“Il s’est agenouillé en montrant l’endroit”
Le deuxième enquêteur prend la parole, c’est lui qui a mené la majorité des interrogatoires pendant la garde à vue de l’accusé. Il décline les nombreux changements de versions du jeune homme. “Dans la deuxième audition, alors qu’on a découvert les clés du véhicule de Justine et un tas de cendres avec ses affaires chez lui, il explique qu’il a oublié de préciser ce point, mais que c’est bien lui qui a brûlé le sac de Justine”.
“Dans la nuit du 27 octobre, il a craqué et est passé aux aveux. Il a indiqué aux enquêteurs l’endroit où est enterrée Justine, sur Google Maps. Conduit sur les lieux, Lucas Larivée était très marqué et il s’est agenouillé en montrant l’endroit”.
Des “trajets concordants” entre les téléphones de Lucas et Justine
L’étude de la téléphonie a permis d’établir que le portable de Lucas Larivée déclenchait les mêmes relais que celui de Justine Vayrac, entre 4 heures du matin et 11 heures le 23 octobre 2022. “Il était constaté des trajets concordants entre ces deux téléphones. Ils effectuaient des trajets similaires, à des horaires similaires”, décrit la policière. Jusqu’à ce que le téléphone de Justine ne cesse d’émettre peu après les deux sonneries intervenues dans la voiture de Lucas Larivée lorsqu’il ramenait Manon R. chez elle.
Toutes les interactions sont à nouveau détaillées. Dont le message qu’il envoie sur le téléphone de Justine Vayrac, alors qu’elle est morte : “T’es où ? Tout le monde te cherche”.
Tentative d’évasion de l’accusé pendant la perquisition de son domicile
Lors de la perquisition de la maison de Lucas Larivée, à Beynat, des éléments “intéressants” sont découverts, selon la commissaire. “Dans sa chambre, le bluestar, qui sert à détecter le sang, a notamment réagi sur une surface de 1 m sur 1,50 m au sol et a montré des traces de sang essuyées”.
“Pendant ces constatations, Lucas Larivée a fait alors savoir aux policiers qu’il voulait prendre l’air, pour uriner. Il porte alors des menottes, mais il a tenté de s’évader en courant à travers champs. Il a été intercepté par des gendarmes postés à l’extérieur”.
Anna C., l’ex-compagne de l’accusé, a aussi déclaré qu’il était “capable d’être violent avec les femmes”
“Une relation sexuelle interrompue par le fait que Lucas Larivée a serré son cou”
Autre audition intéressante selon l’enquêtrice : celle de Manon R., la jeune femme qui a passé la soirée à Lucas Larivée puis l’avait rejoint après les faits plus tard dans la nuit. La jeune femme a d’abord indiqué aux enquêteurs avoir croisé Lucas Larivée en boîte de nuit, la nuit des faits, et avoir refusé de danser avec lui, ayant déjà entendu qu’il pouvait être violent avec les femmes.
Plus tard dans la nuit, “elle a tenté de le contacter plusieurs fois avant de réussir à la joindre à 6h04”, déroule l’enquêtrice. “Il va la chercher à 6h40 et le retour à Beynat se fait vers 7h”. La jeune femme a indiqué avoir été surprise par la présence de terre et de paille dans la voiture et par le fait que “Lucas tenait son téléphone serré entre ses jambes”.
“Ils ont alors deux relations sexuelles”, déroule l’enquêtrice, “la deuxième est interrompue par le fait que Lucas Larivée a serré son cou”. “Elle est restée dormir, car elle ne pouvait rentrer chez elle et a demandé à être ramenée le lendemain”.
“Quand il l’a ramenée, elle a été étonnée d’entendre une sonnerie de téléphone à l’arrière du véhicule”, continue l’enquêtrice. “Il a assuré que c’était son téléphone professionnel et a monté le son de la radio”. Il sera confirmé plus tard qu’il s’agissait du téléphone de Justine Vayrac.
