March 25, 2026

Il tue sa petite amie enceinte tout en diffusant une fausse vidéo de lui en direct pour avoir un alibi : le piège glaçant d’un YouTubeur démasqué

l’essentiel
Il pensait avoir tout prévu. En diffusant une fausse session de jeu vidéo en direct, ce Youtubeur britannique croyait se fabriquer un alibi inattaquable. Trois ans plus tard, la justice a dévoilé un scénario glaçant, minutieusement construit pour masquer le meurtre de sa compagne enceinte.

Le 18 décembre 2022, en fin d’après-midi, Stephen McCullagh, youtubeur vivant à Lurgan, en Irlande du Nord, annonce à ses dizaines de milliers d’abonnés une soirée de streaming. À 18 heures, sa chaîne diffuse une session de six heures : il joue, plaisante, boit, promet de “ne pas quitter la maison”. Un détail intrigue pourtant : il affirme ne pas pouvoir interagir avec les internautes, évoquant un problème technique. Et pour cause : cette diffusion, comme il le sera prouvé plus tard, n’a jamais été en direct.

Quatre jours plus tôt, l’homme avait enregistré cette vidéo, de telle sorte que le soir de la diffusion, pendant que les images défilent sur YouTube, il puisse traverser la ville incognito, dissimulé sous des vêtements sombres, le visage partiellement couvert. Direction : le domicile de sa compagne, Natalie McNally, comme le rapporte la BBC.

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Peu après 20 h 50, la jeune femme, qui lui avait révélé quelques semaines plus tôt qu’elle était enceinte de lui, est violemment attaquée. Elle est poignardée, étranglée et frappée à plusieurs reprises. L’agression dure moins d’une heure. McCullagh repart après avoir changé de vêtements et regagne son domicile, en partie filmé par des caméras de surveillance. À son retour, peu après minuit, il stoppe la diffusion de sa vidéo et supprime le fichier original. La fin d’un plan qu’il pensait parfait.

“Il faut que je tue cette sa**pe”

Dans la vidéo, diffusée au moment du meurtre, certains propos glaçants seront plus tard disséqués par les enquêteurs. Jouant à une mission où il doit tuer un personnage féminin, il chante : “Il faut que je tue cette sa**pe, il faut que je la fasse tomber”. Quelques minutes plus tard, il prononcera son prénom, “Natalie”. Il ne s’en expliquera jamais, comme l’explique The Guardian.

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Le lendemain, il met en scène la découverte du corps. Il se rend chez Natalie, se disant inquiet de ne pas avoir de ses nouvelles. En pleurs au téléphone avec les secours, il décrit “du sang partout” et tente une réanimation, sans succès. Aux policiers, il désigne un ancien compagnon de la victime comme probable auteur du crime. Son alibi à lui semble solide : la vidéo, toujours accessible, le montre chez lui au moment des faits.

Les enquêteurs y croient. Il est brièvement arrêté puis relâché. À Noël, ils lui font savoir qu’il n’est plus considéré comme suspect.

Un plan parfait qui s’écroule

Pendant plusieurs semaines, il incarne à merveille le rôle du compagnon endeuillé. Il assiste à la veillée funèbre, réalise un montage hommage, multiplie les messages à la famille. Mais il ne fait que bien cacher son jeu, allant jusqu’à laisser son téléphone chez les proches de la victime pour enregistrer leurs conversations à leur insu afin de s’assurer qu’il n’est pas considéré comme suspect.

Et l’édifice finit par s’effondrer. L’analyse informatique révèle en effet que la “diffusion en direct” qui lui sert d’alibi a été enregistrée à l’avance. Les trajets, minutieusement préparés, apparaissent dans ses recherches. Les images de vidéosurveillance retracent ses déplacements. Les incohérences s’accumulent.

En décembre 2022, ce streamer irlandais a enregistré un live 4 jours avant sa diffusion pour s’en servir comme alibi. Stephen McCullagh vient d’être reconnu coupable du meurtre de Natalie McNally. Il risque la prison à vie.

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— M6 Info (@m6info) March 24, 2026

Au procès, l’accusation décrit un plan “sophistiqué, calculé et d’un sang-froid extrême”. McCullagh, 36 ans, choisit de ne pas témoigner. Il nie les faits sans expliquer la supercherie. L’enquête démontrera que la jeune femme échangeait des messages avec d’autres hommes avant sa mort, envisageait sans doute une séparation. Le passé de McCullagh, qui avait déjà été arrêté pour avoir agressé une ancienne petite amie après avoir découvert des messages dans son téléphone, est également pointé du doigt lors de son procès.

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Ce mardi 23 mars 2026, après cinq semaines d’audience, le jury le déclare coupable de meurtre.

Derrière la façade numérique et l’illusion d’une présence en ligne, les enquêteurs ont mis au jour ce que l’accusation qualifiera de “mensonge après mensonge”. Un alibi virtuel, conçu comme un écran parfait, devenu la pièce centrale de sa chute.


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