March 26, 2026

Surexposition au cadmium : 4 questions sur la présence de ce métal cancérogène dans notre alimentation

l’essentiel
Une étude de l’Anses alerte sur la surexposition des Français au cadmium. Présence dans de nombreuses denrées alimentaires, risque de cancer… tout savoir sur ce métal toxique.

Le cadmium est un métal toxique pour notre santé. Près de la moitié de la population adulte dépasse les valeurs toxicologiques de référence, selon l’Anses. Présent dans les sols, sa concentration dans la nature est augmentée par certaines activités humaines, notamment agricoles et industrielles.

D’où vient le cadmium et où le trouve-t-on ?

Le cadmium est naturellement présent dans notre environnement (sols, air, eaux). Sa concentration dans la nature est fortement augmentée sous l’effet des activités humaines.

Il est utilisé et émis dans plusieurs secteurs industriels, notamment métallurgique, chimique et électrique. Il est présent dans de nombreux procédés industriels comme lors de l’incinération des déchets, du recyclage des batteries, de la fabrication des accumulateurs électriques, de la production de pigments…

En agriculture, l’épandage de matières fertilisantes telles que les engrais minéraux phosphatés constitue la source principale de contamination des sols agricoles, suivi des effluents d’élevage, des boues, des composts et des dépôts atmosphériques sur les sols.

Le cadmium est également présent dans la fumée de cigarette.

Comment sommes-nous exposés au cadmium ?

L’alimentation constitue la principale voie d’exposition humaine. Les aliments qui contribuent le plus à l’exposition au cadmium sont le pain et les produits de panification sèche, les pommes de terre et dérivés, les légumes, les mollusques et crustacés, les végétaux à feuillage vert et les céréales (blé) ou encore le riz.

Le tabagisme et le vapotage sont également une source d’exposition. Les fumeurs inhalent du cadmium sous forme de fines particules d’oxyde de cadmium, qui se déposent principalement dans les alvéoles pulmonaires.

Pourquoi le cadmium est-il dangereux pour la santé ?

Le cadmium est classé comme cancérogène, ayant une responsabilité dans l’apparition du cancer du poumon.

En cas d’exposition prolongée chez l’homme, le cadmium peut également :

  • être toxique pour la reproduction et mutagène (entraîner des défauts génétiques héréditaires ou augmenter la fréquence de défauts génétiques) ;
  • entraîner des atteintes rénales et une fragilité osseuse augmentant le risque d’ostéoporose et de fractures des os ;
  • avoir des effets indésirables sur le neurodéveloppement et le système cardiovasculaire ;
  • être suspecté d’entraîner des effets sur le foie, le sang et le système immunitaire ;
  • être aussi suspecté d’induire d’autres cancers : pancréas, vessie, prostate, sein, endomètre, thyroïde, reins.

Le cadmium est un toxique cumulatif. Le risque d’apparition d’effets délétères est lié à la dose cumulée dans le temps, selon Santé publique France.

Une exposition prolongée, même à faible dose, augmente le risque de maladies chroniques. Ainsi, des aliments très contaminés mais consommés occasionnellement contribuent moins à l’exposition que des aliments moins contaminés mais consommés quotidiennement.

Comment réduire son exposition et quels aliments faut-il surveiller ?

L’exposition dépend à la fois de la teneur en cadmium des aliments et de leur fréquence de consommation.

Pour la réduire, l’Anses conseille :

  • de limiter certains produits à base de blé sucrés et salés tels que les céréales du petit-déjeuner, gâteaux, biscuits, pains, viennoiseries, pâtes alimentaires, pâtisseries ;
  • de réduire la consommation des aliments présentant des teneurs plus élevées en cadmium tels que les abats (foie, rognons), les coquillages et les fruits de mer, les mollusques, les crustacés, les algues et le cacao ;
  • d’introduire davantage de légumineuses dans les repas à la place des aliments à base de blé ;
  • de varier son alimentation et de varier l’origine des produits pour éviter une exposition répétée ;
  • d’arrêter la consommation de tabac. Cela concerne le fumeur lui-même mais aussi son entourage, soumis au tabagisme passif (fumée de cigarette rejetée dans l’air par le fumeur et inhalée par les personnes de l’entourage).

L’Agence nationale de sécurité sanitaire recommande de fixer rapidement “des valeurs limites en cadmium pour les matières fertilisantes”, notamment les engrais minéraux phosphatés, impliquant un “engagement de l’ensemble des acteurs pour faire évoluer la réglementation”.

source

TAGS: