Dans le Lot, un communiqué de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs sur des discussions avec la préfecture a suscité une vive réaction de la Coordination rurale. Celle-ci dénonce un manque de transparence et un système de “cogestion”.
Dans le département, les échanges autour de plusieurs dossiers agricoles ont rapidement pris une tournure polémique. Jeudi 12 mars, la FDSEA et les Jeunes agriculteurs (JA) du Lot ont diffusé un communiqué à la suite d’une réunion avec la préfète du Lot et les services de la Direction départementale des territoires (DDT).
Dans ce document, les deux organisations syndicales indiquent notamment avoir alerté l’État sur la situation du sud du département, territoire soumis à des contraintes environnementales jugées trop lourdes. Elles demandent “la révision des zones vulnérables nitrates” dans ce secteur et évoquent qu’une “concertation publique devrait être ouverte au mois d’avril”. “Au regard des éléments techniques disponibles, la FDSEA et les JA du Lot demandent un déclassement de la zone vulnérable nitrates sur le territoire du Quercy Blanc et des zones intermédiaires concernées”, précisent les présidents des deux organisations.
La question de la taille des haies a également été évoquée. Selon les services de l’État cités dans le communiqué, une dérogation permettant de repousser la date limite au 1er avril aurait été validée, en raison des “conditions météorologiques de ces dernières semaines”. Enfin, la question du fonds d’urgence destiné à la filière céréalière a également été abordée. Un dispositif, qui “devrait être diffusé dans les prochains jours”, mais est jugé “largement insuffisant”, avec “seulement 37 000 € prévus pour l’ensemble du département”.
Des annonces qui ont suscité une vive réaction de la Coordination rurale du Lot. Dans un courrier adressé vendredi 13 mars à la préfète, les coprésidents Clément Desport et Nicolas Espinaco disent avoir découvert “avec surprise” ces informations diffusées par la FDSEA et les JA.
Une “cogestion entre l’État et la FNSEA”
Les responsables de la CR 46 affirment avoir interrogé les services de l’État, qui leur auraient indiqué que certaines informations n’étaient pas encore officiellement confirmées. “Comment des représentants syndicaux peuvent-ils communiquer des informations avant même qu’elles ne soient officiellement confirmées par l’État ?”, interrogent-ils dans leur lettre.
Le syndicat dénonce également ce qu’il qualifie de “cogestion entre l’État et la FNSEA”, un système qu’il critique depuis de nombreuses années. Il pointe par ailleurs l’annonce d’une enveloppe destinée à la filière céréalière jugée insuffisante et encore peu détaillée. “Une chose est certaine : il est totalement inacceptable que l’ensemble des agriculteurs du département n’aient pas accès aux mêmes informations au même moment”, dénoncent les coprésidents, Clément Desport et Nicolas Espinaco.
Dans la foulée, les coprésidents de la Coordination rurale du Lot ont également interpellé le président de la chambre d’agriculture du Lot, Stéphane Pons. Dans un second courrier, ils lui demandent d’étudier la possibilité d’une réduction exceptionnelle des prestations facturées aux agriculteurs, sur le modèle d’une décision récemment prise dans la Vienne. “Nous vous demandons donc de traiter notre demande dans les plus brefs délais.”

