March 26, 2026

"Moyen d’alerte ultime" : il mène une grève de la faim contre son ancienne société de transport

l’essentiel
Chauffeur de bus licencié, Didier Le Ralle a choisi la manière forte : une grève de la faim pour contraindre Keolis à s’expliquer sur ses méthodes. La société apporte des précisions. Ce bras de fer social s’invite désormais à la table de la nouvelle municipalité auscitaine.

La lutte d’un ancien salarié de Keolis a débordé dans l’arène politique auscitaine. L’homme annonce entamer une grève de la faim pour protester contre le management et l’organisation du travail de Keolis.

Après avoir écrit à tous les candidats pendant la campagne des municipales, il a reçu le soutien des Alters. L’entreprise de transport entend répondre aux critiques auprès de la nouvelle municipalité.

“C’est interdit et dangereux”

Didier Le Ralle se lance dans une grève de la faim pour défendre des revendications qu’il portait encore lorsqu’il travaillait comme élu du CSE et chauffeur de bus pour Keolis. “C’est un moyen d’alerte ultime”. Engagé en 2014, il a été licencié en février. Son action vise à mettre sur la place publique ce qu’il estime être des fautes de Keolis.

“J’ai été licencié parce que je refusais d’utiliser le téléphone que nous impose Keolis sur le tableau de bord du bus, explique-t-il. Consulter ou utiliser un téléphone en roulant, c’est interdit et dangereux.”

Keolis a doté ses chauffeurs de téléphones qui agissent comme des balises : ils permettent aux usagers de savoir quand arrive le prochain bus. “Cela améliore le cadencement, fait valoir le directeur d’exploitation par intérim, Hervé Soulard. Cela ne pose pas de problèmes aux autres chauffeurs. Et le climat social dans l’entreprise est calme, on n’a pas de problème particulier.”

Le téléphone dont sont dotés les bus, l’un des motifs de la grève de la faim engagée par Didier Le Ralle.
Le téléphone dont sont dotés les bus, l’un des motifs de la grève de la faim engagée par Didier Le Ralle.
DDM – MC

Didier Le Ralle conteste cette analyse. Les deux élus du CSE, lui-même et un représentant du personnel, ont été licenciés. “Les élections ont lieu le 31 mars, le 1er tour est passé et il n’y a toujours aucun candidat. Ce n’est pas la marque d’un climat social serein !”

Il dénonce un turn-over important, des burn-out à répétition. En face, Keolis fait valoir que l’intérim est la règle dans le secteur du transport. Une réponse point par point va être envoyée aux responsables politiques auscitains de tous bords.

Du social au politique

Car avant de se décider à entamer une grève de la faim, Didier Le Ralle s’est adressé à tous les candidats des élections municipales. Camille Bonne, tête de la liste élue, a répondu par courrier que “ces sujets seront pleinement pris en compte”, mais souligne que la délégation de service public dont bénéficie Keolis dépend du Grand Auch Cœur de Gascogne.

Contacté, le président de l’Agglo, Bernard Pensivy, note “qu’aucune remontée de problèmes sociaux ne lui est parvenue de Keolis. Des étudiants avaient mené une petite enquête sur les retards, mais rien de très important n’avait été signalé”.

Les Alters, en revanche, entendent bien donner suite. “Beaucoup de points nous alertent, confie Céline Valancourt, présente au futur conseil municipal. Nous souhaitons que des réponses soient apportées avant le conseil.” Les motifs de la grève de la faim de l’ancien employé de Keolis devraient se retrouver dans les questions soulevées au premier conseil municipal de la nouvelle mandature, samedi.

source

TAGS: