De nouvelles rames de tramway vont permettre de renforcer la fréquence de la ligne actuelle, du palais de justice jusqu’au MEETT via Blagnac. Un nez pointu, un intérieur repensé… voici le nouveau look du tram de la Ville rose.
Les Toulousains connaissent le “tramway Airbus”. Celui qui, depuis 2010, arpente l’ouest de l’agglo et dont le design est inspiré des avions qui le survolent. Et pour cause, c’est le designer de l’avionneur européen, Bruno Saint-Jalmes, qui, en dehors de son travail et sans demander la moindre rémunération à Tisséo, avait donné ce look aérien à l’aide de quelques clins d’œil à l’aéronautique.

Ces rames, à la livrée grise, restent en service. Mais d’autres vont faire leur apparition avec un nouveau visage : un nouveau nez surtout et un intérieur entièrement repensé.
La première de ces rames de nouvelle génération, la Citadis 305 d’Alstom (la précédente était la 301), est arrivée à Toulouse. Pour l’heure, elle est remisée dans l’atelier-garage de Garossos, à Beauzelle, et ne sort que la nuit pour des essais. Elle prendra son service à la rentrée, en compagnie de deux autres, pour renforcer la fréquence de la ligne entre Palais-de-Justice et le MEETT.
Un nez pointu
Cette rame, Tisséo nous l’a dévoilée en avant-première ce vendredi dans le garage sécurisé de Garossos. Longue de 32 mètres et large de 2,40 mètres, elle se distingue par son nez qui n’a plus l’arrondi de la première. La pointe d’aujourd’hui est profilée, droite et stylisée.
C’est la sécurité qui a dicté ce changement. Le Service technique des remontées mécaniques et des transports guidés (STRMTG), qui surveille ce secteur pour le ministère des Transports, a conçu de nouvelles normes de sécurité sur la base des accidents survenus dans l’Hexagone. D’où un nez plus bas. Comme sur les précédentes rames – c’est obligatoire –, un chasse-corps se déclenche par ailleurs en cas de choc pour éviter qu’une personne ou qu’un objet passe sous les roues.
L’autre transformation concerne l’intérieur du tramway. Ici, le cabinet de design lyonnais Avant-Première, qui a déjà travaillé sur des trains, des métros et des téléphériques, a œuvré avec la commission accessibilité de Tisséo. L’enjeu : permettre aux personnes à mobilité réduite ou handicapées de prendre aisément le tram. La barre verticale pour se tenir a ainsi été décalée pour permettre le passage d’un fauteuil roulant ou d’une poussette. Comme les autres appuis, elle a pris une couleur cuivrée pour se détacher du bleu des fauteuils et du blanc des cloisons.
D’autres nouveautés, que ne verront pas les voyageurs, sont apparues dans le poste de pilotage. Le joystick, qui permet de conduire, ne pivote plus que d’avant en arrière et vice-versa, ce qui facilite la manœuvre. Le système qui permet de contrôler la présence du conducteur n’exige plus d’appuyer incessamment sur un bouton mais fonctionne au toucher.
Une autre version de ces rames va aussi faire son apparition prochainement. Il s’agit de celles qui équiperont la ligne aéroport à son ouverture en fin d’année. Elles auront la même apparence mais arboreront une couleur cuivrée, melon cuivré pour être exact, et comporteront des racks à bagages.

Jean-Michel Lattes, président de Tisséo Collectivités, a rappelé pourquoi la branche aéroport du tram avait été coupée de la ligne principale. “Le système en Y ne nous permettait pas d’injecter plus de rames et nous étions à saturation.” La fréquence a depuis été augmentée. Pour aller à l’aéroport, il faudra descendre de la ligne C (du tram T1 en attendant) à la station “Blagnac” pour prendre le nouveau tram. Malgré le changement, “ce sera plus rapide que le trajet Palais-de-Justice-aéroport” une fois que la ligne C sera en fonction, assure Jean-Michel Lattes.

