Onze athlètes ont vu leur demande de changement de nationalité vers la Turquie être refusée par World Athletics, qui dénonce une stratégie de recrutement coordonnée. Une décision forte, saluée comme un tournant contre le “shopping de nationalités” dans l’athlétisme mondial.
Coup d’arrêt net dans le monde de l’athlétisme. La Fédération internationale d’athlétisme a tranché. Les dossiers de onze athlètes souhaitant représenter la Turquie ont été refusés, l’instance estimant qu’il s’agissait d’une stratégie de recrutement coordonnée portée par des structures soutenues par l’État.
Parmi les athlètes concernés figurent des noms prestigieux, à commencer par le Kényan Ronald Kwemoi, vice-champion olympique du 5 000 m en 2024 derrière Jakob Ingebrigtsen, mais aussi l’ancienne recordwoman du monde du marathon Brigid Kosgei.
Une stratégie de recrutement jugée inacceptable
Selon World Athletics, cette stratégie impliquait un club financé par l’État proposant des contrats très lucratifs dans le but de faire représenter la Turquie à ces athlètes lors de futures compétitions, notamment les Jeux olympiques de Los Angeles en 2028.
À lire aussi :
“Une faille juridique” : comment les Émirats arabes unis tentent de participer au Mondial 2026 avec… 13 joueurs naturalisés
Le panel en charge des dossiers a estimé que cette démarche allait à l’encontre des principes fondamentaux du règlement international, mettant en avant le caractère coordonné et systématique de ces changements de nationalité.
Dans le monde de l’athlétisme, la décision est largement commentée. Pour plusieurs spécialistes, il s’agit d’un signal fort envoyé aux fédérations tentées par ce type de pratiques.
À lire aussi :
Le jeune frère de Kylian Mbappé naturalisé algérien ? Pourquoi Ethan Mbappé pourrait bientôt porter les couleurs de l’Algérie
“Pour l’athlétisme, c’est une décision extrêmement importante”, estime notamment un consultant sportif de NRK, qui voit dans ce choix une manière de protéger l’équité sportive.
Le débat du “shopping de nationalités”
Ce phénomène, qui consiste pour certaines nations à naturaliser des athlètes étrangers contre rémunération, est régulièrement dénoncé. Le Qatar, Bahreïn ou encore la Turquie ont déjà été pointés du doigt pour des politiques de recrutement massives.
À lire aussi :
“Je suffoque”, “Du jamais vu”… Indignation après une pub pour les titres de séjour et les naturalisations pendant la finale de la CAN
Pour les critiques, ces pratiques faussent les compétitions internationales en transformant les nations sportives en simples vitrines économiques. “L’appartenance à un pays devrait être plus forte que la valeur d’un contrat”, résume un observateur, qui dénonce une dérive du système pour le média norvégien.
Face à ces dérives, World Athletics avait déjà durci sa réglementation en 2018, imposant notamment une période de trois ans avant qu’un athlète puisse représenter une nouvelle nation en compétition officielle. Une mesure qui visait à freiner les changements opportunistes, sans pour autant les empêcher totalement.

