March 31, 2026

"On rogne sur les marges" : taxis, VTC et ambulances, comment font-ils face à la flambée des prix du carburant ?

l’essentiel
La flambée du prix du carburant bouleverse le quotidien des transporteurs dans les Hautes-Pyrénées. Ambulanciers, VTC et taxis s’adaptent entre trajets regroupés, marges rognées et utilisation de véhicules moins gourmands. Mais l’inquiétude reste tout de même grande face à l’incertitude géopolitique…

Eux aussi ont les yeux rivés sur les prix à la pompe. Car ils enchaînent les kilomètres tous les jours et n’ont pas d’autre choix que de payer un peu plus depuis le début du conflit au Moyen-Orient.

Chez les ambulanciers, cette hausse a obligé à revoir certaines pratiques. “Samedi dernier, on m’a demandé un transfert de l’hôpital de Lannemezan, j’ai dit non, je ne peux pas faire 50 kilomètres à vide”, explique Alain Jacob, gestionnaire des ambulances et pompes funèbres Jacob, à Juillan. Car l’entreprise n’est rémunérée que lorsque les patients sont dans l’ambulance.

Regrouper les patients en ambulance

Désormais, il faut aussi regrouper au maximum, avec le transport de plusieurs patients dans un véhicule “avec un peu plus d’attente, des fois les gens attendent dix minutes ou un quart d’heure”, mais “ça fait faire des économies à tout le monde.”

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Aujourd’hui, avec huit véhicules, en grande majorité au diesel, il essaye de se projeter dans les années à venir. Pourquoi pas “passer à l’électrique d’ici un ou deux ans”, mais pour l’instant l’autonomie des véhicules électriques est encore trop faible. “Un électrique ne fait que 350 km. On attend que ça monte à 700 km ou 1 000 km par jour.” En attendant, les possibilités sont limitées, surtout qu’il n’y a aucune aide de l’État pour aider à couvrir ces nouveaux frais. Un surcoût qu’il estime à 25 % “facile”, puisque l’essence a grimpé d’environ 50 centimes chez son fournisseur.

“On est marginalisés”

Pour Armenio De Oliveira Rodriguez, dirigeant de l’entreprise de VTC Ador Chauffeur, le constat est le même : il doit déjà “rogner sur les marges”. Ses clients, pour beaucoup des agences de voyages ou des tour-opérateurs étrangers, ont déjà leurs prix fixés avec des contrats prévus, et “c’est compliqué de changer les tarifs en cours d’année”, explique le gérant.

Sans compter les annulations de clients, qui ne peuvent finalement plus venir dans les Pyrénées : “Pour le moment, ce n’est pas catastrophique, mais on voit qu’il y a une baisse par rapport aux réservations.”

Baisse par rappport aux réservations

Pour essayer de rentrer dans ses frais, il a dû tout de même déjà ajuster certains tarifs, d’autant plus que son seul véhicule électrique ne peut pas vraiment couvrir les longs trajets ou ceux vers les aéroports avec beaucoup de valises. Le coût de l’essence sur ses trois vans qui roulent au diesel est donc bien plus important. Surtout que “nous n’avons aucune aide du côté gouvernemental, on est un peu marginalisés.”

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De leur côté, les taxis tarbais semblent moins alarmistes sur le surcoût lié au carburant. “Il va falloir un peu de trésorerie, […] mais à Tarbes on arrive à le contenir”, explique Frédéric Camy-Dessus, à la tête du groupement d’intérêt économique des Taxis Tarbais, ils sont dix-huit dans la ville.

Lui a déjà une voiture hybride, ce qui permet tout de même de rester la tête hors de l’eau. Mais il ne semble pas inquiet pour la majorité qui roule au diesel ou à l’essence : “Tous les chauffeurs de taxi font attention à leur consommation en général.” Reste tout de même une préoccupation : pouvoir “se réapprovisionner et faire le plein”, alors que certaines stations sont déjà prises d’assaut.

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