En pleine crise agricole, près de 300 agriculteurs et 80 tracteurs ont convergé dimanche vers le Sanctuaire de Lourdes. Une démarche symbolique, suivie d’un échange avec le maire Thierry Lavit, avant la reprise des actions de blocage.
Dimanche, en pleine crise agricole, les agriculteurs ont choisi de se tourner vers la foi. Près de 80 tracteurs et environ 300 hommes et femmes ont convergé vers le cœur du Sanctuaire de Lourdes. Ils y ont déposé des cierges et fait bénir leurs engins, dans un geste à la fois spirituel et symbolique.
Dans ce contexte particulier, une délégation de la Coordination rurale, reconnaissable à ses bonnets et casquettes jaunes, a été reçue à la mairie par le maire de Lourdes, Thierry Lavit, dans la salle du conseil municipal : « Je tenais à vous recevoir ici, en mairie, parce que votre présence aujourd’hui n’est pas anodine. Elle dit quelque chose de profond : un malaise, une inquiétude et une fatigue qui ne peuvent pas rester sans réponse. Je veux le dire très clairement : vous n’êtes pas seuls. Votre colère est entendue. Votre engagement mérite respect et considération. Être agriculteur aujourd’hui, c’est exercer un métier essentiel, exigeant, souvent solitaire. C’est nourrir le pays, entretenir nos paysages, faire vivre nos territoires, tout en affrontant des contraintes sanitaires, économiques et administratives de plus en plus lourdes. »
« L’agriculture n’est pas un décor »
Le maire a rappelé le lien historique et profond qui unit Lourdes au monde agricole, évoquant notamment les deux races autochtones présentes sur le territoire : les vaches et les brebis Lourdaises : « Les situations que vous traversez actuellement sont humainement éprouvantes. Derrière chaque exploitation, il y a des années de travail, des choix de vie, des investissements, une histoire familiale. Cela ne peut jamais être réduit à des chiffres, des procédures ou des statistiques. En tant que maire, mon rôle n’est pas de décider des politiques nationales, mais d’être à vos côtés, de relayer vos réalités, de faire remonter vos inquiétudes et de défendre la dignité de votre travail. Ici, dans cette commune, l’agriculture n’est pas un décor. »
Lassitude, inquiétudes… et un espoir discret
Du côté de la délégation agricole, si la fatigue et la lassitude sont bien présentes, ce temps d’échange a été apprécié : « Aujourd’hui, la DNC, la dermatose nodulaire contagieuse, c’est la goutte d’eau. Mais après, il y aura le Mercosur, sans oublier l’eau et les problèmes liés à l’irrigation. On attend la poursuite de la vaccination et l’avis des scientifiques dans quelques jours. Comme on a toujours été réservés sur les miracles à Lourdes, on s’est dit : pourquoi pas. »
Après leur visite à la Grotte et la rencontre en mairie, les agriculteurs ont repris leurs actions sur le terrain, notamment sur les points de blocage aux entrées de l’autoroute, en particulier à Séméac.

