Les portraits de Cécile Kohler et Jacques Paris affichés sur l’Assemblée nationale à Paris, le 11 mars 2026. MARTIN LELIEVRE / AFP
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Les Français Cécile Kohler et Jacques Paris « sont libres et en chemin vers le territoire français, après trois ans et demi de détention en Iran » où ils avaient longuement été en prison puis assignés à résidence à l’ambassade de France, a annoncé mardi 7 avril Emmanuel Macron, qui a pu parler aux deux ressortissants, d’après son entourage.
« C’est un soulagement pour nous tous et évidemment pour leurs familles. Merci aux autorités omanaises pour leurs efforts de médiation, aux services de l’Etat et aux citoyens qui se sont mobilisés sans relâche et ont ainsi contribué à leur retour », a ajouté le président français sur le réseau X.
L’entourage du chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot a indiqué à l’Agence France presse (AFP) que les deux ex-otages ont quitté l’Iran ce mardi « à l’aube » avec l’ambassadeur de France en Iran et sous convoi diplomatique, et « sont actuellement en Azerbaïdjan ». Ils sont attendus en France mercredi, après avoir passé la nuit à Bakou.
« J’en ai les larmes aux yeux, j’ai presque du mal à en parler, tellement je suis fou de joie », a déclaré à l’AFP Thierry Moser, avocat du comité de soutien de Cécile Kohler et Jacques Paris. « Nous sommes très émus. Nous attendons leur retour en France pour les serrer dans nos bras », a déclaré à l’AFP Anne-Laure Paris, la fille de Jacques Paris.
Condamnés à des peines de vingt et dix-sept ans de prison
Ils sont « définitivement LIBRES ! », a déclaré le ministre des Affaires étrangères sur X. « Au téléphone il y a quelques instants, ils m’ont exprimé leur émotion et leur joie de retrouver bientôt leur pays et leurs proches », a-t-il ajouté.
Professeure de lettres de 41 ans et enseignant retraité de 72 ans, Cécile Kohler et Jacques Paris ont été arrêtés le 7 mai 2022, au dernier jour d’un voyage touristique en Iran. Ils avaient été condamnés en octobre 2025 à respectivement à vingt et dix-sept ans de prison, notamment pour espionnage avant d’être remis en liberté le 4 novembre dernier mais avec l’interdiction de quitter la République islamique iranienne.
La diplomatie française avait estimé leur détention arbitraire, dénonçant leurs conditions de détention assimilable à de « la torture ». Les différents ministres français des Affaires étrangères avaient travaillé sans relâche pour obtenir leur libération, dans un contexte rendu encore plus difficile ces dernières semaines par la guerre en Iran, qui a éclaté le 28 février.
Un accord pour les échanger contre une Iranienne ?
Selon une source dans l’entourage du ministre, « ce qui a permis d’obtenir leur libération, c’est la situation actuelle » : « Les Iraniens ont intégré cet élément dans l’équation et cela a été probablement décisif dans leur libération mais la dynamique était enclenchée. »
Selon Téhéran, un accord avait été conclu avec Paris pour les échanger contre une ressortissante iranienne, Mahdieh Esfandiari, assignée à résidence après avoir été condamné en France notamment pour apologie du terrorisme. « Elle a fait appel, elle est donc dans une procédure d’appel », a indiqué l’Elysée, pour qui « c’est un dossier distinct ». La France n’a jamais confirmé l’existence d’un tel accord.
Mais si dans un premier temps, son avocat Nabil Boudi a affirmé à l’AFP que cette ressortissante iranienne « est toujours en France et fait toujours l’objet d’une assignation à résidence administrative », il a ensuite indiqué que l’assignation à résidence de sa cliente a été levée. « Le commissariat l’a appelée » pour lui signifier que la mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance (Micas) émise par le ministère de l’Intérieur « est levée », a-t-il précisé.
« Hourra ! »
La classe politique a unanimement salué cette libération définitive. « La France a montré un visage d’unité, de mobilisation sans faille pour obtenir cette libération », a ainsi déclaré la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet. Des applaudissements ont retenti sur tous les bancs et l’ensemble des députés se sont levés dans l’Hémicycle.
« Hourra ! Les otages français en Iran, Cécile Kohler et Jacques Paris sont dans un avion direction Paris. Félicitations aux équipes de la diplomatie française qui ont obtenu ce résultat », a lancé Jean-Luc Mélenchon, le leader de La France insoumise.
« Joie et soulagement, s’est exclamé de son côté le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure. Cécile Kohler et Jacques Paris sont enfin de retour à la maison. » « Quel soulagement ! », a réagi la patronne des Ecologistes Marine Tondelier, soulignant qu’« il ne faut jamais perdre espoir ».

