Les appels à délocaliser la coupe du monde se multiplient. Le dernier en date est celui de l’entraîneur de l’OL, Paulo Fonseca qui s’est exprimé dans une interview ce lundi 23 février pour les 4 ans du déclenchement de la guerre en Ukraine, qu’il a vécu sur place avec sa femme et son fils. Il raconte son passage dans un bunker et son exfiltration, donnant du crédit à son opposition frontale au président Trump.
Ce lundi 23 février, Paulo Fonseca, entraîneur de l’Olympique lyonnais depuis janvier 2025, a accepté de revenir pour l’Équipe sur son départ d’Ukraine, où il était au moment du déclenchement de la guerre, il y a quatre ans tout pile. Celui qui a entraîné le Chaktar Donetsk (club d’une ville aujourd’hui occupée par les forces russes) entre 2016 et 2019, était venu en “vacances” avec son fils de 3 ans et sa femme pour rappatrier au Portugal la famille de cette dernière en cas de démarrage d’un conflit que tous craignaient de longue date.
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“Avec ma femme, cette nuit-là, on a beaucoup parlé, elle a pleuré : “Je crois que la guerre va être déclenchée et qu’on va devoir s’exiler à nouveau”. Je lui répondais : “Non, il ne va rien se passer”. En fait, à 5 heures du matin, nous avons été réveillés par le bruit des bombes. La guerre avait déjà commencé”, se souvient le technicien suspendu entre mars et septembre pour avoir confronté physiquement un arbitre de Ligue 1.
Le récit d’une folle extradition
“Tout le monde fuyait. À ce moment-là, c’était la panique. On a pris les valises et on est montés dans un minibus avec toute la famille”, se rappelle-t-il. Il explique s’être ensuite rendu dans un “bunker” sous un hôtel appartenant au président du Chaktar. “Nous y avons passé une nuit avec Roberto De Zerbi, qui était alors l’entraîneur du club. […] Nous étions peut-être 60, effrayés, parce que nous regardions à la télévision les soldats russes qui essayaient d’entrer dans Kiev”, raconte Fonseca.
Un van lui a ensuite été mis à disposition par l’ambassade du Portugal pour rejoindre “la Moldavie”, ce qu’il a fait en une trentaine d’heures. Une fois arrivé, il narre avec détail son “soulagement”. “Jamais je n’ai eu plus peur pour notre vie, pour la vie de mon fils et de ma femme. Je n’y pense pas tous les jours, mais c’est toujours présent en moi”, jure le technicien portugais. C’est notamment pour cette raison qu’il prend position contre la politique de Donald Trump dans cette même interview.
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Il commence par exprimer la “honte” qu’il a ressentie lorsque le président américain s’est vu remettre un prix de la paix par la FIFA. “Nous voudrions que la Coupe du monde se déroule ailleurs, et pas aux États-Unis, pas en ce moment. La position du président américain a été d’oublier, d’ignorer les plus défavorisés, les plus faibles, et d’être du côté de ses intérêts économiques”, se positionne-t-il, agacé de la diminution de l’aide américaine à l’Ukraine depuis le retour à la Maison-Blanche du président d’extrême droite.

