La reconstruction des digues du Lot-et-Garonne devient urgente après les brèches causées par la tempête Nils. L’État confie désormais le chantier aux intercommunalités. Bruno André annonce une procédure “simplifiée, rapide, opérationnelle”.
“Il n’est pas possible de laisser les personnes, les biens, les outils dans cet état ou de traîner les délais, même de quelques semaines. C’est la raison pour laquelle je réitère ma demande d’intervention de l’armée, du génie civil, pour reconstruire les digues comme il se doit.” La déclaration est signée Karine Duc, présidente de la chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne. Elle date du 13 mars dernier. Ce jour-là, en session, la chambre s’était penchée sur la gestion des digues.
Un mois plus tôt, après la tempête Nils, plusieurs d’entre elles avaient lâché. Les conséquences avaient été dramatiques : les inondations avaient dévasté les terres agricoles. Il n’y avait eu ni blessés ni morts. Selon la préfecture, huit digues sont concernées par une brèche (onze brèches complètes). Seize communes ont une partie de leur territoire située à l’arrière d’une digue éventrée (*).
“On n’a jamais autant aimé l’armée que maintenant”
La présidente Duc avait donc interpellé le préfet du Lot-et-Garonne. Il avait reconnu l’importance du sujet. Où en est-il dans ce dossier ? “On n’a jamais autant aimé l’armée que maintenant”, sourit-il en préambule. Il rappelle que la crise a été bien gérée, avec notamment l’aide de l’armée et de la sécurité civile. “Ils sont venus au moment où les agriculteurs étaient désespérés, et le mot est faible. Ils ont remis en état les serres. Ils leur ont redonné du courage en leur permettant de reprendre au plus vite leur activité. Maintenant, l’armée n’a pas vocation à faire ça.”
L’urgence était la sortie de crise. Le second temps est le chantier des digues. Les brèches sont à colmater. Une des craintes des exploitants agricoles est que la fonte des neiges entraîne une montée des eaux. “Ils ont également peur de l’année prochaine si on devait avoir des crues avec des brèches qui n’auraient pas été colmatées. En concertation avec son homologue de Gironde et dans l’objectif d’avoir une logique commune, il a décidé de confier ce chantier aux gémapiens, c’est-à-dire aux intercommunalités qui ont la compétence gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations (GEMAPI).”
Arrêté préfectoral
“Est-ce qu’ils sont bons, mauvais ? interroge Bruno André. Je n’ai pas de préjugés. Il me semblait important qu’a priori, ce soit plutôt à eux de le faire.” Durant la période électorale, il a regardé s’il était techniquement possible de s’affranchir “d’un certain nombre de procédures sans pour autant générer un risque supplémentaire en ne respectant pas un certain nombre de process”.
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L’objectif est à la fois un gain de temps et d’argent. Un arrêté préfectoral encadrera cette procédure. Le préfet annonce également une aide financière. Le troisième temps sera celui du diagnostic des digues en général. “Dans quel état elles sont ? Sont-elles convenablement entretenues ?”

