Dix centimes de hausse au litre, c’est quarante euros supplémentaires selon Gauthier. “Ça ne se verra même pas sur une facture. On n’est pas à 500 balles près.”

La logistique coûte plus cher que le carburant.
La logistique coûte plus cher que le carburant.
DDM – Sébastien Lapeyrère.

Là où le bât blesse, c’est sur le reste. “Le gros du budget, ça va être surtout le pneumatique, et après tout ce qui est autour : les mécaniciens, leur salaire, l’hôtellerie, la restauration.” Sans oublier le transport. “Le diesel est horriblement cher et déplacer le camion, ramener les gars depuis Strasbourg, ça, ça a vraiment augmenté.” Finalement, la logistique pèse bien plus lourd que le carburant.

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Il y a aussi une autre préoccupation : la disponibilité. “Ce qui m’embête le plus, c’est quand je n’en trouve pas”, glisse-t-il. Pour s’approvisionner en carburant ce week-end, l’équipe doit faire quelques détours pour trouver une station encore ouverte.

“J’essaye de privilégier les Total. Je sais ce que j’ai, je suis sûr de la qualité. C’est un réflexe de l’époque karting qui est resté.”

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Côté compétition, ce samedi, il est confiant. Un nouveau pilote dans l’écurie, deux voitures survitaminées prêtes à partir et des mécanos rodés : il y a plus qu’à.

Dans ce contexte, les sports mécaniques peuvent être perçus comme un domaine gourmand en pétrole et en décibels. Une pratique sportive que certains jugent aujourd’hui en décalage avec les enjeux actuels.

Mais, à Nogaro, la réalité est différente. Les Coupes de Pâques ne sont pas seulement un simple événement comme les autres. Elles sont le rendez-vous incontournable gersois des sports méca’ que certains ne louperaient pour rien au monde.

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