Les enquêteurs du SRPJ de Limoges à la barre
Deux enquêteurs du SRPJ de Limoges vont détailler le reste de l’enquête. Cette nouvelle phase d’enquête a débuté le 24 octobre après l’appel du commissariat de Brive pour une cosaisie.
La fouille du véhicule et la perquisition du domicile de Justine Vayrac sont rapidement réalisées. Puis, la voiture de Lucas Larivée est saisie et fouillée. “Les éléments collectés par la police de Brive nous ont poussés à le placer en garde à vue dès le 25 octobre”.
La première enquêtrice témoigne de l’urgence dans laquelle ils travaillaient alors, pensant qu’il y avait encore espoir de trouver Justine Vayrac vivante. “Nous avons entendu Théo C.”, explique-t-elle. Ce dernier lui a déroulé l’itinéraire déjà abordé plusieurs fois lors de ce procès. Elle confirme que Lucas Larivée a insisté pour rester s’occuper de la victime, alors visiblement alcoolisée. “Théo C. assure que lorsqu’il a contacté Lucas Larivée, celui-ci a assuré que Justine Vayrac n’était plus avec lui”.
Des images de Justine Vayrac sortant de la boîte de nuit le soir des faits diffusées
Des images de vidéosurveillance montrent les moments où Justine Vayrac sort de la discothèque accompagnée de Théo C. et Lucas Larivée. Le père de la victime craque à la vue des photos, il quitte la salle.
Plusieurs images du parcours des trois personnes de la sortie de la boîte de nuit sont projetées pour identifier leur trajet jusqu’à la voiture de l’accusé.
“On voit que Lucas soutient Justine et que son bras à elle, est posée sur son ventre”, commente l’avocat de l’accusé. Les images montrent le groupe avançant dans la rue, Lucas Larivée et Théo C., entourant Justine Vayrac. Puis, les images suivantes montrent Théo C. refaire le chemin inverse seul tandis que d’autres montrent le départ en voiture de l’accusé et la victime.
Nouvelles tensions entre la défense et la présidente
L’avocat de la défense reproche à l’enquêtrice d’avoir dit la phrase : “Il lui a fait du mal, j’en suis sûre”. Cela démontrerait, selon lui, que son client aurait été au centre d’une enquête menée à charge. La policière nie et assure avoir acquis cette conviction après les actes d’enquête, et notamment les auditions. “J’ai dit cela le 24 octobre 2022, à 17h25. C’est l’heure où le cadre judiciaire bascule, où le SRPJ de Limoges est cosaisie”.
Un échange tendu s’installe sur la procédure. Me Labrousse continue à poser des questions et la présidente lui demande d’arrêter de revenir sur des éléments qui ont déjà été abordés. “Nous avons déjà une demi-journée de retard sur le planning !” “Vous voulez dire que ce serait de ma faute ?”, s’étonne l’avocat. Cette question provoque une hilarité générale dans la salle. La cour demande le calme. L’avocat de la défense se retourne et lance au public : “A mains levées ?” “N’incitez pas le public”, lui intime la présidente.
SMS, attitude et gestuelle… Ces éléments qui ont alerté l’enquêtrice
“On a ce SMS très perturbant : ‘J’ai autre chose à faire que de m’occuper de ta pote bourrée'”, dit-elle à propos du message de Lucas Larivée à Théo C., l’ami de Justine Vayrac. Elle ajoute que l’attitude de la mère de l’accusé lui a mis la puce à l’oreille : “Je crois qu’une mère sait ces choses-là, elle sait qui est son enfant, au fond d’elle. Et là, elle montre qu’elle le sait”. Elle fait notamment référence à l’état de détresse de Laetitia Larivée dès les premiers temps de l’enquête.
“Puis, il y a l’attitude détachée et froide de Lucas Larivée et ce sourire… Il sourit lors de certaines questions”, confiet-elle. “Il ne me dit pas qu’il a fait quelque chose, mais avec cette gestuelle et cette attitude, il le dit”.
