Le conseil départemental de la Haute-Garonne a adopté, ce mercredi à Toulouse, un plan d’urgence contre l’exploitation sexuelle des mineurs de l’ASE. Ce protocole prévoit la création d’un centre de mise à l’abri et un suivi renforcé pour protéger les victimes de réseaux de proxénètes, en pleine expansion.
Les affaires de prostitution de mineurs jalonnent la chronique judiciaire, notamment à Toulouse. Des proxénètes de plus en plus jeunes, surnommés “lover boys”, convertissent des adolescentes, souvent issues de foyers, à la prostitution. Les jeunes femmes vendent leur corps via des sites internet ou des applications, d’abord en échange de quelques grammes de drogue, avant que le piège ne se referme.
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Face à ce fléau, le conseil départemental a adopté un plan d’actions contre l’exploitation sexuelle des mineurs ce mercredi. Cette stratégie vise à protéger les jeunes confiés à l’Aide sociale à l’enfance (ASE, dont il a la charge) face à un phénomène jugé en progression et de plus en plus structuré. À l’échelle nationale, plusieurs indicateurs témoignent d’une augmentation de ces situations. Selon des données gouvernementales, plus de 11 000 mineurs seraient concernés par l’exploitation sexuelle en France, avec un âge moyen autour de 15 ans. Le nombre d’affaires traitées par la justice a été multiplié par dix en dix ans.
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Hébergement, soins et suivi renforcé
Le protocole associe le département, la préfecture, la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), les tribunaux, la gendarmerie ainsi que le CHU. Le plan d’actions prévoit la création d’un nouveau lieu d’accueil dédié à la mise à l’abri des mineurs. Le département s’engage à faciliter l’accès aux soins et à favoriser le retour vers la scolarité ou la formation professionnelle. Par ailleurs, des groupes de parole seront instaurés pour accompagner les familles des victimes.
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“Le conseil départemental ne ferme pas les yeux. Nous faisons le choix de nommer la réalité : ces jeunes sont des victimes. Ces jeunes sont en situation de vulnérabilité et sont la proie de réseaux criminels organisés. Avec ce plan, nous organisons une réponse publique à la hauteur”, a déclaré Sébastien Vincini, le président du conseil départemental.

