Le décès d’un réfugié malvoyant, abandonné en plein froid par la police migratoire américaine, vient d’être qualifié “d’homicide” par le médecin légiste de Buffalo (États-Unis). Cette conclusion accablante pointe une négligence fatale des autorités et suscite une immense vague d’indignation de l’autre côté de l’Atlantique.
Voilà une affaire qui ne manque pas de créer des remous de l’autre côté de l’Atlantique. Le corps d’un homme de 56 ans a été découvert dans une rue de Buffalo (État de New York) aux États-Unis, non loin de la frontière canadienne. Le quinquagénaire du nom de Nurul Amin Shah, réfugié du Rohingya, souffrait de cécité : ce dernier avait été interpellé par les forces anti-immigration américaines – la fameuse police ICE – avant d’être relâché devant un restaurant, à plusieurs kilomètres de son domicile, dans un froid glacial. La victime a erré pendant près de cinq jours avant de succomber : des faits qui se seraient déroulés à la fin du mois de février dernier.
Si le décès du quinquagénaire suscite autant la polémique, c’est avant tout parce que les autorités sanitaires locales parlent aujourd’hui d’un “homicide”. “Aux fins de la certification du décès, le terme homicide désigne un décès résultant d’un acte volontaire, y compris une négligence ou une omission. La qualification d’homicide n’implique pas l’intention de nuire ou de donner la mort”, précise le bureau du médecin légiste d’Erié, qui a enquêté sur la mort du réfugié.
AROUND THE STATE: The Erie County Medical Examiner has ruled the death of Rohingya refugee Nurul Amin Shah Alam a homicide, caused by medical complications linked to hypothermia and dehydration after his release from CBP custody in Buffalo. https://t.co/vbREhggGuG pic.twitter.com/XxSuMWprG2
— News 8 WROC (@News_8) April 1, 2026
La structure a indiqué après enquête que la mort du quinquagénaire était due aux “complications d’un ulcère duodénal perforé, aggravées par l’hypothermie et la déshydratation”, affirme le département de la santé du comté dans un communiqué. L’enquête précise par ailleurs que le corps de la victime avait été retrouvé à six kilomètres de l’endroit où elle avait été laissée par les forces de l’ordre.
“J’ai été comme paralysé”
Des éléments troublants qui ont finalement été portés à la connaissance des proches de Nurul Amin Shah : “Quand j’ai reçu l’appel du médecin légiste, j’ai été comme paralysé”, a commenté Mohamad Faisal Nurul Amin, le fils de Shah, cité par nos confrères du Guardian. “J’ai eu la nausée. J’étais incapable de bouger. Quelqu’un l’a dit à ma mère, et elle était anéantie. Je suis encore sous le choc”, reprend ce dernier. De son côté, Sean Ryan, le maire de Buffalo, a affirmé que ces conclusions étaient “profondément troublantes”, critiquant par ailleurs les agissements des agents de l’immigration, évoquant entre autres un manquement à leurs devoirs”. “Mr Shah Alam a fui le génocide pour se construire une vie dans ce pays. Au lieu de cela, il a été abandonné et laissé à son sort. Aucun New-Yorkais ne devrait être traité de la sorte”, s’est indignée Letitia James, procureure générale de New York.
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Selon l’agence fédérale des douanes (CBP) est quant à elle montée au créneau pour défendre la police de l’immigration, expliquant que les agents avaient souhaité conduire l’intéressé dans un “lieu sûr, au chaud, près de sa dernière adresse connue” : “Il ne présentait aucun signe de détresse, de problème de mobilité ou de handicap nécessitant une assistance particulière”, assurait l’organisme il y a encore quelques semaines. Le département de la Sécurité intérieure lui, assure pour sa part que la mort de Nurul Amin Shah Alam n’a “rien à voir avec la police des frontières”.