Lucas Larivée s’agite dans le box des accusés
Alors que l’avocate générale interroge l’enquêtrice sur l’état de fatigue de Lucas Larivée lors des auditions. “J’ai pas l’impression d’avoir quelqu’un qui avait fait deux nuits blanches”.
A cet instant, l’accusé se lève pour essayer de parler à son avocat. Celui-ci ne l’entend pas. Son client se tourne alors vers son frère pour lui dire de faire signe à Me Michel Labrousse. Cela n’abouti à rien.
“Il lui a fait du mal, j’en suis sûre”
L’avocate générale Abrantes était en poste à Brive au moment des faits et demande à l’enquêtrice de s’ouvrir sur son ressenti sur l’affaire, “son flair de policière”.
L’enquêtrice a dit à l’avocate générale lorsque celle-ci était en poste à Brive 2021 : “Il lui a fait du mal, j’en suis sûre”. C’est ce ressenti qui a poussé la policière a faire appel au SRPJ de Limoges.
“Je suis quelqu’un de passionné par mon métier, et je me suis toujours demandé si je pouvais reconnaître une personne qui a fait du mal lors d’une enquête”, explique l’enquêtrice, “et cette affaire m’a permis d’avoir cette certitude pour la première fois”.
La mère de Justine a vu Lucas Larivée et s’est dit : “C’est lui”
Me Guillot, avocat de la famille Vayrac, s’avance pour faire une remarque sur le ressenti d’une mère. “La maman de Justine est venu au commissariat pour partager les informations qu’elle a pu rassembler le dimanche 23 octobre et lorsqu’elle a vu Lucas Larivée sur place, elle s’est dit : ‘C’est lui'”.
La mère de Justine Vayrac soupçonnait l’accusé dès le début de l’enquête
“La mère de Justine Vayrac a indiqué que sa fille a un petit ami, un enfant de deux ans, donc elle n’a aucune raison de disparaître volontairement”, dit la policière de Brive. “Dès le début de l’enquête, elle nous a donné le numéro de téléphone et le nom de Lucas Larivée”.
L’accusé ne réagit que très peu dans le box. Penché en avant, il a posé ses coude sur ses genoux. Son regard oscille entre ses pieds et l’enquêtrice.
Une mère “en détresse” et un fils “détaché”
L’enquêtrice explique que lors de la deuxième audition, la mère de l’accusé, qui l’accompagnait, était “en détresse” et “pleurait” tandis que lui était “totalement détaché”. “Ces éléments m’ont marqué”, assure-t-elle. Elle rappelle qu’à ce moment, le jeune homme n’est “soupçonné de rien”.
“Je lui demande donc d’abord pourquoi sa mère pleure à l’accueil. Il explique qu’il a déjà été mis en cause dans une affaire d’incendie et que sa mère s’inquiète. Ca ajoute au tableau surprenant”, dit encore l’enquêtrice. Sa mère est entendue en même temps : “Madame Larivée va relater des propos de son fils… Que ce dernier avait pris en charge une jeune fille et qu’il avait reçu a des appels de ses amis parce qu’elle avait disparu. Et là, spontanément, elle a confié ‘j’ai demandé à mon fils s’il y était pour quelque chose et il m’a assuré que non'”.
“Les éléments qu’ils me donnent ne sont pas en lien avec ce qu’il m’a déjà été dit et quand je lui oppose, il s’adapte”, continue-t-elle en ajoutant qu’au fil des auditions, il a changé 4 fois de versions.
Le sourire “troublant” de Lucas Larivée lorsqu’il est entendu par la police
Après avoir déroulé l’itinéraire de l’accusé et de la victime jusqu’à Beynat, la policière revient sur les moments où Lucas Larivée a été entendu. “Lors des auditions, il a expliqué avoir eu le sentiment d’être harcelé par les amis de Justine Vayrac le lendemain et je lui ai demandé ce qu’il a fait”, explique l’enquêtrice avant de raconter un moment qu’elle qualifie de “troublant” : “Sa réponse a été de sourire”. Lucas Larivée secoue la tête dans le box des accusés comme pour nier ces propos.
