La formation agricole traverse une crise sans précédent dans les Hautes-Pyrénées. L’ADEAR 65 voit ses financements s’effondrer, avec un chiffre d’affaires tombé à zéro en 2025. Une cagnotte solidaire tente d’éviter l’arrêt total des actions.
L’association pour le développement de l’emploi agricole et rural des Hautes-Pyrénées traverse une zone de turbulences financière due à de nombreux facteurs externes. Avec des financements principalement issus de la région, basés sur le « coût jour », ceux-ci ont fortement diminué depuis 10 ans. À côté, le fonds de formation, alimenté par les cotisations des agriculteurs, est en chute libre, due à la baisse des revenus des céréaliers du Nord qui ont vécu 3 dernières années dès difficiles. Ainsi les conséquences sont directes pour le président de l’ADEAR 65 Benjamin Boissy : « L’année dernière on avait trois formations prévues à partir d’octobre et elles ont toutes été annulées faute de moyens ».
« Zéro pointé » en 2025
Malgré les difficultés, l’ADEAR65 reste un pilier du territoire agricole avec des chiffres encourageants. 74 personnes ont été rencontrées et 47 porteurs de projets accompagnés « de A à Z soit 428 h de conseil » ajoute le président. Une vingtaine de projets sont entrés en phase d’émergence et une dizaine en post-installation.
Malheureusement, la suppression de formations a fortement impacté l’association : « En 2024 on avait un chiffre d’affaires de 10 000 euros pour les rentrées d’argent pour les formations. C’était entre 10 000 et 13 000 euros et en 2025 on a zéro » explique le président. Des rentrées d’argent qui manquent à l’ADEAR et qui s’expliquent par d’autres facteurs : « Sur toute la première partie de l’année, on n’a pas fait de formation parce que les salariés avaient été en formation eux-mêmes pour apprendre à former. En parallèle de tout ça il y a une augmentation de la charge administrative et du temps de travail pour ça qui n’est pas rémunéré et qui explique ce zéro pointé ».
Un appel à la solidarité
Dans ce contexte, les membres de l’ADEAR se disent très inquiets : « Il y a un énorme trou dans la raquette. On craint aujourd’hui que, faute de cotisations suffisantes au niveau national, toutes les formations agricoles finissent par être annulées à terme », explique Benjamin Boissy. C’est pourquoi une cagnotte de soutien a été lancée pour tenter de relancer la machine. L’association dit travailler sur sa reconnaissance d’intérêt général pour permettre la défiscalisation des dons et attirer des mécènes plus importants. Le président espère réunir 10 000 euros et appelle aux dons pour soutenir de paysage agricole : « On ne peut pas concevoir un paysage sans paysan. Mais pour cela, il faut que le métier redevienne attractif et que l’on accompagne ceux qui partent pour que leurs fermes ne disparaissent pas avec eux. »
Lien de la cagnotte : https://www.helloasso.com/associations/association-pour-le-developpement-de-l-emploi-agricole-et-rural-65

