Le palais de justice de Vila Nova de Foz Côa au Portugal, où un ex-policier soupçonné de double-homicide et d’enlèvement doit être entendu, le 26 mars 2026. PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP
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Quelques jours après la disparition de deux femmes dans l’Aveyron, l’enquête progresse. Après la découverte de « deux corps (…) enterrés dans un lieu isolé » au Portugal, le principal suspect Cédric P. doit être présenté ce jeudi 26 mars devant le tribunal de Vila Nova de Foz Côa. Soupçonné du meurtre de sa campagne et de son ex-conjointe ainsi que de l’enlèvement de ses deux enfants mineurs, il a été arrêté mardi après plusieurs jours de cavale.
• Des disparitions inquiétantes signalées vendredi
L’affaire débute vendredi dernier, après un signalement effectué par un membre de la famille de l’ex-compagne de Cédric P. Celle-ci, âgée de 40 ans et résidant à Vailhourles – un village aveyronnais de 650 habitants – ne s’était pas présentée sur son lieu de travail, une compagnie d’assurances, ni son fils de 12 ans au collège.
Une disparition jugée inquiétante par les enquêteurs, entraînant l’ouverture d’une information judiciaire lundi pour « enlèvement et séquestration de plusieurs personnes » par le parquet de Montpellier. Un avis de recherche avait aussitôt été lancé.
L’actuelle compagne de l’ancien policier, âgée de 26 ans, et leur fille d’un an et demi, résidant avec le suspect dans la commune aveyronnaise de Savignac, étaient également introuvables, comme Cédric P. lui-même.
• Les deux mères de famille retrouvées mortes
Mercredi soir, les autorités portugaises avaient annoncé avoir retrouvé « deux corps (…) enterrés dans un lieu isolé », sans donner plus de précisions. Il s’agirait de « ceux de la compagne et de l’ex-compagne » du suspect, mais « les démarches nécessaires à l’identification des victimes et à la consolidation des preuves se poursuivent », avait précisé la police judiciaire portugaise dans un communiqué.
Des gendarmes français ont été dépêchés au Portugal après la découverte des corps des deux femmes. Selon le quotidien portugais « Jornal de Noticias », c’est le fils aîné du suspect qui a aidé les autorités à les retrouver à Serra da Nogueira, à un peu plus d’une centaine de kilomètres au nord du lieu de l’interpellation de Cédric P.
Dans son véhicule, les policiers ont retrouvé un fusil à pompe, plusieurs fausses plaques d’immatriculation, 17 000 euros en liquide et des faux documents. La thèse d’un « départ préparé » vers l’étranger a rapidement été privilégiée par les gendarmes de la section de recherches de Toulouse, en charge des investigations, a précisé le parquet de Montpellier dans un communiqué mercredi soir.
• Le suspect déjà condamné
Cédric P. a été interpellé lors d’un contrôle routier par la gendarmerie portugaise, avec de faux papiers, en compagnie de ses enfants, âgés de 12 ans et d’un an et demi, retrouvés sains et saufs. Les deux enfants, eux, devaient rapidement être rapatriés vers la France. Placé en garde à vue à la gendarmerie de Mêda, le suspect doit être présenté devant un tribunal ce jeudi. Il pourrait être extradé en France en raison des accords de coopération entre les deux pays.
Ce Français de 42 ans, résidant à Savignac, petit village de l’Aveyron, ancien policier aujourd’hui sans emploi, enchaînant les missions d’intérim, est le principal suspect dans cette affaire. Selon « la Dépêche du Midi » il avait d’abord travaillé à Toulouse, puis à Paris, avant d’être écarté par l’IGPN pour des problèmes de comportement.
Déchu de son droit de garde, ce joueur de rugby à XIII de bon niveau entretenait un rapport très conflictuel avec son ex-compagne, qu’il accusait sur les réseaux sociaux de mettre leur fils « en danger ».
Selon France 3 Occitanie, Cédric P. évoluait dans des cercles masculinistes. Il a publié de nombreuses vidéos qualifiant son ex-compagne de « criminelle en liberté », affirmant que son fils était en danger sous sa responsabilité. Auprès de « Midi Libre » la mère de son ex-compagne a affirmé qu’il exerçait « du harcèlement, des menaces de mort » envers sa fille.
En 2021, il s’était déjà rendu illégalement en Espagne avec son fils pendant plusieurs semaines, ce qui lui a valu une condamnation pour non-représentation d’enfant et harcèlement sur son ex-compagne. Selon une source proche du dossier, il avait participé en 2023, avec d’autres pères ayant perdu la garde de leurs enfants, à des manifestations devant le tribunal de Rodez et la mairie de Villefranche-de-Rouergue, ville proche de Vailhourles et Savignac.

