Ça s’agite derrière les fourneaux. Lundi 16 mars 2026, s’est tenue la troisième édition de Job chef dans le Tarn-et-Garonne. Un concours organisé par France travail et la région Occitanie pour favoriser le retour à l’emploi.
Ils épluchent, découpent, remuent, enfournent… Dans les cuisines de l’école des métiers, à Montauban, 10 demandeurs d’emploi se sont lancés dans le concours Job chef, lundi 16 mars 2026. Une troisième édition dans le Tarn-et-Garonne coorganisée entre France travail et la Région Occitanie. Comme son nom l’indique, Job chef reprend les codes des émissions télévisées comme Top chef. Ici, les participants, des cuisiniers amateurs, ont un défi : préparer un plat en heure et demie. Tous partent avec le même panier composé, entre autres, de champignons, pommes de terre, carottes, tomates, oignons et des cuisses de poulet. Ensuite, place à la créativité pour composer le plat de leur choix. Et la présentation qui va avec.


À leurs côtés, la professeur Angélina Romeo. Tout au long de l’épreuve, elle surveille les participants et les aiguille pour trouver du matériel en cas de besoin. ” C’est une belle expérience de voir ces adultes cuisiner.” Surtout, elle se dit ” impressionnée” par ” des parcours de vie atypiques qui ont un point commun : la cuisine”.

Fort retour à l’emploi
À la fin du temps imparti, chaque candidat présente sa création devant le jury, composé de sept personnes. Pour les départager, les jurés ont la lourde de tâche de noter les plats. Tout y passe : la mise en valeur des mets, le soin du dressage, l’équilibre des saveurs, etc. Troisième à passer, Anaïs lance un ” bonjour” aussi assuré qu’enthousiaste au jury avant de détailler la composition de son “poulet croustillant aux saveurs d’Okinawa”. À 39 ans, elle cherche une nouvelle voie professionnelle. La restauration, ” c’est quelque chose qui m’attire, il fallait que je teste. Surtout dans une cuisine professionnelle ! C’est la première fois que j’y mets les pieds”, raconte la trentenaire. Galvanisée par cette expérience, elle se projette désormais dans cette filière. ” Que je gagne ou pas, je suis ravie de l’avoir fait.”

Et son travail semble porter ses fruits. Au moment de découvrir son plat, les jurés réagissent positivement à ce qui leur est proposé dans l’assiette. ” La mise en valeur est très bien”, félicite Laurent Le Naour, responsable de l’antenne Toulouse et Pyrénées de l’Académie culinaire de France. Le chef apprécie l’association des saveurs entre les légumes, le poulet et la sauce asiatique et note que ” la cuisson du poulet était maîtrisée”. Laurent Le Naour prend à cœur son rôle de juré : ” On sent qu’ils ont envie de donner le meilleur d’eux.”


Pour sa part, Esteban, 20 ans, a eu du mal à contenir son stress au moment d’annoncer son poulet farci aux champignons. Impressionné par le jury. ” Ce n’est pas vous que nous allons manger, c’est votre plat”, lui sourit une membre du jury pour l’encourager. Il faut dire qu’il n’avait aucune expérience en cuisine. ” Ça fait trois semaines que j’ai commencé” en vue la participation au concours. Après une expérience en plonge, le monde de la cuisine a attisé sa curiosité.
Des métiers en tension
Job chef s’adresse à des personnes qui ne sont pas issues de la restauration. Qui dit concours dit classement mais ici, la simple participation ouvre les portes d’une formation dans le domaine culinaire. Job chef est finalement un prétexte pour réussir à attirer de nouveaux profils dans des métiers en tension.
Et si l’on en croit les chiffres, la recette fonctionne. ” En termes de retour à l’emploi, on n’a pas fait mieux”, assure Murielle Henry, responsable de la filière hôtellerie-restauration en Occitanie pour France travail. La première année du concours, le retour à l’emploi s’élevait à 69 % et en 2025, il a atteint 79 %. À titre de comparaison, “Les taux de retour à l’emploi en moyenne en Occitanie, tous métiers confondus, c’est 38 %”, informe Murielle Henry.

