Selon une enquête du quotidien Les Échos, le Trésor public a obtenu la saisie des comptes et d’un bien parisien de Samir Nasri, ancien joueur de l’équipe de France, afin de sécuriser une créance fiscale de 5,51 millions d’euros.
L’administration fiscale française a engagé une procédure de redressement d’envergure à l’encontre de l’ancien footballeur international Samir Nasri (41 sélections). Pour garantir le paiement futur de cette somme, le Trésor public a fait procéder à l’hypothèque judiciaire d’un bien immobilier situé à Paris et à la saisie de ses comptes bancaires au sein de l’établissement Edmond de Rothschild.
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Cette mesure conservatoire, lancée en juillet dernier, a été validée le 12 mars par le Tribunal judiciaire de Paris. Le fisc évalue la créance actuelle du retraité de 38 ans à 5,51 millions d’euros, incluant 5,25 millions d’euros de rappels d’impôt sur le revenu entre 2020 et 2022.
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Litige sur la domiciliation fiscale
Le contentieux repose sur la contestation du statut de résident fiscal à Dubaï de l’ancien joueur de Manchester City. Selon une enquête du site Les Échos, l’administration estime que le centre des intérêts vitaux de l’intéressé se situe en France. Pour appuyer cette thèse, les autorités soulignent que Samir Nasri, consultant de Canal + depuis fin 2021, possède trois biens immobiliers dans l’hexagone.
Des relevés de compagnies aériennes indiquent également qu’il a séjourné en France entre 126 et 208 jours par an entre 2021 et 2023. Un autre indice matériel a été retenu : la livraison à Paris de 212 repas commandés via Deliveroo au cours de l’année 2022.
Des mesures jugées exceptionnelles
La défense de l’ancien Marseillais dénonce une insécurité juridique et a interjeté appel. L’avocat fiscaliste Lyès Kaci précise dans Les Échos qu’il est rare que l’administration obtienne de telles mesures “avant même la proposition de rectification et a fortiori sans titre exécutoire”. Le tribunal a justifié ce gel des avoirs par un manque de transparence, citant l’omission déclarative de huit comptes bancaires.
De son côté, Samir Nasri a reçu une proposition de rectification début mars. Il soutient que ses revenus français sont déjà taxés et invoque ses liens bancaires avec le Royaume-Uni. “Le Royaume-Uni a [vait] l’exclusivité de [sa] fiscalité avant [son] installation aux Émirats”, a affirmé le footballeur selon les propos rapportés par le quotidien économique.