L’enquêtrice déroule le fil de la soirée du 22 octobre 2022
L’enquêtrice du commissariat de Brive s’exprime sur la partie disparition inquiétante des investigations. “Justine Vayrac s’est rendue à Tauriac chez sa mère avant d’aller en soirée à Brive avec des amis”, commence-t-elle, “vers 22 h, ils sont au bar le Local où ils sont rejoints par plusieurs amis”. Le groupe s’est rendu à la discothèque Le Charette. “Elle est revue titubante en sortant de la boîte de nuit avec son ami Théo C. vers 1 h du matin, puis elle retourne dans l’établissement avant d’en ressortir avec Théo C. et un individu qui sera identifié comme Lucas Larivée”.
“Lucas Larivée était lui au bar le Sweet, juste à côté du Local et rejoint La Charette vers 2 h du matin avec deux amies”.
À lire aussi :
Meurtre de Justine Vayrac : une boîte de nuit bondée, une ferme isolée… Retour sur l’itinéraire d’une nuit d’horreur
Il ressort des auditions qu’un accord est passé entre Théo C. et Lucas Larivée pour que ce dernier prenne soin de Justine Vayrac. Les vidéos de surveillance ont permis de constater qu’un échange de numéros entre les deux hommes. Lorsque Théo C. ressort vers 4 h, Lucas Larivée et Justine Vayrac ont disparu.
Une enquêtrice se présente désormais à la barre
Quid du marteau, de la poignée de porte et du saladier ?
L’expert assure que la présence d’ADN sur le marteau n’était pas suffisante pour être exploitée. Même chose pour la poignée de porte et le saladier : l’ADN détecté n’a pas pu être exploité.
Me Michel Labrousse questionne l’expert ADN
“Un ADN a-t-il été retrouvé sous les ongles de Lucas Larivée ?”, demande l’avocat de la défense. “Le sien ainsi qu’un profil féminin, qui n’est pas celui de Justine Vayrac”, assure l’expert qui avait déjà donné l’information lors de sa déposition. “Un troisième profil ADN féminin a été identifié sur un godemiché retrouvé chez monsieur Larivée”.
Sur la ficelle retrouvée au niveau du pied de la victime : “Aucun ADN n’a été obtenu”.
Sur la ficelle bleue retrouvée nouée autour du cou de la victime : “J’ai déjà répondu à l’avocate générale”. Pour rappel, il a déjà dit plus tôt que la ficelle avait été analysée sur la quasi-totalité de sa taille (1m98) et que seul l’ADN de Justine Vayrac avait été retrouvé dessus.
Comment interpréter l’absence d’ADN de l’accusé sur la ficelle ou dans sa voiture ?
La ficelle bleue de 1m98 a été analysée en 5 endroits qui recouvraient la quasi-totalité de longueur de celle-ci. “Pourquoi l’ADN n’est-il retrouvé ni sur cette ficelle, ni dans la voiture, ni sur plusieurs objets lui appartenant ? N’a-t-il jamais touché tous ces objets ?”, demande l’avocate générale Abrantes. “On peut ne pas retrouver un ADN de contact à cause de la présence de sang (ce qui est le cas sur la ficelle)”, explique l’expert. La durée d’enfouissement de 4 jours, la terre et la décomposition d’un corps peuvent aussi engendrer la destruction de l’ADN.
Quid de la voiture et un saladier analysé ? “Je ne peux pas me prononcer, car je n’ai pas les détails concernant les méthodes de prélèvements”. “C’est compliqué pour moi de vous dire pourquoi l’ADN n’a pas été retrouvé”. La magistrate veut faire préciser que l’absence d’ADN d’une personne sur un objet ne signifie pas qu’il n’a pas été manipulé par cette même personne.
