Des navires de l’armée américaine dans le détroir d’Ormuz, en août 2023. UPI/NEWSCOM/SIPA
L’Iran réplique, encore et encore. Alors que le président américain Donald Trump affirmait lundi que « la guerre [allait] se terminer bientôt », la République islamique a revendiqué la vague de frappes « la plus violente et la plus lourde depuis le début de la guerre » ce mercredi 11 mars, au douzième jour du conflit.
• Offensive iranienne de grande ampleur
L’Iran a mené une offensive de grande ampleur dans la nuit de mardi à mercredi. Son armée idéologique, les gardiens de la révolution, a revendiqué la vague de frappes « la plus violente et la plus lourde depuis le début de la guerre » à travers la région. Elle vise notamment des cibles américaines et israéliennes, selon la télévision d’Etat Irib. Les gardiens de la révolution ont également affirmé avoir attaqué la base américaine d’Arifjan, au Koweït, selon les agences de presse iraniennes Mehr et Fars.
L’Arabie saoudite a notamment indiqué avoir neutralisé plusieurs missiles ciblant la base aérienne Prince Sultan qui abrite des militaires américains près de Ryad.
Deux drones sont tombés près de l’aéroport de Dubaï mercredi, blessant quatre personnes, mais le trafic n’a pas été affecté, ont annoncé les autorités de l’émirat du Golfe dans un communiqué.
L’ambassade américaine à Bagdad a mis en garde mercredi contre de possibles attaques conduites par l’Iran ou ses alliés contre « des infrastructures pétrolières et énergétiques appartenant aux États-Unis en Irak ».
• Le pétrole pris pour cible
L’Arabie saoudite a abattu des drones visant l’important champ pétrolier de Shaybah. Situé près de la frontière des Emirats arabes unis et crucial pour la production pétrolière saoudienne, ce champ pétrolier exploité par Aramco, premier exportateur de brut au monde, a déjà été visé à plusieurs reprises par l’Iran depuis le début de la guerre lancée le 28 février par les Etats-Unis et Israël.
Un porte-conteneurs a été endommagé par un « projectile inconnu » au large des Emirats arabes unis, près du détroit d’Ormuz, a annoncé mercredi l’agence de sécurité maritime britannique (UKMTO). L’incident s’est produit à 25 miles nautiques (46 kilomètres) au nord-ouest des Emirats, tout près du détroit d’Ormuz. Il n’a pas fait de victime et l’équipage est en sécurité, a ajouté l’agence, précisant que l’étendue des dégâts était en train d’être évaluée. Plusieurs navires ont également été touchés par un « projectile inconnu » au large des Emirats arabes unis et d’Oman a indiqué UKMTO.
Donald Trump a affirmé mardi que l’Iran s’exposait à des « conséquences militaires […] sans précédent » en cas de dépôt de mines dans le détroit d’Ormuz, de facto sous contrôle iranien. Peu après, l’armée américaine a annoncé avoir détruit 16 bateaux poseurs de mines iraniens « près du détroit ». Un bilan qui s’élève désormais à « 28 navires », a assuré mercredi le président américain.
Les gardiens de la révolution ont déclaré avoir pris le « contrôle total » du détroit d’Ormuz et ciblent les infrastructures énergétiques. Une attaque de drone iranienne a provoqué mardi la fermeture de la raffinerie de Ruwais, aux Emirats arabes unis, l’une des plus grandes au monde.
Le Conseil de sécurité de l’ONU a par ailleurs adopté mercredi une résolution réclamant la « cessation immédiate » des attaques de l’Iran contre les Etats du Golfe et la Jordanie. Le texte de la résolution condamne en outre « toute action ou menace » de l’Iran « visant à fermer, entraver ou interférer de quelque manière que ce soit avec la navigation internationale dans le détroit d’Ormuz ». Le texte soumis au vote du Conseil de sécurité était porté par Bahreïn avec les autres membres du Conseil de coopération du Golfe (Arabie Saoudite, Emirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar) ainsi que la Jordanie.
• Beyrouth à nouveau frappée
Israël a mené par ailleurs de nouvelles frappes sur Beyrouth et sa banlieue sud, bastion du Hezbollah pro-iranien. L’armée israélienne a visé tôt mercredi un quartier densément peuplé du cœur de la capitale libanaise, pour la deuxième fois depuis dimanche. La frappe a touché un immeuble du quartier d’Aïcha Bakkar, selon l’agence de presse officielle Ani qui rapporte un « raid violent » sur la banlieue sud de Beyrouth, régulièrement visée depuis dix jours. Des images en direct d’AFPTV ont montré des colonnes de fumée s’élevant des sites touchés. L’armée israélienne avait annoncé plus tôt une vague de frappes sur la capitale libanaise, disant cibler « des infrastructures du Hezbollah ». Dans la soirée de mercredi, l’armée israélienne a annoncé mener « une série de frappes à grande échelle contre des infrastructures du Hezbollah » dans la banlieue sud de Beyrouth. Le Hezbollah, lui, dit avoir visé le nord d’Israël avec « des dizaines de roquettes »
Depuis le 2 mars, près de 500 personnes ont été tuées par les opérations israéliennes selon des chiffres officiels, et au moins 759 300 personnes déplacées, d’après les chiffres publiés mardi par le gouvernement libanais.
La France s’apprête à tripler son soutien humanitaire au Liban, en y dépêchant jeudi 60 tonnes d’aide pour les réfugiés quittant le sud du pays où Israël mène des opérations militaires contre le Hezbollah pro-iranien. « Cette aide atteindra 60 tonnes d’aide humanitaire à destination des Libanais, avec des kits sanitaires, des kits d’hygiène, des matelas, des lampes, mais aussi un poste sanitaire mobile », a déclaré Jean-Noël Barrot, le ministre des Affaires étrangères, sur TF1.

