Candidat à un emploi de gestionnaire budgétaire à l’Université de Toulouse (ex-Paul Sabatier), Arnaud Brion a vu son second entretien d’embauche annulé au dernier moment. “Poste pourvu”, lui a-t-on sèchement indiqué par mail, alors que l’administration l’avait reconvoqué, il y a un mois, à la suite d’un premier rendez-vous prometteur. Des méthodes qui interrogent.
Ce vendredi 27 février, Arnaud Brion l’avait coché fébrilement sur son agenda, il y a un mois, avec l’espoir de retrouver un emploi après sa démission du service des tutelles de l’Association de Jeunes Handicapés (AJH). Il faut dire que l’entretien qu’il avait passé à l’Université de Toulouse (ex- Paul Sabatier), fin janvier, pour postuler à un CDD de gestionnaire budgétaire face à un jury de cinq personnes, s’était plutôt bien terminé. L’administration lui ayant fait part rapidement de son souhait “de le rencontrer à nouveau pour préciser certains points”.

Mais de rendez-vous il n’y a point eu, donc. La veille, Arnaud a reçu un nouveau mail lui indiquant que ce n’était pas la peine qu’il se déplace, le poste ayant été pourvu. “Je suis au regret de vous informer que l’entretien n’aura pas lieu”, lui écrit la responsable du recrutement. Un gros coup sur la tête pour Arnaud. “Après deux mois de processus depuis ma candidature, en décembre, je m’étais dit que j’avais une chance et tout s’écroule d’un coup. On se fait balayer par un mail impersonnel, c’est injuste”, s’indigne le quadragénaire.
“Nous ne sommes pas des pions”
Arnaud est en colère parce qu’il considère que l’université ne respecte pas les gens, en jouant avec eux. “Dès le départ, les dés sont pipés, explique-t-il. On nous fait candidater à des postes qui sont déjà fléchés et réservés à d’autres. Sauf que l’administration a obligation de publier ses annonces d’emploi de manière ouverte. Au final, elle fait semblant de chercher, mais les jeux sont faits à l’avance”.
Certes, Arnaud peut toujours imaginer qu’un autre candidat faisait mieux l’affaire finalement, mais l’annulation brutale du second entretien au dernier moment est pour lui “irrespectueuse” et fait peu de cas de son investissement. “Je m’étais préparé, mais on m’a fait perdre mon temps et mon énergie, regrette-t-il. D’autant que je n’ai pas que ça à faire au quotidien. Je suis écœuré par tant de désinvolture. Nous ne sommes pas des pions. J’ai l’impression que le système ne se rend plus compte de son inhumanité”. Ultime provocation pour Arnaud, dans son dernier mail, le service de recrutement de l’université Toulouse III lui a suggéré très sérieusement un nouveau lien internet pour postuler à une nouvelle annonce.” Vu ce qu’il s’est passé, je n’ai aucune envie de me relancer dans ce processus de sélection”, confie-t-il, amer. Mais décidé à mettre son histoire sur la place publique pour alerter sur des “pratiques indignes”. Quant au service de recrutement de l’université que nous avons contacté, il n’a pas réagi…