L’ADN de Justine Vayrac identifié sur le godet du tracteur de la famille Larivée
Les prélèvements effectués sur le corps de Justine Vayrac ont permis l’identification de deux ADN masculins, ceux de Lucas Larivée et de Loïc P. (compagnon de la victime au moment des faits). “L’ADN de monsieur Larivée a été retrouvé sur les prélèvements vaginaux, vulvaires et anaux de Justine Vayrac”, précise l’expert qui intervient en visio-conférence depuis Toulouse.
L’ADN de Justine Vayrac a été retrouvé à un endroit sur le godet du tracteur, dans la chambre de l’accusé, sur l’éponge qui aurait servi au nettoyage et sur la ficelle autour de son cou.
“Sur cette ficelle bleue, l’ADN de Lucas Larivée n’a pas été retrouvé”, dévoile l’expert. “Le corps étant enseveli, la terre et la putréfaction ont pu altérer les traces ADN”, ajoute-t-il.
Le public se presse au tribunal pour assister l’audience cet après-midi
L’audience du procès de Lucas Larivée va reprendre en début d’après-midi. La foule est au rendez-vous à l’entrée du palais de justice pour assister au procès ce mercredi après-midi.

Le père de l’accusé adresse un mot à la famille de la victime
“Je veux faire part à la famille de la victime, à leurs proches et à ma famille de tout mon désarroi et la peine que je peux ressentir”, confie-t-il, la voix nouée. “Je ne trouve pas les mots pour qualifier la peine que je ressens”. Le petit frère de Lucas Larivée et son oncle se prennent dans les bras.
“Il a déjà répondu à ces questions Maître”
Me Michel Labrousse fait détailler à Jean-Michel Larrivée les techniques d’enrobage du foin dont il se sert pour nourrir ses bêtes. “Avec de la ficelle et du film plastique”. La présidente s’impatiente : “Il a déjà répondu à ces questions Maître”, souffle-t-elle. L’agriculteur explique comment il se débarrasse de ces plastiques qui conservent le foin, avec le tracteur. Il est presque 13 h, l’homme est à la barre depuis plus de deux heures. De nombreuses personnes quittent la salle.
Jean-Michel Larivée questionné sur le tracteur et le tas de cendres
Une carte et des photos de l’exploitation agricole des Larivée sont projetées dans la salle. L’agriculteur présente les lieux plus précisément jusqu’à l’endroit où auraient été brûlées les affaires de Justine Vayrac, selon la version de Lucas Larivée. “Voilà le tas de cendres où l’on fait brûler toutes sortes de déchets”, dit-il, “on ne les évacue pas souvent”.
Jean-Michel Larivée décrit ensuite une photo montrant le godet du tracteur qui permet de racler ou de creuser. “Je l’utilise pour plusieurs raisons et je ne le nettoie pas souvent”. C’est le godet qui aurait servi à creuser le trou et à pousser la victime dedans, selon la version de l’accusé.
Me Michel Labrousse demande à son tour que des photos de l’engin agricole soient projetées. Il demande de faire défiler plusieurs images zoomées du tracteur et fait intervenir Lucas Larivée pour confirmer des appellation techniques. Toujours aucune question au père de celui-ci, qui reste debout face à la cour.
Le lieu où a été enterré Justine Vayrac est la décharge de l’exploitation agricole
Après une question de la présidente, Jean-Michel Larivée confirme que l’endroit où a été trouvé le corps est le lieu où les déchets de son exploitation agricole sont déchargés.
L’agriculteur explique ensuite le fonctionnement de l’engin agricole qui a servi a enterrer la victime, selon la version de Lucas Larivée. “Quel bruit produit l’engin ?”, demande la présidente. “Un bruit de tracteur, un peu plus qu’une voiture”.
“Mon sommeil est profond et mon épouse a le réveil plus facile”, confie Jean-Michel Larivée après une question de la présidente, “mais on a du double vitrage”. Il assure ensuite que de sa chambre, on ne peut pas entendre l’engin agricole en question.
