La flambée des prix du carburant bouleverse le quotidien des automobilistes. À Auch, dans le Gers, les stations TotalEnergies voient ainsi leur fréquentation plus que doubler en ce lundi 30 mars, attirées par des prix de l’essence et du gazole plafonnés. Ailleurs, les tarifs annoncent une note salée. Reportage.
La ruée vers l’or noir se poursuit. Ce lundi 30 mars, la scène se répète devant une station TotalEnergies à Auch : une file ininterrompue de véhicules attend pour faire le plein.
En cause, la décision du groupe pétrolier de plafonner ses prix de carburant, dans un contexte de forte hausse liée notamment aux tensions persistantes au Moyen-Orient, qui alimentent l’instabilité des cours du pétrole.
Nouvelle clientèle
Face à cet afflux inhabituel, la situation devient difficile à gérer pour certains exploitants. “J’aimerais pouvoir servir ma clientèle habituelle, mais je suis désormais envahi par une clientèle de grande surface et contraint de rationner”, déplore le gérant, visiblement agacé. Une situation qui l’inquiète pour l’avenir. “Si les prix remontent, ces clients ne reviendront plus.” En quelques jours, la fréquentation a explosé. “Habituellement, je fais 250 passages par jour. Depuis jeudi, je suis monté à 600.”
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Sur le papier, l’avantage tarifaire est bien réel. Ce 30 mars, le gazole est affiché à 2,085 €/L dans ces stations, tandis que les essences (SP95, SP98 et E10) sont proposées à 1,99 €/L dans plusieurs points du département. À Fleurance, une station TotalEnergies affiche même un gazole à 2,070 €/L, selon les dernières données disponibles. À l’inverse, les prix grimpent ailleurs : à Nogaro, une station Carrefour Market propose le gazole jusqu’à 2,383 €/L.
Des professionnels sous pression
À Auch, les automobilistes tentent de limiter les dépenses, mais subissent de plein fouet cette flambée. “Là, pour un plein complet, j’en ai eu pour 200 euros. La dernière fois, c’était 145 euros”, témoigne Hélène, gérante du foodtruck Madame Sandwich 32.

Positionnée à proximité de la station, elle observe une affluence inhabituelle. “Aujourd’hui, il y a énormément de monde. Entre midi et deux, la queue était impressionnante.”
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Installée depuis un an et demi, elle doit adapter son activité face à la hausse des coûts. “Je réduis les déplacements au strict nécessaire. J’utilise le camion uniquement pour aller sur mon emplacement. Mais je suis aussi impactée avec ma voiture pour les fournisseurs.” Une hausse des prix du carburant qui pourrait avoir des répercussions directes sur son activité. “Si ça continue, je vais devoir augmenter mes tarifs. Et forcément, cela peut faire baisser la clientèle.”
Comparatif : à la recherche du moins cher
Dans tout le Gers, les automobilistes traquent désormais les prix les plus bas. Pour le SP98, plusieurs stations TotalEnergies, notamment à Samatan, Cazaubon, Condom, Dému et Fleurance, affichent un tarif à 1,990 €/L.
À l’inverse, les écarts restent importants selon les enseignes, selon les derniers chiffres du gouvernement. À Condom, une station Carrefour Market atteint 2,248 €/L pour le SP98. Pour le SP95-E10, le prix le plus bas est relevé à E.Leclerc à Eauze, avec 1,899 €/L. Le plus élevé est observé à U Express à Marciac, à 2,078 €/L.
Des niveaux de prix toujours très élevés, qui alimentent les inquiétudes des Gersois pour leur pouvoir d’achat dans les semaines à venir…

