Une grève reconductible des avocats du barreau d’Albi paralyse les audiences du palais de justice. En cause, la réforme de la justice criminelle qui pourrait limiter à un jour les procès pour viol, suscitant une vive inquiétude. Le ton est monté au tribunal. Voici tout ce qu’il faut savoir.
Une grosse vingtaine d’avocats pour quatre dossiers jugés, il y avait forcément quelque chose dans l’air. Ce jeudi au palais de justice d’Albi, la majorité des dossiers jugés ont été renvoyés en raison d’une grève des robes noires du barreau d’Albi.
Dans la salle d’audience, le bâtonnier de l’Ordre, Me Pascal Baby, a tenté d’expliquer au président Michel Attal pourquoi lui et ses confrères ne participeraient pas, jusqu’au 14 avril prochain, aux audiences pénales et civiles, mais il n’a pas été autorisé à lire sa motion. “Ce n’est pas le lieu pour lire une tribune”, a lancé le président au bâtonnier. Le ton est alors monté, puis tous les avocats se sont retirés “sidérés”, “dégoûtés”, “scandalisés”.

Et Pascal Baby d’analyser sur les marches du palais : “Les magistrats ont fait du zèle pour s’opposer au mouvement de grève. C’est la démonstration qu’ils veulent absolument gérer des flux. Ça en dit long sur la confrontation de plus en plus dure entre eux et les avocats.”
Presque aucun dossier jusqu’au 14 avril
Pour rappel, les avocats albigeois s’opposent au projet de loi relatif à la justice criminelle, le projet de loi Sure. “La réforme a notamment pour projet de limiter à un jour un procès pour viol. Dans ce cas, la victime sera cornerisée et on retombera dans une culture de l’aveu que nous déplorons tous”, s’insurgeaient Mes Baby, Deltell et Gosset.
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In fine, en plus du procès Dambry aux assises du Tarn la semaine prochaine qui “risque d’être renvoyé” d’après le bâtonnier, la majorité des affaires civiles et pénales risque de l’être également.