Le père de Lucas Larivée est de retour à la barre
Le père de Lucas Larivée, Jean-Michel, témoigne à nouveau, après une première prise de parole lors du premier jour du procès de son fils.
“Mon domicile se situe à 250 mètres de celui où vivait Lucas”, commence l’agriculteur après une première question de la présidente. “Trois chemins permettent d’y accéder”.
“Mon activité est la production de bovin-viande”, continue celui qui fait aussi de la menuiserie. “Il y a deux saisons : celle où les vaches sont à l’extérieur et celle où elles sont à l’intérieur”. Au moment des faits, la majorité du troupeau est dehors. L’homme détaille ensuite toutes les étapes de son travail d’éleveurs.
Ses deux fils l’écoutent. Lucas dans le box des accusés, les bras croisés et le regard fixé vers la cour, et Théo, de l’autre côté du plexiglas, à quelques mètres de son frère. La mère de l’accusé n’est plus dans la salle. D’autres membres de la famille Larivée sont présents.
“La fracture a-t-elle pu être causée par une strangulation manuelle ?”
“La fracture observée peut être causée par une strangulation manuelle, mais c’est beaucoup fréquent statistiquement par une strangulation au lien”, répond le médecin après une question de Me Labrousse. “Donc, oui, elle peut être causée par une main”, conclut l’avocat.
La défense pose une question “hors sujet” selon l’expert
Première question de Me Michel Labrousse à propos de la strangulation. “Hors sujet”, lui oppose l’expert anatomopathologiste. “Pourtant, vous avez déjà parlé des strangulations manuelles ou au lien, précédemment, vous avez même parlé de statistiques”, s’étonne l’avocat. Puis, il s’applique à décliner toutes les techniques de strangulations.
Une nouvelle fois, la présidente le coupe pour l’inviter à passer la seconde dans son raisonnement et surtout de “poser une question”.
Le conseil tulliste a visiblement décidé de s’attaquer à la technique dans ce dossier. Il demande à l’expert de détailler l’emplacement, la taille et le nombre de veines et d’artères présentes au niveau du cou.
“Une fracture de la grande corne droite du cartilage de la thyroïde”
Au niveau du cou, il y a été trouvé une fracture située au niveau de la pomme d’Adam. “Une fracture de la grande corne droite du cartilage de la thyroïde”, située sur cette zone du cou. Le déroulé de l’expert est extrêmement technique. “La fracture est intervenue du vivant de la victime, car un saignement a été constaté”, précise le légiste.
Au niveau du bloc pelvien, “les organes génitaux étaient altérés par le phénomène cadavérique”.
La famille de Justine Vayrac est encore présente en nombre du côté des parties civiles. Ils écoutent attentivement les constatations du médecin légiste. Au premier rang et comme lors des deux premiers jours : Vincent le père, Arnold le beau-père et Marine la mère de Justine Vayrac suivent les débats côte à côte.
Un médecin légiste anatomopathologiste est désormais interrogé
L’expert, qui intervient en visio, commence par expliquer en quoi consiste l’anatomopathologie. Sa discipline consiste à analyser les prélèvements sur le corps humain (cellules et tissus), “tout ce qui peut être opéré”, résume-t-il. Elle permet notamment de confirmer les constatations des autopsies. “Cela donne aussi des indications sur le fait qu’une blessure soit survenue avant ou après la mort”.
Les “raisonnements” de la défense tendent déjà la présidente et l’avocate générale
Me Labrousse déroule un nouveau “raisonnement”. L’avocate générale Abrantes lui lance : “Laissez l’expert répondre”. Il continue, la magistrate peste en directions de la présidente qui intervient.
“Maître, laissez l’expert répondre, vous entamez une deuxième question, alors qu’il n’a pas encore répondu à la première”, s’énerve déjà la présidente de la cour d’assises. L’avocat lui répond qu’il est tout le temps interrompu dans ses “raisonnements”.
