November 24, 2025

Elle avait bourré ses filles de médicaments, voulu faire assassiner son mari… Maylis Daubon face à la cour d’assises

l’essentiel
Une mère de famille de 53 ans est jugée par la cour d’assises des Landes à partir de ce lundi 24 novembre. Maylis Daubon est soupçonnée d’avoir empoisonné ses filles aux médicaments. Sa personnalité sera au cœur des débats.

Le 13 novembre 2019, une mère appelle les secours. Affolée. Sa fille Enéa fait une crise de convulsions. Quand le Samu arrive au domicile à Dax (Landes), les médecins découvrent une adolescente allongée dans son lit, en état de mort respiratoire. Ils parviennent à la réanimer. Mais dix jours plus tard, elle meurt à l’hôpital.

Neuroleptiques, anxiolytiques, antidépresseurs

Les analyses sur le corps d’Enéa montrent un taux de 1882 mg de Propranodol, un traitement qui ralentit le cœur, soit “l’équivalent de 50 à 75 cachets”. Le rapport toxicologique mentionne 22 molécules différentes et “une consommation régulière et importante” de cannabis. Les médecins expliquent la mort de l’adolescente par une “décompensation cardiorespiratoire aiguë d’origine toxique”.

Les enquêteurs découvrent que, malgré son jeune âge, Enéa s’était vu prescrire des neuroleptiques, des anxiolytiques sédatifs, des traitements contre les convulsions et des antidépresseurs. Elle a consulté près de 30 médecins au cours de sa jeune vie.

C’est dans cette maison à Dax qu’Enéa aurait été empoisonnée par sa mère.
C’est dans cette maison à Dax qu’Enéa aurait été empoisonnée par sa mère.
MaxPPP

Un conflit majeur entre les parents

Outre la surdose de médicaments, l’enquête de la gendarmerie des Landes fait apparaître un conflit majeur entre les parents. Depuis leur divorce en 2009, ils se déchiraient autour de leurs filles. À partir de 2011, la mère coupe ses filles de toute relation avec leur père, l’ancien joueur international de handball Yannick Reverdy. Elle est même soupçonnée d’avoir voulu faire assassiner le père de ses filles depuis la prison en soudoyant des codétenues à la maison d’arrêt de Pau, selon Yannick Reverdy.

Le syndrome de Münchhausen par procuration

Le père assure que sa fille n’avait “pas de pathologie”, que sa mère en a “inventée” pour la mettre “sous l’emprise psychique, puis chimique”. Une psychologue de la Protection de l’enfance met en avant le syndrome de Münchhausen par procuration. Ce syndrome conduit un parent à exagérer ou provoquer des problèmes de santé sérieux chez son enfant, dans un désir d’attirer l’attention ou la compassion. En août 2019, Maylis Daubon avait répété dans son entourage que sa fille était hospitalisée en soins palliatifs pour une leucémie et qu’elle préparait son enterrement.

Du côté de la défense, Me Carine Monzat assure qu’il n’y a “pas de Münchhausen par procuration”. L’autre avocat de l’accusée, Me Gérard Danglade, souligne “qu’aucun psychiatre n’a, dans le cadre de l’instruction, posé clairement ce diagnostic”.

Le père Yannick Reverdy : son ex-femme avait coupé ses liens avec ses filles.
Le père Yannick Reverdy : son ex-femme avait coupé ses liens avec ses filles.
MaxPPP

La personnalité de la mère, décrite comme “menteuse et manipulatrice” par des témoins, sera au cœur des débats. Tantôt professeure à la Sorbonne, ingénieure nucléaire ou casque bleu à Sarajevo, elle manifeste “le besoin d’être sur le devant de la scène”, selon l’accusation.

Verdict le 3 décembre

À la barre, Maylis Daubon devra s’expliquer sur les “importantes et graves incohérences” pointées par les juges dans ses déclarations sur le déroulé de la matinée du 13 novembre 2019, concernant son emploi du temps, ses échanges téléphoniques et la disparition du portable d’Enéa.

La mère de famille affirme que sa fille s’est suicidée. Pourtant elle avait des projets, assure la sœur cadette Luan, comme retourner au lycée ou passer le permis. Une sœur cadette chez qui, en analysant ses cheveux, les enquêteurs ont découvert de la codéine, un somnifère ou un antidépresseur. Elle sera entendue comme témoin par la cour d’assises des Landes. Maylis Daubon encourt 30 ans de réclusion criminelle. Le verdict sera rendu le 3 décembre.

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