La coopérative de Haricot tarbais tire la sonnette d’alarme : les stocks sont insuffisants pour honorer toutes les demandes et les producteurs trop peu nombreux. La filière a engagé un chantier pour séduire de nouveaux agriculteurs avec une étape clé ce week-end sur la foire agricole de Tarbes.
La coopérative du Haricot tarbais pousse un cri du cœur : elle a besoin de producteurs. ” Nous lançons un appel pour recruter des producteurs, il en va de la survie de la filière, la situation est critique, nous devons impérativement retrouver un niveau de production digne de ce nom “, commence par implorer Mathieu Cabos, le directeur de la coopérative tarbaise. C’est que la récolte a chuté de façon vertigineuse ces dernières années. Le petit grain qui cumule l’IGP et le label rouge n’a fait l’objet que de 50 tonnes de collecte ces quatre dernières années alors qu’il s’en ramasse, normalement entre 100 et 120 tonnes.
” Plusieurs facteurs expliquent cette baisse. D’abord, le nombre de producteurs qui ne cesse de diminuer. On en compte aujourd’hui 40 soit 40 % de moins qu’il y a dix ans. Ensuite, on paie les dégâts des aléas climatiques et notamment de la sécheresse “, détaille le représentant de ce légume sec. Alors voilà, le haricot tarbais manque à l’appel et les représentants de la filière sont obligés de refuser des clients. un crève-cœur. ” Par manque de stock, je refuse des marchés quasiment tous les jours. Récemment, nous n’avons pas pu honorer un client important car nous avons privilégié nos clients existants, c’est vraiment très frustrant “, confie, amer, le directeur.
Le cahier des charges révisé
Pour retrouver un marché cohérent, la coopérative aimerait pouvoir compter sur 100 producteurs. ” Mais pour bien faire, il nous faudrait au moins, déjà, une vingtaine de producteurs supplémentaires soit près de 60 “, détaille Mathieu Cabos. Alors, pour éviter une disparition de cette production locale, la coopérative a lancé une opération séduction. Et elle met le paquet. D’abord, en révisant le cahier des charges pour permettre une récolte mécanique et non plus uniquement manuelle. ” On a de plus en plus de mal à trouver de la main-d’œuvre et la récolte mécanisée redonne une marge semi-nette à l’agriculteur “, précise le porte-parole du Haricot tarbais.
À titre d’exemple, pour ramasser un hectare de Haricot tarbais à la main il faut compter une semaine. Avec une machine, l’intervention se réduit à une demi-journée. L’année dernière, 95 % des terrains ont été ramassés grâce aux machines. Ensuite, la grille de rémunération des producteurs est en cours de révision : ” On met en place un système de bonus pour être plus attractifs. Un bonus au volume, un bonus au rendement et un à l’objectif commun “. Enfin, la coopérative fait le tour des salons pour susciter des vocations. Après le salon international de l’agriculture à Paris, elle sera présente sur la foire agricole de Tarbes à partir de ce jeudi 5 mars sur un stand partagé avec Saveurs du 65 et un autre avec la Chambre d’agriculture pour recruter. Par ailleurs, les haricots cuisinés sont à déguster sur le stand des Galopins. À noter enfin que la filière organise une journée portes ouvertes destinées aux producteurs le vendredi 20 mars, sur le site de la coopérative, zone Bastillac.

