March 30, 2026

Face à la crise, les routiers "passent à l’action" demain à Rodez

l’essentiel
En Aveyron, une journée d’action est prévue ce mardi 31 mars au départ de la zone d’Arsac à Sainte-Radegonde, jusqu’à Rodez. Les routiers vont mener une “opération escargot” pour dénoncer “l’inaction du gouvernement” face à la hausse brutale du prix des carburants qui pénalise les entreprises du secteur.

Depuis le 4 mars, et la flambée du prix des carburants intimement liés au conflit au Moyen-Orient et à l’attaque conjointe des États-Unis et d’Israël sur l’Iran, les transporteurs font le dos rond. Mais aujourd’hui, “la situation devient trop compliquée. Elle se dégrade de jour en jour”, s’emporte Frédéric Domenge, secrétaire départemental de l’association Otre (organisation des transporteurs routiers européens).

Alors, mardi 31 mars, au départ de la zone d’Arsac, à partir de 7 h 30, les routiers emprunteront la rocade pour une “opération escargot” en direction de Rodez et de la préfecture où leurs représentants iront à la rencontre de la préfète de l’Aveyron. “Depuis plusieurs semaines, nous demandons des mesures d’urgence mais nous ne sommes pas entendus, poursuit Frédéric Domenge. Le secteur ne restera pas spectateur de sa propre disparition. Et si rien n’est proposé après notre opération, nous n’excluons pas d’autres actions plus musclées.”

En effet, “pendant que plusieurs pays européens protègent leurs transporteurs en agissant directement sur le prix des carburants, rien n’est fait en France, assène le secrétaire départemental de l’association Otre.

Reports de charges

Régulièrement, les associations représentant les transporteurs rencontrent des membres du gouvernement afin “ de trouver des solutions à cette crise”. “Nous proposons, par exemple, une aide forfaitaire par véhicule, sur le modèle de celle mise en place en 2022, afin de compenser les pertes déjà subies ou encore une remise immédiate et ciblée sur le carburant, pour répondre efficacement à la crise actuelle”, détaille Frédéric Domenge.

Vendredi soir, l’Etat a apporté un début de réponse. Les aides sont ainsi limités à trois secteurs : le transport routier, la pêche et l’agriculture. Pas question, pour l’instant, de mettre en place la coûteuse remise à la pompe réclamée par les professionnels de la route. Dans le détail, les TPE/PME du transport routier, les plus affectées par la crise, vont bénéficier d’une aide forfaitaire exceptionnelle de 50 millions d’euros. Soit l’équivalent de 20 centimes par litre pour les entreprises concernées.

Car, toujours selon le secrétaire départemental de l’association Otre, “les entreprises du transport sont déjà fragilisées par une conjoncture difficile et des trésoreries délicates “. “Pour l’heure, on ne nous propose que des reports de charges, ou encore des prêts garantis par l’État. Mais ce ne sont que des solutions qui vont venir endetter encore un peu plus les entreprises”, dénonce Frédéric Domenge.

En Aveyron, le secteur du transport (en y ajoutant celui du tourisme) compte 2 400 emplois, pour 190 entreprises. “Ce tissu économique dense peut rapidement se dégrader si nous ne faisons pas attention, plaide-t-il. Car, contrairement à la précédente crise, liée au début de la guerre en Ukraine, la consommation était soutenue. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui où l’offre est supérieure à la demande.”

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