March 23, 2026

DECRYPTAGE. Municipales à Toulouse : et à la fin, c'est Moudenc qui gagne… comment le maire sortant est revenu de loin pour l'emporter face à François Piquemal

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Comme en 2020, le maire sortant de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, s’est imposé au final face à François Piquemal (LFI) avec 53,8 % des suffrages.

Comme en 2020, Jean-Luc Moudenc n’a pas fait mentir l’adage, confirmé scrutin après scrutin, que Toulouse est une ville de gauche qui se gagne au centre. Et comme il y a six ans, à l’issue d’une élection qui avait été fortement perturbée par le Covid, le maire sortant divers droite est revenu de loin pour l’emporter face à l’union de la gauche. Avec 53,8 % des suffrages, il bat nettement la liste de la gauche rassemblée de François Piquemal (LFI). Jean-Luc Moudenc a largement rassemblé son camp et même capté une partie significative des électeurs de gauche modérée.

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Car si le locataire du Capitole, qui va signer pour un nouveau et dernier bail, était arrivé en tête du premier tour avec 37 % des voix, les deux listes de gauche, celle conduite par le député insoumis François Piquemal (27 %) et celle du socialiste François Briançon (25 %), étaient en position de force pour aborder le second tour. Mais à l’évidence, la stratégie d’alliance des socialistes et des insoumis a conduit à leur échec.

Jean-Luc Moudenc a pu apparaître bousculé, voire ringardisé, dans les débats de l’entre-deux-tours par son jeune adversaire. Mais il a terminé au sprint sa campagne et mobilisé tous azimuts. Ainsi, dans le quartier de la Côte Pavée, où il réside, les quatre bureaux de vote de l’école Jean-Macé ont enregistré un record de participation avec près de 80 % de votants. D’ailleurs, la participation a été en hausse au deuxième tour avec 62 % de votants. Beaucoup y ont vu le signe que les Toulousains avaient saisi les enjeux du scrutin et refusé qu’un candidat de la France insoumise s’installe au Capitole.

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L’épouvantail LFI

Malgré la promesse de François Piquemal de confier à François Briançon la présidence de Toulouse Métropole, où sont concentrés les leviers du pouvoir, LFI a produit un effet repoussoir sur l’électorat modéré qui a reporté ses voix sur le maire sortant.
Les premiers coups de semonce ont été tirés en début de semaine avec la crainte exprimée par le patronat, qui redoutait que la désormais troisième ville de France, capitale européenne de l’aéronautique, sombre dans la décroissance.

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Mais le tournant s’est sans doute produit au cours des commémorations des attentats de Toulouse lorsqu’un groupe de manifestants s’en est violemment pris à François Piquemal et François Briançon, traitant le premier d’antisémite et le deuxième de collabo… Les Toulousains ont alors découvert avec effarement ce que serait la nature des relations publiques si le Capitole basculait dans l’insoumission pour les sept prochaines années… Si, dans la Ville rose, les mémés aiment la castagne, elles n’agitent pas encore les drapeaux de la révolution.

Moudenc : “De la joie et de la reconnaissance”

Jean-Luc Moudenc a dit exprimer “de la joie et surtout de la reconnaissance envers les Toulousains qui m’ont fait confiance, et cela de manière très, très large, c’est-à-dire des électeurs de sensibilité extrêmement différente “.

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Avec un troisième mandat d’affilée, plus les quatre ans exercés au Capitole en 2004 après la démission de Philippe Douste-Blazy, Jean-Luc Moudenc entre dans l’histoire des maires de Toulouse et devrait dépasser, dans sept ans, son illustre prédécesseur, Dominique Baudis. ” C’est la troisième fois que les Toulousains m’accordent leur confiance, c’est extrêmement touchant. […] Le mélenchonisme, ce n’est pas une gauche ordinaire, c’est l’extrême gauche en rupture avec les valeurs de la République. Et cela, je crois que les Toulousains l’ont bien compris. “

Piquemal : “Il va falloir digérer”

Du côté de François Piquemal, c’est évidemment une immense déception qui domine : “Il s’est passé quelque chose de formidable. Il y a eu une espérance, on a mené une magnifique campagne… Il faut créer dès maintenant les conditions de l’alternative. Il va falloir digérer, mais tant que la Garonne coulera, il y aura de l’espoir…”

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