March 13, 2026

À la barre de la cour d’assises, le trafiquant d’armes craque, dénonce "Mathias" et écarte l’accusé

l’essentiel
Les défenseurs d’un homme accusé d’avoir tiré sur son ennemi en juillet 2021 à Saint-Alban, au nord de Toulouse, ont marqué de gros points ce jeudi. À la barre, présuré, un témoin a craqué et a reconnu avoir vendu une arme, celle de la tentative d’assassinat, mais pas à l’accusé.

L’oralité des débats, grande règle des cours d’assises où le dossier est systématiquement remis à plat, a réservé un gros effet d’audience ce jeudi en fin d’après-midi, à Toulouse. Après les enquêteurs de la gendarmerie, la section de recherches de Toulouse, des témoins se succèdent à la barre de la cour d’assises de la Haute-Garonne. Ils évoquent, souvent avec difficulté, l’été 2021 et les coups de feu qui ont visé Aziz, grièvement blessé par cinq balles devant le domicile de sa petite amie, à Saint-Alban.

Mohamed se présente face aux jurés, quatre femmes et deux hommes qui vont de surprise en surprise. Ce garçon a été condamné à trois ans d’emprisonnement devant le tribunal correctionnel pour avoir fourni des armes, dont celle utilisée lors du coup de force du 11 juillet 2021. Les questions se succèdent, les réponses restent évasives.

Le ton change quand Me Franck Berton, rompu aux joutes criminelles, commence les questions. Le ton enjoué devient vite incisif. Poussé, le témoin chancelle et finit par craquer. “J’ai vendu l’arme, oui, mais pas à l’accusé !” Surprise dans la salle mais la défense ne lâche pas. Débordé, le témoin craque et évoque l’acheteur “Mathias”, des larmes plein les yeux. Une grosse épine de moins dans le pied de Gor, l’accusé tétanisé dans le box des accusés.

L’acheteur de l’arme du crime serait mort

Curieusement, la victime se précipite sur son téléphone. Pour diffuser la nouvelle ? Repris par la présidente, il confie, ému, “C’est un ami, il mangeait chez ma mère”. Un numéro d’artiste que Me Ravyn Issa contredit après avoir fouillé dans le dossier fort de plusieurs tomes. Le fameux Mathias est en effet connu dans le dossier mais pour avoir été passé à tabac par la victime ! Curieux pour un ami de la famille.

Mais les surprises ne s’arrêtent pas là. “Mathias est mort”, confie encore la victime à son avocate, Me Merryl Chekroun-Guigui. Information diffusée à la cour. La présidente Valérie Noël ordonne un supplément d’information rapide pour savoir ce que l’on peut apprendre sur ce garçon.

Dans le box, Gor Haji-Muradyan craque, des larmes noient son visage. “Cela fait cinq ans que ce garçon, qui affirme son innocence depuis le début de sa mise en cause, dort en prison”, confie Me Berton, encore soufflé par cet “effet” d’audience. La victime, toujours appuyée sur sa canne anglaise, ne bronche pas. “Le vrai visage de ce garçon qui, en réalité, terrorise tout le monde, est en train d’apparaître”, estiment Mes Ravyn et Berton.

Les débats reprennent ce vendredi. Avec d’autres surprises ?

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