Jean-Pierre Hunckler, le président de la Fédération française de Basket-ball (FFBB) poursuit son tour de France des comités départementaux et était à Tarbes, au quai de l’Adour, ce vendredi soir, afin de rencontrer les 95 clubs du comité des Hautes-Pyrénées.
Jean-Pierre Hunckler, quelle est la raison de votre venue à Tarbes ?
C’est simple : je fais le Tour de France des comités départementaux pour rencontrer les clubs et présenter la stratégie de la Fédération pour l’axe 2025-2028, voire au-delà. C’est une feuille de route que j’avais annoncée lors de mon élection, enrichie par les séminaires menés avec les comités et les ligues régionales. Aujourd’hui, elle est prête et je la présente partout en France.
C’est aussi une manière de vous rapprocher des clubs éloignés des grandes villes ?
Oui, mais ce n’est pas forcément une question de distance, mais plutôt de lien. Après la réforme territoriale et le Covid, on s’était un peu éloigné des comités, au profit des ligues régionales. Or, les comités sont les plus proches des clubs, et notre Fédération est avant tout une fédération de clubs. Il fallait donc renouer ce contact et travailler ensemble sur la mise en place de l’animation des territoires.
Comment se porte le basket dans les départements ? On parle d’une baisse de jeunes licenciés.
Le basket français se porte bien avec 745 000 licenciés. Tellement bien qu’on n’a pas pu accueillir 150 000 demandes l’an dernier. Cette saison, on observe une baisse de 2 % qui concerne surtout les jeunes, de U9 à U15, comme dans tous les sports. Deux raisons : la fin du Pass’Sport pour les 9-16 ans, qui représentait 6 millions d’euros il y a deux ans et seulement 2,5 millions aujourd’hui, et la démographie. Les projections annoncent une baisse de 10 à 15 % de jeunes licenciés d’ici 2030-2035. Là-dessus, on ne peut pas agir.
“Des salles dans un état proche de l’insalubrité”
La concurrence entre sports collectifs s’intensifie ?
Oui, mais c’est surtout l’évolution du comportement des jeunes. Ils zappent d’un sport à l’autre, prennent parfois deux ou trois licences en début de saison, puis choisissent. Notre stratégie, c’est de s’adapter à cette nouvelle demande. Depuis 2017, on observe ces changements. Nos clubs doivent se préparer à accueillir ces nouveaux pratiquants, qui veulent faire du basket différemment.
Quel rôle pour les comités départementaux dans cette stratégie ?
Je souhaite qu’ils deviennent davantage des animateurs de territoire que de simples gestionnaires de championnats. Ils savent gérer les compétitions, mais ils doivent aussi être des développeurs, proches des clubs. Cela passe par des formations organisées localement, dans les clubs, avec l’appui des ligues. La réforme territoriale a éloigné les clubs de leurs sièges régionaux ; il faut recréer de la proximité.
Les infrastructures, souvent vieillissantes comme le quai de l’Adour de Tarbes, sont-elles un frein ?
Clairement. Mais, à Tarbes la salle n’est pas vilaine. J’ai vu bien pire qu’ici. De manière générale, le manque de salles est la première raison pour laquelle on n’a pas pu accueillir 150 000 licenciés l’an dernier. Entre 80 % et 90 % des clubs sont à saturation dès octobre. Et je ne vois pas beaucoup d’élus prêts à construire de nouvelles salles. Certaines sont même proches de l’insalubrité, et si on les détruit, je ne suis pas sûr qu’on en reconstruise. À un moment, il faudra faire des choix.
Un club qui disparaît, ce n’est jamais une bonne nouvelle
Ici, au quai de l’Adour, impossible de ne pas parler du TGB. La Fédération a-t-elle voulu marquer un tournant en se montrant ferme ?
Il n’y a jamais de volonté d’arrêter un club mais il y a des règles et une équité à respecter. D’ailleurs, ça n’a pas été notre volonté, puisque nous avons proposé au TGB de jouer à un niveau supérieur à celui qui lui revenait au niveau régional. La commission de contrôle n’est pas là pour sanctionner, mais pour aider. Simplement, quand les gens continuent dans le même système, en pensant que peut-être on va passer à travers les gouttes, il arrive un moment où, effectivement, il faut dire stop.
La disparition du TGB, club formateur, est-elle une perte pour le basket français ?
Bien sûr. Un club qui disparaît, ce n’est jamais une bonne nouvelle. Il y a l’équipe, mais aussi tout l’écosystème autour : jeunes, salariés, bénévoles. Mais notre responsabilité, c’est de garantir une éthique commune. On ne peut pas fermer les yeux indéfiniment. C’est toujours plus difficile d’annoncer une mauvaise nouvelle que de féliciter quelqu’un, mais c’est aussi ça, être responsable.
Heureusement, le comité départemental d’André Boyrie, ses équipes et la Ligue ont fait un travail remarquable pour permettre aux jeunes de continuer à jouer.
Et physiquement, ce Tour de France, vous le tenez ?
(Rires.) Oui, je le tiens. Je ne le fais pas à vélo, heureusement !
André Boyrie, président du CD 65 : “Jean-Pierre Hunckler a tenu parole”
Le président du comité des Hautes-Pyrénées de basket-ball s’est montré satisfait de cette rencontre avec Jean-Pierre Hunckler, président de la FFBB :
“Je suis entièrement ravi. Le jour où on a appris, lors d’une assemblée générale, qu’il allait faire son tour de France dans les comités, ça a fait plaisir à tout le monde. On s’est dit : enfin quelqu’un qui vient sur le terrain, qui prend le temps de rencontrer les équipes locales. Et puis on voit qu’il tient parole, qu’il vient vraiment. On se sent soutenus. Quand on voit le président venir, serrer des mains, écouter les gens, ça redonne de l’énergie. On se dit qu’on fait partie d’un ensemble, qu’on n’est pas oubliés dans nos coins. Et puis, au-delà de sa présence, il y a aussi la facilité de contact avec la fédération. Quand on a besoin d’aide, on peut joindre très facilement le secrétariat. Il y a des gens extraordinaires, toujours disponibles, toujours à l’écoute. C’est un vrai plus pour nous.”

