March 2, 2026

DÉCRYPTAGE. Guerre en Iran : quel impact les opérations militaires en cours auront-elles sur les prix du pétrole ?

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Après les frappes interposées entre l’alliance Israël-États-Unis et l’Iran et le risque d’une escalade, le prix du baril de pétrole pourrait bien flamber, alors que Téhéran est l’un des principaux exportateurs mondiaux.

Une conséquence directe de la guerre pour notre portefeuille ? Après les frappes israélo-américaines en Iran, et face à l’incertitude entourant les infrastructures pétrolières, les craintes d’une flambée du pétrole deviennent très concrètes. L’Iran figure parmi les dix plus grands producteurs mondiaux de pétrole. En janvier, il a produit 3,4 millions de barils (mb/j), selon l’Agence internationale de l’énergie. C’est environ 3 % de l’offre mondiale. Téhéran disposerait des troisièmes réserves mondiales de brut. Cela place le pays du Golfe comme un acteur stratégique à long terme.

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Un coût défiant toute concurrence

D’autant plus que le pétrole est relativement simple à extraire de son sol. Résultat : le coût du baril peut “être aussi bas que 10 dollars”, voire moins selon Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management. À titre de comparaison, le coût des pays d’Amérique du Nord (Canada ou États-Unis) se situe entre 40 et 60 dollars le baril.

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Actuellement, l’Iran exporte entre 1,3 et 1,5 million de barils par jour. Mais ces exportations se limitent grandement à la Chine, Téhéran étant sous embargo américain depuis 2019. Plus de “80 % de ses exportations” sont à destination de Pékin, confirme Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank. Si les robinets iraniens devaient encore un peu plus se fermer, l’impact serait donc relativement faible pour les consommateurs français.

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La crainte d’une escalade

En revanche, après la mort du Guide suprême, samedi, l’Iran se prépare à la riposte. En cas de conflit de longue durée, avec des destructions d’infrastructures énergétiques, les coûts pourraient fortement augmenter, jusqu’à “80 dollars le baril”, précise l’analyste. L’armée américaine dispose notamment de bases militaires au Bahreïn et au Qatar, ciblées par les représailles iraniennes samedi, mais également en Turquie ou au Pakistan.

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La principale menace pour les marchés reste un conflit prolongé impliquant des destructions d’infrastructures énergétiques. Dans ce scénario, le prix du baril pourrait grimper jusqu’à environ 80 dollars, selon un analyste cité. Les tensions régionales impliquent aussi plusieurs bases militaires américaines, notamment à Bahrain et au Qatar, mais aussi en Turkey ou au Pakistan, qui pourraient devenir des cibles de représailles.

Le risque le plus critique concerne le blocage du détroit d’Ormuz, principale voie maritime d’exportation du pétrole du Moyen-Orient. Selon l’Agence internationale de l’énergie, près de 20 millions de barils de brut y transitaient chaque jour en 2024, soit environ 20 % de la consommation mondiale de pétrole liquide. L’Iran a déjà menacé de fermer ce passage stratégique en cas d’attaque.

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Dans ce contexte, plusieurs pays producteurs ont décidé d’ajuster leur offre. Dimanche, huit membres de l’OPEP + ont annoncé l’augmentation de leurs quotas de production à hauteur de 206 000 barils par jour pour avril, une mesure destinée à limiter la pression haussière sur les prix du pétrole, du moins à court terme.

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