April 18, 2026

Écoles : moins d’élèves, plus de fermetures… pourquoi près de 200 classes vont disparaître en Haute-Garonne

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Validée ce vendredi 17 avril, la carte scolaire 2026 en Haute-Garonne prévoit 193 fermetures de classes pour 82 ouvertures. Dans un contexte de forte baisse démographique, l’Éducation nationale assume un redéploiement des moyens, notamment vers le remplacement des enseignants.

La carte scolaire 2026 a été actée ce vendredi 17 avril en Haute-Garonne, au terme du Conseil départemental de l’Éducation nationale (CDEN). Selon les données présentées lors de la séance, 193 classes devraient fermer à la rentrée prochaine, contre 82 ouvertures.

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Un déséquilibre qui s’inscrit dans un contexte de baisse démographique marquée. “On doit se préparer à la baisse démographique scolaire, qui est importante”, a déclaré le directeur académique (Dasen), Christian Mendivé. Près de 2 600 élèves sont attendus en moins dès la rentrée 2026, une tendance appelée à se prolonger dans les années à venir.

Christian Mendivé, le directeur académique de la Haute-Garonne.
Christian Mendivé, le directeur académique de la Haute-Garonne.
DDM – NATHALIE SAINT AFFRE

Un redéploiement vers le remplacement

Au-delà des classes, la carte scolaire repose sur une réorganisation des postes. Au total, 198 suppressions sont prévues pour 176 créations. Une partie de ces moyens est redéployée vers des priorités identifiées.

Le remplacement des enseignants absents figure en tête. “C’est un effort important”, a insisté le Dasen, évoquant la création de 80 postes supplémentaires à la rentrée. Un choix assumé, alors que la question du non-remplacement reste un sujet de préoccupation sur le terrain.

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“L’année prochaine, ça va aller beaucoup mieux”, a-t-il assuré, promettant des effets rapides de ces renforts. L’objectif est notamment d’être plus réactif face aux absences de longue durée. “Le but” est de pouvoir trouver un remplaçant dans ces situations, a-t-il ajouté.

Handicap et territoires prioritaires ciblés

La carte scolaire prévoit également un renforcement des moyens dédiés à la scolarisation des élèves en situation de handicap. Soixante-quatre postes seront créés dès la rentrée pour mettre en place des pôles d’appui à la scolarité.

Dans le même temps, l’Éducation nationale met en avant une attention particulière portée aux territoires les plus fragiles. “Moi je fais le maximum pour répartir les moyens de la dotation nationale au plus près des élèves du territoire”, a affirmé Christian Mendivé.

Aucune fermeture d’école n’est envisagée à ce stade. Le Dasen a précisé que “le maillage territorial n’a pas été modifié”, évoquant un travail mené en lien avec les élus pour anticiper les évolutions à venir.

Une carte “sanglante”, dénoncent les syndicats

Malgré ces annonces, la carte scolaire suscite de vives critiques. Syndicats et élus dénoncent un nombre de fermetures trop élevé et des moyens jugés insuffisants.

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La mairie de Toulouse s’est notamment abstenue lors du vote, estimant que les propositions n’étaient “pas à la hauteur”. Du côté des enseignants, le ton est plus direct. “Cette carte scolaire, elle est sanglante, catastrophique pour l’école publique en Haute-Garonne”, dénonce Rémi Lasfargues, co-secrétaire départemental du Snuipp-FSU 31.

Le syndicaliste estime que la création de postes de remplaçants se fait “au détriment des classes”, avec à la clé “des conditions d’apprentissage dégradées”. Il regrette aussi que la baisse démographique ne soit pas utilisée pour réduire le nombre d’élèves par classe.

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