Depuis plusieurs jours, le litre de sans plomb et de gazole dépasse largement les deux euros par litre. SYSPEO/SIPA / SYSPEO/SIPA
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Les prix des hydrocarbures, causés par l’enlisement du conflit au Moyen-Orient, continuent de grimper. Ce vendredi 20 mars, le baril de Brent, référence internationale, s’établit à 108 dollars. En recul par rapport à la veille – où il frôlait les 120 dollars – il demeure néanmoins à niveau élevé.
Si en France le gouvernement n’envisage pas de baisser les taxes sur le carburant, contrainte budgétaire oblige, plusieurs pays européens dont l’Italie ou l’Espagne prennent, eux, des mesures.
• En Espagne, une baisse de la TVA sur les carburants
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a détaillé ce vendredi un vaste plan comprenant 80 mesures, pour un budget de 5 milliards d’euros. Une annonce visant à lutter contre les effets de la guerre au Moyen-Orient, promettant notamment « une réduction drastique » de la fiscalité sur l’énergie. « Les situations extraordinaires exigent des réponses extraordinaires » a déclaré le Premier ministre socialiste après un conseil des ministres extraordinaire.
Parmi les mesures annoncées et qui entreront en vigueur samedi après leur publication au Journal officiel, figure une baisse de la TVA sur les gaz et les carburants, qui devrait notamment permettre une baisse des prix à la pompe allant jusqu’à 30 centimes d’euro par litre, soit « environ 20 euros d’économie par plein pour une voiture moyenne ». Il a également évoqué une baisse des taxes sur l’électricité de 60 %, via notamment une suspension de l’impôt sur la production d’électricité, et une baisse de la TVA de 21 % à 10 %.
Très en colère contre la guerre déclenchée par les Etats-Unis et Israël, il s’est emporté : « Les Espagnoles et les Espagnols vont devoir assumer un coût de 5 milliards d’euros. Cinq milliards d’euros que nous pourrions consacrer aux bourses, à la santé, à la dépendance ! »
• En Italie, une baisse temporaire de 25 centimes par litre sur le carburant
De son côté, l’Italie a adopté mercredi un décret visant à réduire, pendant 20 jours, de 25 centimes par litre le prix du carburant afin de contrer l’augmentation des tarifs à la pompe provoquée par la guerre au Moyen-Orient.
Ce « décret carburants » adopté par le gouvernement italien, qualifié de « mesure de nature temporaire et d’urgence », prévoit « des dispositions visant à réduire, pour une période de vingt jours à compter du 19 mars, la fiscalité sur le gazole, l’essence et le GPL », précise un communiqué du conseil des ministres mercredi. « L’effet attendu de la mesure est une réduction du prix de 25 centimes par litre pour le gazole et l’essence et de 12 centimes par kilo pour le GPL », ajoute le texte.
Deux autres mesures figurent également dans le décret : une aide exceptionnelle accordée aux transporteurs routiers et pêcheurs d’une part, un mécanisme anti-spéculation d’autre part. La première aide doit permettre « d’éviter que la hausse du prix du gazole ne se répercute sur les prix des biens de consommation », a indiqué Giorgia Meloni sur X.
Le conseil des ministres précise avoir également prévu « des mesures de prévention et de lutte contre les phénomènes spéculatifs », notamment le renforcement de la surveillance des prix des carburants exercée par le Garant des prix auprès du ministère des Entreprises et du Made in Italy.

