La protection des hirondelles s’impose face à leur déclin, alerte l’Office français de la biodiversité. Détruire leurs nids peut coûter jusqu’à trois ans de prison et 150 000 € d’amende. Des solutions simples permettent pourtant de cohabiter.
Comme chaque année, les hirondelles retrouvent le ciel ariégeois après leur hivernage africain et devraient rester jusqu’à l’automne. Mais derrière ce signe printanier se cache une réalité fragile : l’Hirondelle de fenêtre et l’Hirondelle rustique, deux des quatre espèces présentes dans le département sont classées comme “quasi menacées” en France.
Face à ce déclin, l’Office français de la biodiversité (OFB) rappelle que ces bâtisseuses bénéficient d’une protection juridique stricte. L’arrêté ministériel de 2009 est sans équivoque : “En conséquence, il est interdit de détruire ou de porter atteinte aux hirondelles ainsi qu’à leurs œufs, leurs nids et leur habitat.”
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Détruire ces nids de boue ou en argile, souvent nichés sous les avancées de toits, les arches de pont ou dans les granges, constitue un délit. Les contrevenants s’exposent à des peines allant jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende.

Aménager plutôt que détruire
Pour les propriétaires prévoyant des travaux, la règle est l’anticipation. Toute intervention sur les sites de nidification doit faire l’objet d’une dérogation auprès de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement, rappelle l’OFB, qui ajoute : “L’objectif est d’éviter les atteintes à l’environnement, de les réduire si elles ne peuvent être évitées et de les compenser.”
En cas de destruction des nids, l’opération ne peut s’effectuer qu’entre octobre et mars, en l’absence des oiseaux, avec obligation d’installer des nids artificiels en compensation. “En dehors de ce cadre, l’OFB peut être amené à conduire une enquête judiciaire sous l’autorité du procureur de la République”, rappelle l’organisme.
Pour les particuliers gênés par les fientes, une solution simple existe : poser une planchette à 40 cm sous le nid pour protéger les façades sans perturber le cycle de vie de ces précieux alliés de la biodiversité. Les particuliers intéressés peuvent aussi installer des nids artificiels pour favoriser leur nidification.

