Un casque bleu de l’ONU près d’un véhicule de patrouille, au sud du Liban, le 22 février 2026. SILVIA CASADEI / MIDDLE EAST IMAGES VIA AFP
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Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir en urgence mardi après le décès de trois Casques bleus indonésiens dans le sud du Liban, où Israël a annoncé ce mardi 31 mars la mort de quatre de ses soldats. Des explosions ont retenti également ce mardi à Téhéran et dans le centre de l’Iran, touchant des « sites militaires » et provoquant des coupures d’électricité, après que Donald Trump a renouvelé ses menaces si les discussions entre Washington et Téhéran n’aboutissaient pas « rapidement ». On fait le point.
• Une usine de dessalinisation sur une île iranienne touchée
Des frappes ont touché et mis hors service une usine de dessalinisation sur l’île iranienne de Qeshm, située dans le détroit d’Ormuz, a rapporté mardi l’agence de presse iranienne Isna.
« L’une des usines de dessalinisation de l’île de Qeshm a été visée (…) et est complètement hors service, car il n’est pas possible de la réparer à court terme », a déclaré l’agence, citant un responsable du ministère de la Santé, Mohsen Farhadi, sans préciser la date de l’attaque.
Par ailleurs, un média iranien a fait état mardi d’informations « initiales » sur des frappes ayant touché des « sites militaires » dans le centre de l’Iran, en ajoutant que l’ampleur des dégâts et le nombre éventuel de victimes n’étaient pas connus.
• Israël annonce la mort de quatre soldats
L’état hébreu a annoncé ce mardi la mort de quatre de ses soldats au sud du Liban. Cela porte à 10 le nombre de soldats israéliens morts depuis la reprise des hostilités avec le mouvement pro-iranien Hezbollah le 2 mars.
L’armée israélienne, qui mène au Liban des frappes massives et, dans le sud du pays, une profonde incursion terrestre, a précisé avoir identifié trois soldats d’une brigade de reconnaissance morts « au combat » lundi et ajouté qu’un quatrième avait été tué, sans transmettre plus d’éléments le concernant.
Elle avait fait état la veille du décès d’un soldat dans la même zone, quelques jours après avoir reçu du premier ministre Benyamin Netanyahou l’ordre d’élargir la « zone de sécurité » au Liban.
• Une réunion de l’ONU demandée par la France
La réunion de l’ONU qui débutera à 10 heures (13 heures, heure de Paris) a été demandée par la France après le décès de trois Casques bleus indonésiens dans le sud du Liban.
La Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) a dit enquêter après que deux soldats indonésiens ont été tués « par une explosion d’origine inconnue ayant détruit leur véhicule près de Bani Hayyan » à la frontière. Deux autres ont été blessés, selon son communiqué publié lundi.
La Finul, présente dans le sud du Liban depuis 1978, date de la première invasion israélienne, avait auparavant annoncé la mort d’un autre Casque bleu indonésien dimanche dans des circonstances similaires à la frontière avec Israël. « Toutes les parties au conflit sont instamment priées de respecter le droit international humanitaire et d’assurer la sécurité du personnel de maintien de la paix », a réitéré Jakarta mardi via son ministère de la Défense.
L’armée israélienne assure aussi enquêter sur ces incidents, appelant à « ne pas présumer » qu’elle en est responsable. « Ces incidents font l’objet d’un examen approfondi afin d’en clarifier les circonstances et de déterminer s’ils résultent d’une activité du Hezbollah ou de l’armée israélienne », a déclaré l’armée sur Telegram.
Le Hezbollah a de son côté revendiqué dans des communiqués des attaques contre des positions israéliennes dans le sud du Liban et a affirmé avoir lancé des missiles contre une base des services de renseignement dans la banlieue de Tel-Aviv.
Après la mort des soldats de la Finul, qui compte près de 8 200 soldats issus de 47 pays, le ministre français des Affaires étrangères du Liban a dénoncé des « incidents gravissimes ». Il a également fait état d’« intimidations de la part de soldats de l’armée israélienne » subies « par le contingent français de la Finul dans la zone de Naqoura », sur la côte libanaise à proximité de la frontière avec Israël dimanche. Le président libanais Joseph Aoun a condamné toute « atteinte » à la Finul et dit poursuivre ses « contacts internationaux […] pour faire avancer le processus menant à des négociations avec Israël ».
• Un soldat libannais tué lundi
L’armée libanaise, qui tente pour sa part de rester à l’écart de la guerre entre le Hezbollah et Israël, a fait état d’un soldat tué lundi près de Tyr (côte sud), dans la première « agression israélienne » contre un barrage militaire depuis le 2 mars.
Lundi, une frappe ciblée a visé un immeuble bordant la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, tuant trois membres du mouvement pro-iranien, a indiqué l’armée israélienne.
L’armée israélienne a adressé en début de soirée un avis d’évacuation aux habitants de plusieurs localités du sud et de l’est du Liban, y compris la Békaa-Ouest, généralement épargnée par les avis d’évacuation. Des médias d’Etat ont ensuite fait état de frappes aériennes dans ces zones.
• Explosions et pannes d’électricité à Téhéran
Les médias iraniens ont fait état d’explosions et de coupures de courant à Téhéran mardi matin.
L’agence de presse Fars a évoqué « plusieurs explosions » et des coupures de courant « dans certaines parties » de la capitale iranienne. L’agence Tasnim a mentionné des explosions dans l’est et dans l’ouest de Téhéran ainsi que des perturbations dans l’approvisionnement en énergie dans l’est, avant d’affirmer qu’une sous-station d’une centrale énergétique avait été frappée.
L’armée israélienne avait peu avant appelé les habitants d’un quartier résidentiel de Téhéran à rester à l’abri en prévision d’une attaque visant « une infrastructure militaire ».