Nouvel imbroglio autour d’une plaie sur la pommette de Justine Vayrac. Une plaie qui n’a jamais été constatée, comme le rappelle la présidente. “Post-mortem, il y a du sang sur cette pommette sur laquelle il y a un hématome”, lance l’avocat.
Me Labrousse a la parole pour la défense
L’avocat corrézien, Me Michel Labrousse, prend le micro pour s’adresser à l’expert en morphoanalyse. “Qu’avez-vous trouvé dans la voiture ?” “Je n’ai pas trouvé de sang de Justine Vayrac dans la voiture”.
Le conseil de Lucas Larivée continue un développement sur la discipline de l’expert. “Posez une question Maître ?”, intervient la présidente. Les interventions de celui-ci ont provoqué un retard conséquent sur le planning annoncé par le tribunal.
Me Labrousse demande des précisions sur l’origine des projections retrouvées. “L’élément à l’origine de ces traces est forcément fin”, lui rétorque l’expert. “La quantité de sang est-elle importante dans votre discipline ?” “Non”.
“Les déclarations de Lucas Larivée sont incompatibles avec les constatations”
“Les déclarations de Lucas Larivée sont incompatibles avec les constatations”, assure l’expert. Un seul coup de poing n’a pas pu provoquer toutes ces projections de sang. L’accusé a dit avoir donné un coup à la victime.
“Un coup de poing ne déclenche pas de projections de sang, à part s’il est donné sur une zone déjà saignante”, détaille l’expert. “Et je n’ai trouvé aucune trace indiquant que madame Vayrac a saigné dans la voiture”.
“Selon mes constatations, il y a eu au moins deux coups”, continue-t-il.
De nombreuses projections de sang découvertes autour du lit
Cet expert en morpho-analyse des traces de sang déroule le contenu de son compte-rendu : il a réalisé un schéma interactif de la chambre de Lucas Larivée pour montrer à la cour l’emplacement des traces de sang détectées découvertes. C’est là, que l’accusé aurait tué Justine Vayrac la nuit du 22 au 23 octobre 2022.
“Il a été constaté de nombreuses projections”, explique l’expert. Ces traces ont notamment été découvertes autour du lit, mais aussi au-dessus. “De nombreuses projections ont été retrouvées du côté droit du lit”.
Selon l’expert, cela met en évidence le fait qu’il y ait eu des coups avec un objet contondant sur le lit. La literie a aussi été analysée et a révélé des projections. Les traces découvertes, sont des traces qui ont été nettoyées. Ce nettoyage a causé “une perte d’informations”.
Signe de mains entre Lucas Larivée et son petit frère
Lorsque Hugo, le frère de l’accusé, est venu s’installer sur le banc jouxtant le box des accusés, il a tendu la main vers la vitre. Les deux frères ont touché le plexiglas au même endroit, pour se saluer.
Lucas s’est installé et reprend la même attitude prostrée que la veille. Enfoncé dans son siège avec les bras croisés, il porte un pull à col roulé rouge.
L’audience a repris, un expert en morphoanalyse est à la barre
Cet expert a analysé les traces de sang découvertes, notamment dans la chambre de Lucas Larivée, là où il affirme avoir tué Justine Vayrac.
Le public est très nombreux ce matin, déjà près de 100 personnes avant 9 h
Le tribunal a dû ajouter des chaises en salle de retransmission pour faire face à une forte affluence ce matin. Au compteur, 83 personnes étaient déjà entrées à 8h30. “Nous allons devoir refuser des personnes”, nous confie-t-on.

Les enquêteurs attendus à la barre ce mercredi
Pourquoi les rapports des médecins légistes ont glacé la salle d’audience hier ⬇
“Par accident, j’ai serré trop fort”
Au deuxième jour de son procès, Lucas Larivée, jeune ouvrier agricole accusé d’avoir violé puis tué Justine Vayrac après une soirée en discothèque en 2022, a confirmé l’avoir étranglée durant le rapport, consenti selon lui, sans l’intention de la tuer.

