March 19, 2026

Vincent Bolloré sera jugé en décembre pour corruption dans l’affaire des "ports africains"

l’essentiel
Le milliardaire Vincent Bolloré est renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris dans l’affaire dite des “ports africains”. Ses avocats estiment “impossible la tenue d’un procès équitable”.

L’affaire dite des “ports africains” ira donc jusqu’au procès. Accusé de corruption d’agent public au Togo, le milliardaire conservateur Vincent Bolloré sera jugé en décembre prochain à Paris, a appris l’AFP jeudi 19 mars de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde.

Les faits remontent à la campagne électorale de 2010 du président togolais Faure Gnassingbé, a précisé la source. L’audience est prévue du 7 au 17 décembre 2026 au tribunal judiciaire de Paris.

Interrogé, le parquet national financier (PNF) a également confirmé l’information.

Quels sont les faits reprochés à Vincent Bolloré ?

Vincent Bolloré, 73 ans, devra répondre devant les juges de son rôle dans les agissements de l’agence de publicité Euro RSCG (devenue Havas), une filiale de son groupe, qui aurait notamment fourni des prestations pour la campagne présidentielle de Faure Gnassingbé à un prix sous-évalué.

En échange, le président togolais aurait appuyé l’attribution “à partir de mai 2019 de divers avantages au groupe Bolloré” et à ses filiales, dont le prolongement de la durée de concession pour l’exploitation du port de Lomé et des avantages fiscaux, selon la source judiciaire.

Il est également renvoyé devant le tribunal pour complicité d’abus de confiance au Togo, mais aussi en Guinée, dans le cadre de la campagne présidentielle de l’ancien dirigeant Alpha Condé en 2010.

Une longue procédure

Des juges financiers parisiens sont saisis de cette affaire depuis 2013, et Vincent Bolloré avait été mis en examen en 2018 dans ce dossier.

En 2021, Vincent Bolloré, l’une des principales fortunes de France, ainsi que Gilles Alix, directeur général du groupe Bolloré à l’époque, et Jean-Philippe Dorent, directeur international chez Havas, avaient reconnu les faits pour éviter un long procès pénal, lors d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), et accepté une peine de 375.000 euros d’amende.

Mais le tribunal avait refusé de l’homologuer, renvoyant le dossier à l’instruction. L’industriel breton contestait depuis ce revers procédural.

Le groupe Bolloré a lui accepté de payer 12 millions d’euros d’amende contre l’abandon des poursuites, dans le cadre d’une convention judiciaire d’intérêt public (CJIP).

Les avocats de Vincent Bolloré redoute un procès inéquitable

Les avocats de Vincent Bolloré ont estimé “impossible la tenue d’un procès équitable” dans un communiqué, après le renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris du milliardaire breton. Ses avocats, Céline Astolfe et Olivier Baratelli, ont également annoncé faire appel de l’ordonnance des juges rendue mercredi “pour des motifs procéduraux”.

Pour eux, la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité non homologuée de Vincent Bolloré a porté une “atteinte irrémédiable” à sa “présomption d’innocence”, rendant “impossible la tenue d’un procès équitable”. “C’est à cet effet qu’a été formé un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme qui a accepte de s’en saisir”, ont-ils rappelé.

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